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Photos de bébés morts : Douleur + voyeur = publicité

Dans son déménagement l'hôpital a commis une erreur grave, une faute de vérification qui a brisé le secret médical et ravivé la douleur de familles ayant perdu un bébé. Un photographe en fait sa publicité.

Depuis presqu' un an, un photographe qui s'est introduit sur le site de l'ancien hôpital connaissait les faits. Des diapositives représentant des bébé mort-nés étaient restées dans les locaux désaffectés. Que la salle soit murée ou non, que le site soit bien gardé ou pas, que les diapositives soient des copies ou non, qu'il s'agisse ou non d'un vol, seront des arguments pour les avocats.
Un jeune homme a "pris" une (ou des photographies) de données on ne peut plus privées appartenant à des personnes sans défense, puisque mineures, et mortes.
Il dit aussi avoir "pris" contact avec la mairie de Saint-Nazaire, l'hôpital et un journal local.Trois entités particulièrement difficiles à joindre en effet. Elles n'auraient pas réagi. Et en plusieurs mois, il n'aurait trouvé aucun moyen d'informer ? 
 
Mais des parents endeuillés ont eu connaissance de l'existence de cette photo qui circule sur le net.
La douleur est toujours là, tapie, qui ne demande qu'à réenvahir toute leur vie, à chaque question : (« vous avez combien d'enfants ? »), à chaque baptême, à chaque nouvelle naissance ou anniversaire, à chaque Noël. La terrible injustice se répète, jour après jour.
Un bébé mort-né, comment le faire reconnaître par une société qui va si vite ? Comment faire accepter la réalité de cette existence, et la douleur de la perte de ceux qui sont des enfants ? Comment se réparer un peu, si ce cataclysme "n'existe pas".
Pour les familles la colère est là, légitime quand la douleur explose à nouveau, ranimée par cette exhibition insoutenable. Elles se demandent "Où est notre dossier, est-on bien certain qu'aucun document n'est encore en circulation, susceptible de ressortir sur un réseau  social pour on ne sait quelle utilisation ?"

Pas un lanceur d'alerte

Quand un photographe, un journaliste, un employé dénonce des faits injustes, illégaux, pour informer la société c'est un lanceur d'alerte.
En quoi photographier des diapo de bébés morts il y a plusieurs année est-il une alerte ?
Dénonce-t-il des erreurs médicales,chirurgicales, des mauvais traitements administrés. Non. Il dénonce un déménagement mal fait.
En quoi laisser cette photo, non floutée, sur son site est-il une alerte ?
Avec l'autorisation de qui ?
Si ce bébé avait vécu, il aurait peut-être 20 ans maintenant, serait soudeur, maçon ou étudiant, il claquerait des portes et écouterait sa musique à fond, ou elle apprendrait l'anglais, piquerait les fringues de sa grande soeur et partagerait ses fous rires avec ses copines. Ces enfants ont un nom, des droits et leurs familles doivent se protéger, et se défendre hors de toute manipulation.

Cette triste histoire permettra peut-être de faire mieux reconnaître la douleur des parents touchés par un deuil péri-natal mais il ne faut pas se tromper de victimes.

Les petits, eux, sont victimes d'un manque  de respect ainsi que leur familles, de la part de l'hôpital par négligence, par manque de contrôle. La manière dont l'hôpital gère cette crise pourra être évaluée par les familles dans quelques mois.
Mais lancer une alerte est un acte citoyen, respectable : fouiller des archives médicales égarées, les exposer crûment sur un blog avec tout ce que cela a de malsain,encourageant d'autres "visites" dans l'ancien hôpital, ne pas avoir rapporté les données, c'est seulement du voyeurisme, et de la non assistance à personnes fragilisées. Comme l'automobiliste qui trouverait un accidenté sur la route, le photographierait et s'en irait sans appeler les secours.
Utiliser la douleur pour s'en faire un écran de protection et les médias pour faire sa promotion c'est de l'opportunisme. Cet homme fait preuve de mépris pour les familles, au mieux d'indifférence.

Mais parmi ses talents, ce jeune homme possède celui de la communication, il vient d'en faire une démonstration des plus efficaces. Il a piétiné le droit au deuil, et s'est sauvé, alors qu'il aurait pu informer et agir.
Son irresponsabilité est d'autant plus grave qu'il se cache maintenant derrière ceux qu'il aurait dû protéger. Il aurait pu dénoncer et faire son job. Il a de nouveau fracassé la vie de familles déjà éprouvées.

Celles qui le défendent doivent en ce moment se demander ce qu'elles auraient fait, si elles avaient dans ce cas. Auraient-elles publié cette photo pour "alerter" ? N'y avait-il pas d'autre moyen, plus solidaire ? 

Auteur : LY | 11/06/2015 | 6 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 12 juin 2015 à 09h07 par caro
La seule différence entre l'hôpital et le photographe, c'est que l'un connaît mieux que l'autre le sujet, tabou d'ailleurs, du deuil périnatal ... L'acte de l'hôpital est bien plus grave: c'est une erreur impardonnable, que d'avoir sali ces bébés, en laissant les photos et infos tel quel, comme on laisse un sac poubelle dans une déchèterie ...
Le photographe nous a demandé si il fallait retirer la photographie du blog, nous avons toutes dit non. Justement, parce que sans lui, sans cette photo qui prouve et qui alerte, personne n'aurait rien su.
#2 - Le 12 juin 2015 à 13h53 par Géraldine, Nantes
Tout ce que vous faites contre le photographe avant que justice soit faite (et vous êtes bien le seul journal à faire ça depuis le dbt (recup´ de buzz pour facho ) pourrait vous coûter très cher. Mais continuer à publié vos articles tout pourris personne ne s'y intéresse personne ne partage et j'imagine que vous supprimez pas mal de commentaires comme celui que je suis entrain de vous adresser mrs de StNazaire infos.demer
#3 - Le 12 juin 2015 à 16h00 par bleue, 44
pour tenter d 'être juste il faut prendre le problème a sa base ; comment ces photos ou ces dossiers médicaux ont ils pu être abandonnés pourquoi l' hopital n'a pas fait une dernière visite de contrôle de chaque pièce de chaque bâtiment avant de fermer matériellement ce site
pourquoi l' hopital le journal la mairie n'a pas répondu aux interventions du photographe voulant expliquer ses trouvailles
il n'avait qu'une seule façon de faire et il l'a faite & maintenant tout le monde l'accuse
la faute vient de l'administration hospitalière .
#4 - Le 12 juin 2015 à 18h12 par Geneviève, Saint-nazaire
Je suis tout à fait d'accord avec votre article. J'ai été très bien prise en charge par l'hôpital pendant et après et je les remercie. La renaissance de cette douleur n'est générée que par ce photographe que je vois comme un monstre. L'hôpital a certes commis une erreur mais le photographe a fait passer dans le présent une partie de ma vie qui faisait partie de mon passé et avec laquelle je vivais très bien. Depuis le passé est présent et tout le chagrin qui va avec. Il me parait évident qu'il y avait d'autres moyens que de violer l'intimité d'une famille, d'un enfant.
#5 - Le 12 juin 2015 à 19h13 par Sammy Lodon, Pornichet
Quelqu'un pourrait-il me traduire le commentaire de Géraldine ?
#6 - Le 14 juin 2015 à 13h35 par gayard
Monsieur le Journaliste;par cet article vous faites honneur à une profession qui en a parfois bien peu!
Les agissements de ce pseudo photographe en mal de pub sont ignobles!
Malheur à celui par qui le scandale arrive!
Quand à vous je vous assure de ma considération et de mon respect!

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