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Rencontre avec le candidat de la France insoumise dans la huitième circonscription de Loire-Atlantique.

Dans la 8ème circonscription de Loire-Atlantique, la France Insoumise a un candidat. Lionel Debraye, chef d'entreprise à la retraite, âgé de 63 ans. Nazairien de toujours, il a dirigé une imprimerie situé à Penhoët qui ferma ses portes en 1994. Il nous reçoit autour d'une table, malgré la fatigue accumulée au cours d'une campagne éprouvante.

Il se décrit comme un patron de gauche, tissant avec ceux que l'on nomme généralement des « employés », des liens allant jusqu'à l'amitié. « La justice sociale a toujours été le moteur de ma vie. C'était une entreprise presque paternaliste, on travaillait ensemble. » Militant par intermittence, il soutient un temps le parti socialiste. « Mais je me suis rendu compte que la gauche que moi j'aimais, la gauche de combat, la gauche conquérante, n'existait pas. » 

Mais à l'occasion d'autres combats politiques, il réveille sa fibre militante et rejoint les rangs de la France Insoumise, toujours animé de sa soif de justice sociale. « Elle a du mal à exister aujourd'hui la justice sociale... A cause de partis politiques dévoyés qui se sont aventurés dans les marécages du libéralisme. Le PS, dont j'étais, est littéralement devenu un parti capitaliste. Dans les années 80 nous avions un PS moteur, porteur de projets, mais au fil du temps il est devenu un parti de droite, je ne vois pas comment le qualifier autrement. Dans les années 90, ceux qui se battaient contre le libéralisme sont devenus des perdants, la politique a changé du tout au tout. »

Aujourd'hui, la France Insoumise montre que la lutte n'est pas vaine, qu'elle concerne au moins 20% des électeurs français et qu'elle s'organise même en un mouvement qui refuse catégoriquement le découragement, pourtant bien encouragé. « Que défendre ? Les sujets ne manquent pas ! Mais je veux me battre en particulier pour que STX ne devienne pas un chantier étranger à la France. C'est ce qui me touche en premier. J'ai 63 ans, devenir député pour être député ne m'intéresse pas. Ma carrière est faite. Je suis là pour faire quelque chose, pour agir, concrètement. »

On ne se débarrasse pas aussi facilement de son tempérament de chef d'entreprise. Lionel Debraye, malgré sa fatigue, exprime une solide détermination et une évidente volonté de participer à changer les choses. « Macron ? Comment dire.... ? Je n'arrive pas à le déterminer. On pourrait le comparer un artefact, un outil du capitalisme. Dans l'esbroufe, Macron c'est du grand art. Au fond, je crois que personne réellement n'arrive à le définir... »

Et de poursuivre sur les médias, amusé. « Si on écoute BFM TV, France 3, France 2 etc... la France Insoumise toute entière, nous tous, on passe pour des ringards. Et ça me fait rire ! Ils sont tellement en dehors du réel, ils font un déni de réalité comme on fait un déni de grossesse... Non, ils commentent les commentaires... C'est affligeant ! C'est la bulle des médiaticiens et des commentaristes. Ce ne sont pas des interlocuteurs sérieux. »

Interrogé sur l'état d'esprit de Mélenchon, il fait cette réponse :  « Jean-Luc déteste qu'on parle à sa place, alors je ne le ferai pas. » (sourire) « J'ai beaucoup d'estime politique pour lui. Il est un de ces  hommes d'envergure que j'ai eu l'honneur de côtoyer jadis, comme Rocard, Chevènement, des hommes de convictions, qui ne se trahissent pas. »

« Nous sommes là pour proposer une formule qui gagne. Sur la circonscription on est au delà du PS, largement. Mais il faut maintenir nos efforts. » Lionel Debraye nous donne rendez-vous au 11 juin, et surtout au 18 Juin afin de vérifier si l'appel a été entendu.

Auteur : RG | 07/06/2017 | 7 commentaires

Vos commentaires

#1 - Le 07 juin 2017 à 13h22 par Wagner
Bonne interview, un candidat de qualité. Content que ce soit lui.
#2 - Le 07 juin 2017 à 19h24 par Moyon, St.nazaire
Mélanchons est passé de très respectable quant à sa démarche politique des présidentielles, à détestable dans l'expression d'un égo surdimentionné.

Par ailleurs, ne "Mélanchons" pas tout!
Sur sa comparaison avec Rocard et encore plus avec Chevènement, aucun des deux n'auraient porté une telle attaque envers un ministre de l'intérieur.
N'est pas homme d'Etat qui veut.
#3 - Le 07 juin 2017 à 20h48 par Chloé, Saint-nazaire
Moyon. C'est le chaudron qui appelle la marmite cul noir.Si ego surdimensionné il y a , c'est aussi chez Macron et d'autres ! Non? Et puis discuter sur le terrain des personnes au lieu de parler programme, ça vous disqualifie tout de suite. Cela évite de parler de la réforme du code du travail par exemple.Qu'en pensez-vous de cette réforme? Allez jetez-vous à l'eau, il reste encore deux jours!
#4 - Le 07 juin 2017 à 23h23 par Moyon, St.nazaire
# 2 excusez mon erreur grammaticale ...
#5 - Le 08 juin 2017 à 12h36 par papy mouso, St Naz
VOus futes imprimeur, certes mais ce n est pas une raison pour coller des affches partout et n importe où. Halte à cette pollution visuelle ; et c et interdit l affichage sauvage .
#6 - Le 08 juin 2017 à 18h50 par Moyon, St.nazaire
#3,
Chloé si vous lisez les propos de Debraye, ceux qui portent sur le programme de la France Insoumise sont on ne peut plus rares! c'est lui qui évoque les hommes politiques.
Si les idées défendues par F.I sont intéressantes j'ai les mêmes réserves que vous (et d'autres) sur la réforme annoncée par Macron.
Néanmoins le comportement de bateleur d'estrade et surtout sa sortie envers Caseneuve de Mélanchon m'indisposent et sont indignes d'un républicain - je n'adhère pas au culte de la personnalité.
#7 - Le 10 juin 2017 à 10h52 par Wagner
Beaucoup suivent le troupeau de l'indignation concernant les propos sur Cazeneuve, combien se sont attardés sur le fond de l'histoire ?

Assez incroyable comme on préfère surfer sur la forme Mélenchonnesque plutôt que sur le fond puant de cette histoire où tout incrimine la responsabilité des hauts-fonctionnaires de l'Etat dans l'emploi excessif de la force entrainant la mort de Fraisse.

Quant au prétendu culte de la personnalité, on est là encore dans une bien étrange schizophrénie où notre président Jupitérien au mouvement reprenant ses initiales semble échapper à tout procès de ce type quand Mélenchon est de facto qualifié de petit père des peuples, quand bien même il aura fait campagne pendant 1 an en refusant que l'on scande son nom.

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