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Ruban Bleu Marc Piriou : "Tous les feux sont au vert pâle"

Directeur du Ruban Bleu depuis juin 2009, Marc Piriou annonce la couleur d'entrée de jeu. Malgré les rumeurs persistantes, le Ruban Bleu va bien et les feux sont désormais au vert pâle. Un vent d'optimisme semble donc pousser une structure qui est désormais totalement intégrée dans l'environnement nazairien. Toutefois, il convient de prendre avec une certaine réserve la relative sérénité affichée par l'exploitant de cette entité qui rappelons le n'a pas toujours fait l'unanimité. Ceci étant, Marc Piriou n'est pas dupe et consent bien volontiers à admettre que nombreuses erreurs ont été commises depuis l'ouverture de mai 2008. Si une légère embellie semble se profiler à l'horizon, une grande prudence est de rigueur et une nouvelle stratégie de communication ne sera pas de trop pour convaincre la population de l'agglomération nazairienne de l'utilité et de l'attrait d'un tel Centre commercial.

En mai 2008, le Ruban Bleu a connu une grosse phase d'ouverture qui s'est étalée sur un bon trimestre. L'attractivité des commerces y est peut-être pour une part, mais le phénomène de nouveauté en est sûrement la principale cause. S'en est suivi, une période plus calme et des fêtes de fin d'année qui ont donné lieu à une bonne fréquentation, mais sans plus. Au bout d'une année d'exercice, le bilan a donné lieu à certaines inquiétudes notamment chez les commerçants du centre, mettant en exergue ce que l'on pourrait qualifier de tromperie sur la marchandise. Il était notamment reproché à Apsys d'avoir surestimé le nombre de clients potentiels dans l'étude de marché. Quelques temps plus tard, la presse quotidienne s'est faite l'écho d'une possible vente du Ruban Bleu. Apsys voulait-elle se débarrasser d'un boulet trop onéreux à supporter?... Cette question, tout le monde se l'est posée. Mais pour Marc Piriou ce qui s'est écrit était quelque peu erroné et de s'insurger contre certains médias: "La presse quotidienne régionale, ne nous aime pas. Je ne comprends pas pourquoi, et ce n'est pourtant pas son intérêt. Les informations qui ont été divulguées sont pour la plupart erronées. La vérité est celle-ci: A un certain moment, nous avons du procéder à une recapitalisation pour faire face à une conjoncture économique délicate. La Foncière Euris est toujours coactionnaire avec Apsys, qui a souscrit un crédit-bail avec option d'achat auprès de Locindus. Aujourd'hui, Le Ruban Bleu n'est pas à vendre et cela n'a d'ailleurs jamais été le cas".
 
Ceci étant, d'importantes erreurs ont été commises. Une des plus évidentes concerne la stratégie de communication et l'erreur de casting concernant l'agence de communication. Marc Piriou ne pouvant nier l'évidence s'explique : "Le choix d'une agence de Nantes n'était sans doute pas le meilleur. Après quelques mois d'existence, nous en avons discuté avec les responsables eux-mêmes. Cela n'a rien donné si ce n'est une profonde divergence sur la stratégie a adopter. Malgré nos relances, nous n'avons pu trouver un terrain d'entente sur la façon de communiquer et avons décidé de rendre la liberté contractuelle à cette agence". Cette décision aussi importante soit-elle va t-elle suffire à redonner un coup de fouet au Ruban Bleu? Rien n'est moins sûr...

Apprendre à parler aux Nazairiens

Conscient de la réalité d'aujourd'hui, Marc Piriou souhaite dans un premier temps  vouloir recentrer la communication sur l'aire géographique de la Carène. En effet de nombreuses zones commerciales à Guérande, Pornic,  et surtout Trignac etc... ne cessent de croître et offrent une nouvelle attractivité aux habitants. C'est bien évidemment une nouvelle épine dans le pied du Ruban Bleu. Il convient donc de se réorganiser comme le souligne Marc Piriou : "Il faut que les Nazairiens se réapproprient les lieux, et nous devons apprendre à leur parler. C'est ce que nous allons essayer de mettre en place avec la nouvelle agence de communication". Aussi, il est permis de se demander si le choix d'une agence locale ne serait pas le plus judicieux. A titre d'exemple, des villes comme Le Havre ou Dunkerque présentent des similitudes évidentes avec Saint-Nazaire sur le plan du tissu local. Pour autant, une agence de l'une de ces deux villes serait-elle plus en phase avec le type de communication dont a besoin le Ruban Bleu, plutôt qu'une agence Nazairienne? La question mérite d'être posée, mais il n'est pas sûr que cela ait été bien compris...

PARKING GRATUIT
 
Un des nombreux aspects négatifs de l'exploitation du Ruban Bleu a sans aucun doute été le parking souterrain payant. La gestion de celui-ci avait été confié à un prestataire de service Urbis Park. Un an après, ce dernier a jeté l'éponge perdant au passage plus de 200.000 euros.  Des chiffres certes importants, mais qui n'ont rien d'étonnants vu la politique tarifaire pratiquée par cet organisme. Et Marc Piriou d'apporter quelques précisions: "Le parking payant s'inscrivait dans une politique globale de parking payant de la ville. Avec 600 places, nous assurions 60 à 70% du parc global de stationnement payant à Saint-Nazaire". Manifestement, le résultat s'est révélé négatif en terme de fréquentation et cela a conduit la direction du Ruban Bleu a réinstaurer la gratuité du parking à la plus grande satisfaction de tous.
 
