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Uber Eats installe sa précarité d’emploi à Saint-Nazaire

À partir d’hier, il était théoriquement possible de se faire livrer son repas à domicile à Saint-Nazaire grâce à l'application Uber Eats. Ce business juteux pour l’entreprise l’est au détriment des coursiers à vélo, car la loi sur le travail est maladroitement contournée. Quelques restaurants de Saint-Nazaire utiliseraient ce service de livraison.

L’ Ubérisation des livreurs à vélo est une véritable régression sociale, c’est un véritable mépris des gens qui font des kilomètres à vélo, pour une rémunération d’appoint insignifiante. Si au départ ces emplois étaient considérés comme des jobs d’étudiant ou pour mettre du beurre dans les épinards, les coursiers ont un statut de travailleur indépendant et doivent payer leurs charges sociales.

Selon de nombreux témoignages, dans d’autres villes, certains travaillent 20 h par semaine et gagnent entre 7 et 10 euros de l’heure après le paiement de leurs charges. Un métier dur, des horaires décalés travail le week-end, insécurité de l’emploi, car comme travailleur indépendant, "tu peux être mis dehors dans l’heure si tu ne vas pas assez vite."  Certains coursiers ont dû payer une caution de 120 euros pour le sac Uber de transport.

Le statut d’auto entrepreneur signifie que les livreurs à vélo payent leurs charges. Les diverses sociétés de livraisons ont été bien légères d’un point de vue juridique. Le droit français précise qu’il ne peut exister de travailleurs indépendants quand il y a subordination. La Cour de cassation a établi mercredi 28 novembre un lien de subordination entre la défunte société de livraison de repas Take Eat Easy et l'un de ses coursiers à vélo. Ce cas ne manquera pas de faire jurisprudence. La CGT, a pour sa part évoqué dans un communiqué "une immense victoire pour tous les travailleurs 'uberisés', qu'ils soient livreurs à vélo, chauffeurs VTC ou tant d'autres puisqu'ils peuvent, désormais, faire reconnaître leur statut et leurs droits fondamentaux de salariés."

"S’il s’agit de laisser s’implanter sur le marché de telles entreprises, c’est un avenir très sombre qui nous attend, où les salariés n’auraient plus aucun droit. C’est tout notre modèle de société qui serait remis en question." souligne les syndicats.

Ce 21 février, il était impossible de voir les restaurants de Saint-Nazaire adhérents à la plateforme et de planifier une commande pour le lendemain.

Auteur : NG | 22/02/2019 | 11 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 22 février 2019 à 21h51 par Jean-Michel DOYON, Saint-nazaire
Beaucoup de fast-food (Mc Do, Subway et un autre vers Auchan), alors que ce genre de nourriture refroidit extrêmement vite!

De plus les restos laisseraient 30% de commission à Uber! C'est énorme!

Le "Subway" du "ruban bleu" a fermé à cause du peu de marge qu'il dégageait.

Avec son loyer très cher, lorsque la chaine lui imposait des menus à 5€, il travaillait à perte! Imaginez avec 30% en moins!

Et puis quand on veut aller au resto, le but du jeu c'est de sortir de chez soi, de rencontrer du monde, la vie, le contact... sinon on se fait un burger ou un plat au micro onde soi-même!

Petite question: si je fais l'effort de me déplacer et que je demande au resto "je ne passe pas par Uber, je viens chez vous, est-ce que vous me faites 10 ou 20% de remise?" Vous croyez que ça va marcher?

Bref, le restaurateur se fait avoir, le livreur se fait avoir / exploiter, et Uber s'en met plein les poches!
#2 - Le 23 février 2019 à 07h02 par M. Masson Johnny, St Nazaire
Je ne suis absolument pas d'accord avec vos accusations mensongères.

En tant que coursier UBER, par rapport à Stuart et Deliveroo, nous sommes mieux lotis.

En moyenne un livreur gagne bien plus de 7 à 10€ par heure. On est plutôt aux alentours de 12 à 13 €. le weekend cela peut même grimper parfois à 20 €.

Clairement, plus on fait de livraison plus on sera payé et sur certains créneaux horaires il y a des bonus minimum garantis mise en place qui permettent de compenser en cas de CA inférieur.

Chez über nous ne sommes pas mis à la porte comme ça comme ça peut l'être par exemple chez Deliveroo. Il faut vraiment ne pas respecter la charte uber pour être jeté.

Ça permet aussi au restaurant peu connu de se faire connaître et ça leur permet également d'attirer une clientèle différente.

