Saint Nazaire Infos

Un tremplin pour l’emploi

Une première réussie pour la CFDT. Le syndicat organisait ce mercredi dans ses locaux nazairiens un après-midi de recrutement en direction des jeunes des quartiers. Une action concrète pour lutter contre les discriminations sociales et raciales à l’embauche.
Christophe Manceau, délégué CFDT à STX Solutions et Daniel Bahuaud, responsable ressources humaines
Christophe Manceau, délégué CFDT à STX Solutions et Daniel Bahuaud, responsable ressources humaines

Une dizaine d’entreprises ou de services publics (Crédit Mutuel, Caisse d’Epargne, Silene, Seris Sécurité, GDF Suez, la CPAM, Idea Logistique MTTM, Lactalis, le Centre Hospitalier de Saint- Nazaire et STX Solutions) ont joué le jeu pour cette première initiative du genre menée par la CFDT à Saint-Nazaire. «Le but est avant tout de mettre en relation des jeunes issus des quartiers populaires avec des recruteurs, deux mondes qui vivent l’un à côté de l’autre sans se côtoyer» explique Omar El Houmri, chargé de mission pour le syndicat. «Ils n’ont souvent pas le réseau pour décrocher ne serait-ce qu’un entretien d’embauche.» Environ 80 chercheurs d’emplois se sont venus tenter leur chance. Il s’agissait avant tout d’un premier contact avant que les candidats ne soient éventuellement rappelés pour un entretien plus poussé.
Sur la question de la diversité dans l’entreprise, la plupart des employeurs que nous avons rencontrés disent que ce n’est pas un critère. «Du moment que les personnes sont compétentes, peu importe leur origine» explique Sophie Jouan de Sita grand ouest, filiale de GDF Suez. Pour Aurélie Boutry, adjointe au responsable des ressources humaines à la société fromagère Lactalis de Bouvron, «c’est vrai que nous ne pensons pas forcément à intégrer dans l’entreprise plus de personnes d’origine étrangère, nous ne pratiquons aucune discrimination, positive ou négative, mais nous sommes ouverts». Le seul à dire clairement qu’il veut plus de mixité dans sa boîte et qu’une politique a été mise en place dans ce sens, c’est Daniel Bahuaud, le responsable ressources humaines de STX Solutions, le bureau d’études des chantiers navals nazairiens. «Chez nous la question de la diversité est prise en compte dans les processus de recrutement, et ce dans tous les domaines, raciaux, religieux et aussi sexuels. Si ça ne tenait qu’à moi, j’embaucherais par exemple plus de femmes, mais elles ne vont pas beaucoup dans des types de formation comme l’électrotechnique, la mécanique, la tuyauterie, la conception de produits industriels ou le dessin assisté par ordinateur. C’est dommage, d’autant qu’il y a des débouchés.» Sur la dizaine de demandeurs d’emploi avec lesquels il a eu un entretien, le DRH dit qu’il a bien l’intention d’en revoir un ou deux. «Dans l’ensemble j’ai vu des gens dynamiques et volontaires alors que parfois ils pourraient avoir des excuses pour être démotivés. Certains sont au chômage depuis quasiment un an, d’autres ont été longtemps intérimaires dans la même entreprise et ont vu des CDI leur passer sous le nez. Dans ce cas là j’essaie de leur apporter des conseils pour leur permettre d’avancer et d’alimenter leur réflexion. D’autres sont carrément hors-circuit, non qualifiés et parlant à peine français. Ils sont très fragiles face à la vie et pour ceux-là, ce sera vraiment difficile.»

 

Prends toi en main

Pamphile Hounsou, animateur socio-culturel à la maison de quartier de la Chesnaie
Pamphile Hounsou, animateur socio-culturel à la maison de quartier de la Chesnaie

Un autre était là en observateur. Pamphile, animateur socio-culturel à la maison de quartier de la Chesnaie qui s’occupe, en lien avec la mission locale, de l’insertion professionnelle. «J’ai vu six jeunes dont je m’occupe qui sont venus de façon autonome. Ça, c’est positif. Même s’ils ont quitté l’école sans diplôme, ils ont envie de réussir. En revanche, je m’attendais à en voir certains autres, mais qui ne sont pas là. Là ils avaient l’occasion de faire d’une pierre 10 coups. Pourtant je leur répète que ce n’est pas parce qu’on leur dit non une fois qu’il doivent s’inscrire dans une spirale négative. Ils ne doivent pas se victimiser, se croire discriminés. Quand ils me disent ça, je leur réponds : toi, qu’est-ce que tu fais pour t’en sortir ? Ce type d’initiative montre qu’on les prend en compte, qu’on veut qu’ils se développent en tant qu’hommes. C’est une action innovante à répéter en essayant d’attirer d’autres entreprises pour toucher encore plus de monde. »
Parmi les pistes à creuser pour la prochaine fois, faire appel à à des entreprises qui proposent des formations en alternance. Beaucoup de jeunes présents hier, sans réelle qualification, étaient demandeurs de ce type de contrat.

 

Omar El Houmri, chargé de mission CFDT pour la lutte contre les discriminations raciales au travail et Ahmed, à la recherche d'un emploi
Omar El Houmri, chargé de mission CFDT pour la lutte contre les discriminations raciales au travail et Ahmed, à la recherche d'un emploi
Auteur : GG | 10/11/2011 | 0 commentaire
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