RUE DE LA PAIX
 
Aujourd'hui, les erreurs du passé ont été scrupuleusement analysées. Marc Piriou et son équipe semblent vouloir se tourner vers l'avenir avec un certain optimisme. De nombreux signaux indicateurs tendent à montrer un réel renouveau. Une nouvelle enseigne "COFFEA" est venue s'installer en novembre. Dans la foulée, la période des fêtes s'est révélée assez positive avec un rush significatif sur la dernière dizaine avant Noël. Et Marc Piriou de préciser : "Par rapport à l'an dernier, on enregistre une hausse globale de 7,5% du chiffre d'affaires. Les magasins de prêt à porter, de jouets en sont les principaux bénéficiaires". Toutefois, il semblerait que tout le monde n'ait pas bénéficié de cette embellie. A commencer par les restaurants, dont la politique tarifaire et la qualité des prestations laissent pour beaucoup à désirer. A priori, seul le restaurant japonais tirerait réellement son épingle du jeu. Malgré la proximité du Cinéville, du futur théâtre, du VIP, le manque d'attractivité des établissements est évident. Parallèlement, il a été constaté que les visiteurs n'arrivaient pas majoritairement par l'entrée de la place de l'Amérique Latine, mais plutôt par la rue de Paix, ce qui n'est pas pour déplaire aux commerçants de cette rue qui comme au Monopoly est devenue l'une des plus chères pour les pas de porte.
 
NOUVELLES IMPLANTATIONS
 
A l'heure actuelle, seuls trois emplacements restent disponibles. Mais cela n'est que temporaire selon Marc Piriou. " Fin février, l'enseigne SUBWAY (spécialisée dans la sandwicherie) viendra s'installer en face du magasin Bershka. Devrait s'en suivre,la possible ouverture d'un magasin de chaussures en avril-mai,  encore que cela ne soit pas acté aujourdhui, puis un restaurant type brasserie traditionnelle ou asiatique en juin". Ce sont là des perspectives intéressantes, mais qui ne doivent pas occulter les nombreux lacunes à combler et les inquiétudes qu'elles engendrent, notamment au niveau des commerçants du paquebot. Mais pour Marc Piriou, à tout problème, il y a une solution: " Je souhaite et je l'ai dit lors d'une réunion à la Chambre de commerce pour une harmonisation par le haut du paquebot, avec  un aménagement urbain à terme. J'ai pu surprendre en prenant cette position mais, il faut reconnaître que si rien n'est fait, nous allons faire le jeu des zones de Pornic, Guérande et plus près de nous Trignac. Parallèlement, je suis pour renforcer notre partenariat avec la ville et les commerçants. Pourquoi ne pas envisager des opérations de types "quinzaines commerciales" ou s'entendre sur des soldes flottantes. Personnellement, je suis ouvert à toutes propositions".
 
Si le directeur du Ruban Bleu laisse entrevoir d'intéressantes perspectives, la réalité économique pour 2010 laisse cependant planer de sérieuses inquiétudes. Marc Piriou souligne : "Aujourd'hui, tous les feux sont au vert pâle, pour ne pas dire plus. Cela étant nous sommes dans un contexte économique avec de sérieuses inconnues et nous allons probablement subir cette situation. A nous de nous adapter à la réalité du moment et faire de notre mieux pour donner aux habitants de l'agglomération nazairienne l'envie de venir au Ruban Bleu".

Auteur : Yvon | 04/02/2010 | 2 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 05 février 2010 à 18h43 par Frédéric ANGELLE, St Marc S/mer
Quelle sera l'attractivité de cette zone? Sans jugement sévère sur la rue de la paix, on n'est ni dans les rues de Vannes, ni dans les rues de Nantes, ni même dans l'avenue du général de Gaulle à la Baule, qui elle tient son charme de son débouché sur la plage et la mer.
Quand ailleurs l'attractivité précède le commerce, à saint-nazaire on va demander au commerce de créer l'attractivité...
Ainsi au journaliste qui lui faisait remarquer dans un article parallèle du 08/06 : "on attend toujours un peu plus de vie et d'animation du côté de la base sous-marine ", Monsieur Batteux a avoué:
"Il fallait précisément créer ce flux commercial pour faire vivre la base sous-marine."

On ne marcherait pas à l'envers par hasard? C'est le commerce qui va rendre atractif ce quartier.
Et parce qu'il y a là, cette base, il faut mettre à côté le théatre fanal, des salles de spectacle qui avec cineville et escal'atlantique peuvent à certaines heures, certains jours, drainer des voitures. Alors qu'un peu plus à l'ouest, mais pas dans ce champ là, on a ce qui par nature est attractif, la mer, l'océan.
Il avait été suggéré de retourner la ville vers la mer. On la retourne vers le port. Le port?
Pas tout à fait la même chose à saint-nazaire.

Lambda
conseiller l'article à un(e) ami(e).
#2 - Le 28 février 2010 à 20h14 par padrig, Saint Marc Sur Mer
Le commentaire de Farfouillot me paraît juste : lorsqu'on arrive pour la première fois à St Nazaire ce qui frappe c'est qu'aucun commerce ne soit installé à proximité de la mer.
Donc faire ses courses ou voir la mer il faut choisir car les deux sont beaucoup trop éloignés.
Par beau temps je ne serais pas surpris que certains préfèrent la mer.

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