Bien pratique pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer.

Rappelons qu'un SMIC en moyenne net en France c'est 7.93 €. Un coursier gagne beaucoup plus.

Par exemple, pour un coursier uber, il est très facile de faire 50€ par jour pour en 4h soit, 350€ par semaine.
Sur un mois : 1515 € environ, auquel il faut enlever les cotisations sociales, et bien en moyenne 1200 € net pour seulement 5h par jour. Rappelons que les week-ends, facile de gagner 80 à 100€ par jour pour 7h de travail.

Rédaction : Monsieur nos observations sont parfaitement fondées sur ce qui se passe dans d'autres villes moyennes et sur des témoignages de coursiers qui se plaignent et vont saisir la juridiction prud'homale.
#3 - Le 23 février 2019 à 19h12 par Jean-Michel DOYON, Saint-nazaire
#2 On en reparlera dans 6 mois hein... Vous serez probablement le premier à venir pleurer.

Là vous avez un beau contrat avec de belles promesses.
On verra si vous tenez le rythme de 5 à 7h par jour quand il pleut, qu'il fait froid, qu'il y a du vent.

D'autant que, vu que certains restos sont sur la zone Auchan, si vous devez livrer à St-Marc ou St-Nazaire-Ouest, vous ne ferez pas 50€ en 4h !!!
#4 - Le 23 février 2019 à 21h32 par BeB, Saint-nazaire
Encore une "innovation" dont on aurait pu se passer. Encore une fois les gens sont prêts à payer pour plus de fainéantise et après ils se plaindront de ne pas pouvoir "finir le mois"...
#5 - Le 23 février 2019 à 22h28 par M. Masson Johnny, St Nazaire
Pour info, Jean Marc Doyon, e connais très bien UBER puisque je livrais sur Nantes par tous les temps. J'en suis pas mort. En 15 min la ville est traversée. Suffit de connaître les raccourcis. Il y à différentes zones. Certains restaurants ne peuvent livrer au delà d'un certain périmètre
#6 - Le 26 février 2019 à 15h13 par sainte radegonde, Moulinsart
l avenir c est la livraison par drones , au lieu de livrer des bombes ...

ou aussi livraison de nana à vélo ?
#7 - Le 27 février 2019 à 13h26 par SpaceJam
Jean-Michel DOYON
Si vous pouviez parler des choses que vous connaissez. Il est évident que les restaurants sur la zone de Auchan ne pourront pas livrer à Saint-Marc...
Je ne vois en quoi utiliser Uber Eat serait tellement différent que de demander à la pizzeria du coin une livraison en scooter...
Il faut arrêter d’être réfractaire au changement. Je parie que vous disiez la même chose d'internet et finalement vous voilà en train de poster des commentaires sur les forums qques années plus tard !
#8 - Le 28 février 2019 à 00h03 par Jean-Michel DOYON, Saint-nazaire
#7 Tout à fait!
J'étais contre internet, contre l'arrivée du train à St-Nazaire, contre la construction du France puis du QM2... et contre votre avis!

Et puis j'ai eu du mal à accepter le téléphone portable, l'automobile, l'arrivée des ascenseurs dans les immeubles... Même la tour Eiffel j'étais contre!
#9 - Le 01 mars 2019 à 17h49 par Wagner
Le problème vient clairement du dumping social auquel se livre Uber contrairement à n'importe quelle autre société qui utilise des livreurs.

Ici on est exactement dans la dérive que l'on craignait y'a 10 ans avec le statut d'auto-entrepreneur, à savoir que ça allait devenir du salariat déguisé, sans les "contraintes" pour l'employeur.
#10 - Le 04 mars 2019 à 12h32 par sainte radegonde, Moulinsart
j ai vu un uber livraison de repas avec un velo electrique helyceo est ce normal ?

et un velo hier soir a fond la caisse et sous la pluie dans le noir et sans lumiere autour du parc paysager à livrer son repas ...
#11 - Le 06 mars 2019 à 22h55 par Jean-Michel DOYON, Saint-nazaire
#10 Sûrement notre "ami" SpaceJam ;-)

Pour VélYcéo, c'est ambigu. Pas vraiment interdit, mais le contrat stipule que le vélo doit être utilisé avec précaution, comme un vélo de ville, à l'abri des intempéries et en respectant le code de la route...
Donc pas comme un malade en roulant à fond et en grillant feux et stop comme le font beaucoup de livreurs.

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