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Ruban Bleu "Tout le monde s'y retrouve" sauf les commerçants...

Depuis le mois de mars, un vent de rébellion souffle sur le Ruban Bleu et plus précisément sur la société Apsys. Les commerçants souffrent, les retards de loyer s'accumulent, la communication passe mal entre Pascale Weil la directrice actuelle et les commerçants. Mardi matin, une réunion a eu lieu entre la direction d'Apsys, Luc Hennbert de l'agence Marine Communication et les commerçants du Centre commercial. Ces derniers ne veulent pas baisser les bras, mais estiment avoir été abusé par Apsys notamment sur les chiffres de la zone de chalandise. Beaucoup dénoncent également des loyers exorbitants et certains ne peuvent plus faire face. Enquête au coeur d'une affaire pour le moins obscure sur certains plans.

En février  Marc Piriou directeur du Ruban Bleu par intérim, nous déclarait à propos du centre commercial : "Tous les feux sont au vert pâle". Trois mois plus tard, la situation n'est pas aussi florissante que la direction d'Apsys veut bien le laisser croire. On peut même affirmer qu'elle est préoccupante pour ne pas dire désespérée pour certains. L'arrivée de "Marine Communication" la nouvelle agence de Com peut-elle changer la donne et permettre au Ruban Bleu de prendre un nouvel essor? On peut l'espérer, mais encore faut-il que les actes suivent les paroles. D'ores et déjà, le slogan qui était "le Ruban bleu : une autre idée du monde" devient "Le Ruban Bleu : "Tout le monde s'y retrouve", sauf les commerçants qui ne savent plus à quel saint se vouer. Du côté de la majorité municipale, rien ne filtre sur le sujet contrairement au Centre droite de Kévin  Izorce qui dans le dernier mensuel municipal dénonce entre autre des loyers exorbitants.
 
Retards de loyer
 
A commencer, par M. Mahdessian fondateur et PDG de Patacrêpe."En deux ans, nous aurons perdu près de 400.000 euros. La première année d'exploitation qui portait de juillet  à décembre 2008, nous avons réalisé un chiffre d'affaires de 181 798 euros, puis 330. 816 euros en 2009. Il nous aurait fallu réaliser le double pour ne pas perdre d'argent. Résultat, nous avons du licencier du personnel et ne payons plus nos loyers  qui s'élèvent à 7500 euros/mensuels pour 256 m2 depuis un an. D'ailleurs,  nous passons en référé au tribunal de St Nazaire le 4 mai et nous n'avons pas trouvé de terrain d'entente avec Apsys qui refuse de transiger. Il est probable qu'à la suite de cette audience, nous déposerons le bilan dans la foulée avec toutes les conséquences que cela suppose. C'est une catastrophe. Nous avons eu à faire à des gens obtus, qui nient  l'évidence. J'ai le sentiment d'avoir été abusé".

Problèmes de communication

Chez, M. Tenenhaus du magasin Cofféa, il y a un gros problème de communication et d'identification : " Apsys est totalement absent sur le terrain, il n'y a aucune communication avec la directrice Pascale Weil dont la compétence laisse à désirer. Personnellement, je suis arrivé en novembre et jusqu'à mars, nous avons tiré notre épingle du jeu, mais ce n'est plus le cas et si la situation n'évolue pas à court terme, cela risque d'être problématique. Nous avons une surface de 65m2 avec un loyer progressif qui part de 18 000 euros annuels pour arriver à 24 000 au bout de 4 ans. Apsys dit aujourd'hui , le Ruban bleu va bien, ça marche, ça se développe, mais la réalité est toute autre. Mardi matin, lors d'une réunion houleuse, la nouvelle agence Marine Communication est venue nous présenter son projet qui m'a semblé cohérent et adapté à la situation. Comme beaucoup, j'attends de voir si les actes vont  suivre les paroles, mais j'avoue avoir été séduit par l'approche de M. Hennbert".

Une grosse blague....

Du côté de Benjamin Le Douarin responsable du magasin de cosmétiques SAGA, c'est une désillusion totale : "Plus ça va, moins ça va. Ce centre commercial est une grosse blague. Dans une ville de tradition ouvrière, un tel centre n'était pas nécessaire. On nous a promis monts et merveilles et au bout du compte c'est une grosse déception. Nous avons un loyer de 4600 euros/mensuels pour 60m2. Nous sommes 30% en dessous du chiffre d'affaires prévisionnel qui était de 480 000 euros. Aujourd'hui, les dirigeants d'Apsys longent les murs pour éviter les discussions". Chez C.A. l'un des deux vilains petits canards qui ferment à 19h, il règne également un sentiment de frustration : notre chiffre d'affaires est inférieur de 25% par rapport aux prévisions et nous sommes passés de 12 employées au départ à 7 à l'heure actuelle. Le projet présenté par Marine Communication s'avère  cohérent, percutant et proche des Nazairiens et on se doit d'aller de l'avant tout en respectant un peu plus la clientèle".

