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Prézégat superstar

Tous les Nazairiens connaissent de nom le quartier de Prézégat… Mais combien y sont vraiment allés ? Et combien ne savent même pas comment y aller ?

Prézégat, un quartier pas tout à fait comme les autres, à cheval sur 2 communes, St Nazaire et Trignac, à l’écart entre la voie ferrée, la zone d’Auchan et les champs marécageux. Une sorte de presqu’île dans la presqu’île reliée au « continent » par la passerelle qui enjambe la voie ferrée. Une passerelle qui est un peu l’emblème du coin. Elle fait d’ailleurs la couverture du livre « Une petite zone tranquille », un roman graphique sur le quartier et ses habitants qui sortira le 28 septembre.
L’idée de ce livre est venue du Fanal sur le thème « des visages et des paysages à la rencontre des habitants ». Un projet dans le cadre d’un contrat urbain de cohésion sociale. « Ce qui nous a plu c’est le côté enclavé du quartier, sans commerce, sans école, dans lequel on ne vient pas facilement et on voulait montrer qu’il faisait partie intégrante de la ville. » Le Fanal a fait appel à une comédienne et écrivaine, Marie Louët, et à un auteur de bandes dessinées, Pierre Place, pour illustrer l’œuvre. « On leur a demandé de ne pas trahir la parole des gens, ne pas rentrer non plus dans une intimité trop profonde, et de parler de l’endroit sans angélisme ni misérabilisme » explique Angèle Kurczewski, responsable du service des publics au Fanal
Au départ du livre, nous nous retrouvons en banlieue parisienne d’où fugue un petit garçon de 10 ans. Il met le cap sur St Nazaire où son grand-père travaillait jadis aux chantiers navals. Et en arrivant à la gare, il se trompe et au lieu d’aller vers le port, se retrouve à Prézégat où une série de rencontres l’amèneront à la découverte de soi et de l’autre.
« On a aussi voulu en faire une histoire un peu universelle, qui puisse être lue partout et qui n’intéresse pas que les gens de Prézégat » nous dit l’auteur Marie Louët. « C’est une fiction mais toute ressemblance avec des faits réels n‘est pas fortuite. Les principaux intéressés vont se reconnaître ».

Une mixité sans mélange

A travers les yeux du petit garçon, les artistes ont voulu transposer leur regard naïf, sans a priori sur ce quartier. « Un enfant ça n’a pas de clichés en tête comme un adulte. On voulait montrer la vie des gens sans fantasmes ». Ils ont découvert dans un périmètre réduit, un quartier multiple, « un personnage en lui-même », avec différents types sociaux ; à la fois des maisons avec beaucoup de retraités de la classe moyenne, des tours avec une forte proportion d’immigrés, principalement des Sénégalais, et la rue Daumier, « en bas » comme on dit ici avec des gens dans un habitat très social, ceux qui n’arrivaient même plus à payer leur logement HLM. Des populations qui la plupart du temps ne se mélangent pas. « Mais dans l’histoire je fais quand même se croiser les personnes » raconte Marie Louët. « Le livre sera j’espère une petite pierre pour inciter les gens à se parler. C’est aussi ça l’utilité d’un artiste ».
Une absence de mixité en partie due à une vie de quartier inexistante. L’école est fermée depuis 15 ans. Dernier commerce et désormais seul îlot de lien social, le bar « le couscoussier » derrière le comptoir duquel la patronne, Raymonde essuie les verres depuis 32 ans. C’est évidemment de là que les auteurs du livre sont partis pour aller à la rencontre des autochtones. Ils y ont naturellement établi leur Quartier Général pendant l’année et demi qu’ont duré les entretiens avec les habitants.
Forcément ça crée des liens, comme avec Léonie, une mamie figure des lieux, très présente dans le roman, mais malheureusement décédée avant la sortie du livre.
Marie Louët et Pierre Place ont finalement trouvé des habitants heureux d’être là, dans cet univers entre ville et campagne où il ne se passe pas grand-chose mais dans lequel on respire.

Ce premier ouvrage est le début d’une collection de 3 livres, reflets d‘un projet artistique avec des habitants. Les autres épisodes se dérouleront dans 2 autres quartiers nazairiens, et le Fanal souhaite qu’un sociologue ou un philosophe ait une place dans le dernier opus pour dire quel regard il porte sur ce type d’expériences.
Une lecture dessinée du roman graphique « Une petite zone tranquille » aura lieu le mercredi 27 septembre à 20 h 30, sur place à Prézégat, rue Edgar Degas. L’auteur Marie Louët et un habitant du quartier Christian Annex liront (on peut même dire joueront) le début du roman (environ 40 minutes) pendant que le dessinateur Pierre Place projettera ses croquis sur les immeubles.
Auparavant à 20 heures projection d’un court-métrage réalisé par les enfants du centre de loisirs et les jeunes du club de L’OMJ.
A 19 heures, repas de quartier pour financer un projet de voyage des adhérents de l’OMJ.
Possibilité d’acheter le livre (édité par le Fanal) sur place avant sa mise en vente à 1 000 exemplaires le lendemain dans toutes les librairies de St Nazaire. Prix 16 euros. Le 28 septembre, les auteurs seront en dédicace à partir de 15 heures à l’espace culturel Leclerc dans le Ruban Bleu.

 

Marie Louët
Marie Louët
Auteur : GG | 21/09/2011 | 0 commentaire
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