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Rien n'est joué pour STX

FOCUS : La décision de poursuivre l’exploitation de STX Corée prise par ses créanciers devant le tribunal du district central de Séoul signifie-t-elle le redémarrage effectif de cette entreprise ?
De fait, rien n’est moins sur car le montant comparé des dettes (6 milliards d’euros), aux possibilités de lever des fonds estimées à environ 800 millions d’euros dans les 10 ans à venir laisse bien  peu de chances à une sortie vers le haut. Si l’on ajoute des pertes de l’ordre du milliard d’euros par an au rythme actuel, la question devient cruciale.

On peut légitimement penser que cette décision s’inscrit simplement dans la logique de celle prise antérieurement de la mise en vente, globale ou par appartements, de cette société et de ses filiales. Une liquidation, dont on connaît par ailleurs l’estimation du coût pour les créanciers, n’était pas la meilleure solution, de ce strict point de vue. Dès lors qu’un certain nombre de repreneurs se sont manifestés. Il parait évident que les créanciers préfèreront rechercher celui qui est « le mieux disant » pour reprendre une vieille expression française. 

Un seul repreneur n’eut peut-être pas motivé cette situation, mais quatre repreneurs intéressés, agissant pour des raisons diverses plus ou moins liées au potentiel de STX France, justifient pour les banques créancières l’espoir d’une revente dont le prix sera probablement supérieur à celui à payer pour la liquidation. 

D’autant plus qu’il y a, parmi ces repreneurs, certains qui sont prêts « à mettre les sacs d’or sur la table » pour s’assurer le contrôle de ce marché apparemment très porteur de la construction des paquebots géants. Si on se réfère au prix payé par Genting (selon le magazine Mer et Marine) qui serait de 230 millions pour « Malgré un carnet de commandes quasi-vide, le rachat des trois chantiers de Nordic Yards ». On peut penser que les perspectives de celui du chantier de Saint Nazaire justifieront une surenchère de propositions que les créanciers croient être à la hauteur de leurs espoirs.

A ce jeu-là, les repreneurs européens, si tant est qu’ils n’aient pas de partie liée à d’autres « moins européens » sont-ils réellement les mieux armés ?
 
Jean Goychman
Conseiller Régional
Pays de la Loire
Auteur : JG | 15/11/2016 | 2 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 16 novembre 2016 à 11h39 par Léo Débats, Saint-nazaire
Assurément de grands spécialistes s'expriment souvent ici sur l'avenir de la navale à St.Nazaire.
Peuvent-ils m'éclairer sur les risques de voir des chantiers européens, donc concurrents, devenir majoritaires ds le capital de STX ?
En particulier si l'on sait que Fincantieri a déjà des "accords" avec la chine.
Pour ma part je suis convaincu que c'est l'outil qui intéresse les futurs repreneurs par ces capacités (portique) plus que les bras et cerveaux...
Par ailleurs les prises de commandes sont "épaulées" par des interventions financières d'argent public français. Si Fincantieri ou autre européen devenaient majoritaires, quelle serait le devenir de ces aides donc de pérénité du site?
#2 - Le 16 novembre 2016 à 18h59 par Cliquet, Guerande
Je ne suis pas "un grand spécialiste de la navale". Je suis arrivé jeune ingenieur à Saint Nazaire en 1973, embauché par l'Aerospatiale. Je n'ai jamais quitté cette région et je me sens concerné par l'avenir des chantiers. Je me pose les mêmes questions que vous, Nazairiren, et j'ai probablement les mêmes infos, à savoir que Fincantieri aurait des "accords" avec des chantiers chinois, d'où la dernière phrase de mon propos.
J'ai egalement le sentiment que les dés sont pipés depuis la vente en 2006 a Acker Yards et la décision, peut-être politique mais pas économique, de garder 33% des parts dans le giron de l'Etat. Si ces chantiers étaient réellement stratégiques, il fallait garder 100% ou, a minima, une majorité.
A l'epoque, le credo politique était au libre échange et à la mondialisation, et toute la classe politique savait que les chantiers étaient condamnés à terme, mais personne ne voulait payer le prix politique. Si on regarde le compte de résultats actuel, il n'a pas de quoi susciter l'allegresse. Donc les chantiers ne peuvent interesser que des entreprises déja dans la partie, d'où la situation actuelle...
Je suis également d'accord avec vous sur les subventions qui ont empéché le dépot de bilan jusqu'à présent...
Par contre, mieux vaut des chantiers pas sans doute pas tres rentables et, s'il le faut, nationalisés plutôt que pas de chantiers du tout...

Jean Goychman

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