Offre supérieure à la demande

La restauration qui compte six établissements après la disparition de Planétalis est sans doute le secteur le plus touché. M. Ferreira, directeur de Tablapizza, ne cache un certain désarroi : "Tout d'abord, il faut savoir que l'offre dans la restauration est supérieure à la demande. Nous faisons actuellement 1000 couverts/semaine contre 2500 espérés. Notre chiffres d'affaires est de 720 000 euros/an alors qu'il nous faudrait faire 40% en plus pour atteindre l'objectif. Le loyer est de 11 000 euros HT charges comprises pour 400M2. Face à cette situation, nous avons réduire notre effectif qui est passé de 24 personnes à 12 et 3 apprentis. Outre le problème de l'offre et de la demande, nous sommes face à un problème relationnel avec Apsys. Nous sommes dans le floue total avec notre interlocuteur qui devrait être la directrice du centre. Plusieurs idées, comme la création d'un GIE ont été soumises à  Apsys qui a toujours jugé cette proposition irrecevable jusqu'à maintenant. L'arrivée d'une nouvelle agence de communication va t-elle changer la donne ? On l'espère tous. Si cela s'avère le cas, nous pourrions atteindre nos objectifs, mais va t-on tenir jusque là ? La question reste posée.".

Délocaliser le marché

Marine Communication agence de Dunkerque nouvellement en charge de la promotion du Ruban Bleu est d'ores et déjà à pied d'oeuvre. Luc Hennbert son responsable qui connaît bien Saint-Nazaire et qui suit l'évolution du Ruban Bleu bien avant son ouverture se veut résolument optimiste , mais se défend d'être le pompier de service ou le messie: " Il nous faut redonner aux gens la notion de plaisir du shopping. Le renouveau du Ruban Bleu passe par la mise en place d'une politique commerciale globale et par une réhabilitation du paquebot sans lequel le ruban bleu ne peut vivre.. Tous les acteurs concernés (mairie, Apsys, commerçants, chambre de commerce, etc..) doivent se réunir autour d'une table et s'accorder sur un projet cohérent de développement qui s'inscrit comme initialement prévu dans le contexte d'une réhabilitation d'un quartier, d'un centre-ville. C'est un beau challenge, mais qui ne peut  aboutir sans concertation, et sans une implication totale de tous. Nous allons essayer de compenser les carences actuelles à travers une communication plus affective. Il faut redonner aux gens le plaisir du shopping. Notre stratégie n'est pas de dire, ça n'allait pas avant. Nous allons proposer de nombreuses idées, telle que la délocalisation d'un jour de marché sur la place de l'Amérique Latine avec une nouvelle thématique à l'exemple d'un marché bio. Aujourd'hui, il y a urgence et d'ici fin mai début juin, nous allons proposer, accompagner et mettre en place un certain nombre de mesures".

Auteur : Yvon Enaut | 30/04/2010 | 1 commentaire
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Vos commentaires

#1 - Le 01 mai 2010 à 07h00 par suelto
Merci pour cet article
Eh oui,le commerce, ce n'est pas que des décisions technocratiques.
Il ne suffit de préparer de grande cages pour que les oiseaux y viennent.Les clients il faut qu'ils aient envie de venir, et s'ils n'ont pas de sous, ils ne viennent pas pour acheter, quelquefois même, pire, ils ne viennent pas du tout et évitent la tentation. Le lieu gagnerait à être plus convivial, et moins "corral" à bestiaux.Je ne parle que des circulations.Qu'on puisse y aller, déjà pour le plaisir d'y être, pour être mieux en "situation d'avoir envie d'acheter".C'est juste un avis.
Il faut prendre des mesures pour les aider.La baisse des loyers serait une bonne idée, entre autres. Moins de commerces, moins de loyers;pas de commerces; pas de loyers ;du tout; des cases vides, des allées vides, le spectre de la peur et toute la suite.

Pour la ville, il pas encore temps de ...laisser flotter les rubans.

Bon courage à ceux qui s'y battent.
Et si on y allait un peu plus souvent ?

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