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STX : Salariés grecs la réponse du Conseil des Prud’hommes ne sera pas aisée

C’est un véritable drame humain qui s’est joué aux chantiers STX (ex Aker Yards) en 2008. Ce qui a amené des salariés grecs en 2e instance devant le juge répartiteur du Conseil des Prud’hommes. Entre l’aspect humain et le droit la réponse du conseil ne sera pas facile.

Rappel des faits

En mars 2008 des salariés grecs embauchés par une société Elbe en Allemagne sont venus à Saint-Nazaire travailler sur un chantier de peinture pour Aker Yards. Ces salariés travaillaient entre 55 et 65 heures par semaine sans contrat de travail, sans bulletin de salaire et dans des conditions  de logement scandaleuses à 13 par chambre. Ils n’avaient pas droit aux paniers repas distribués aux autres ouvriers des chantiers navals. N’ayant pas obtenu le paiement de leurs salaires les trois ouvriers ont entamé une grève de la faim. L’un d’eux est décédé en rentrant en Grèce.
 

Le débat judiciaire

Maître Georgia Kouvela-Piquet avocate des salariés a mis en évidence les irrégularités de la société Elbe par rapport au droit du travail français. Les plaignants considèrent que Aker Yards ayant réglé en espèce les 7300 € sous la pression médiatique pour que cesse la grève de la faim est un début de preuve. « L’équipement des salariés était remis et controlé par Aker Yards, ils avaient un badge Aker Yards. » « Nous sommes là devant un cas de prêt illicite de main-d’ouvre une sorte d’esclavage des temps modernes » dénonce Maître Georgia Kouvela Piquet. Est ce que le conseil des prud’hommes retiendra ces arguments comme un lien de subordination entre STX et les salariés grecs c’est toute la question. « C’est un dossier grave pour la société avec une grève de la faim qui a coûté la vie à quelqu’un » a conclu l’avocate dans un silence pesant.

Pour la défense de STX

Maître Christian Amigues a souligné : « En tant que citoyen je peux être sensible en tant qu’avocat je dois m’en tenir au droit » « Vous ne pouvez pas juger une affaire où il n’y a pas de contrat de travail entre Aker Yards et les plaignants. » Il explique que la société Elbe était elle-même sous-traitant de 2e rang d’une autre société allemande contractante avec Aker Yards. Maître Amigues a demandé au tribunal de se déclarer incompétent considérant que les salariés grecs n’avaient aucun lien de droit contractuel avec STX Aker-Yards. Le point crucial de discussion étant le versement des 7 300 € par STX il rappelle que cette somme était forfaitaire et versée sous la contrainte médiatique.
Délibéré au 4 février

Pour le syndicat CGT

André Fadda responsable CGT a dénoncé à la sortie du tribunal le scandale du travail dissimulé et le détachement de personnes concerne 250 000 à 300 000 salariés en France. Selon M. Fadda, il s’agit d’un système bien rôdé, organisé par le Medef pour pratiquer du dumping social et tirer vers le bas le code du travail et les conventions collectives. Il existe des filières en Allemagne gérées par des Turcs ou des Baltes. Objectif : aller chercher de la main-d’œuvre à bas coûts dans des pays comme la Pologne, la Roumanie, la Bulgarie ou la Grèce.

Auteur : JBR | 19/12/2012 | 1 commentaire
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Vos commentaires

#1 - Le 20 décembre 2012 à 17h04 par REFRACTAIRE a encore frappé !!!
2008-2012, en 4 ans ils ont pu trépasser ces pauvres gens. vive la justice.

mais la encore ? langue de bois des syndicats
interview d'un syndicaliste des chantiers ce matin sur france info. "la sous traitance a trinqué, nos copains sont au chomage et nous avons beaucoup de gars des pays de l'est aux chantiers"
ca sentirait pas le racisme ca ?

Marine LE PEN n'a plus qu'a faire son marché à Saint Nazaire. Ah bah non, c'est pas possible, la municipalité au travers des associations locales refuse qu'elle vienne

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