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Paroles d’Algériens avec le Fanal

À Saint-Nazaire, du 26 mars au 1er avril, le Fanal met l’Algérie en avant : théâtre, exposition et cinéma pour évoquer près d’un siècle d’histoire.

Si le cinquantenaire des accords d’Évian (19 mars 1962) mettant fin à la guerre d’Algérie est indéniablement en lien avec l’événement, ce n’est pas ce que l’équipe du Fanal a voulu souligner. « Nous avons envie d’évoquer l’Algérie d’ici et maintenant. Nous avons l’impression d’un divorce qui s’est mal passé entre nos deux pays, un gâchis énorme », explique Nadine Varoutsikos-Perez, directrice du Fanal. La programmation de cette semaine donne l’impression de tourner autour du pot puisqu’il est très rarement fait mention de la guerre d’Algérie et de son indépendance. Avant, après, en France, en Afrique, c’est le ressenti des habitants qui est privilégié.

L’exposition : Soldats inconnus

Il s’agit d’un hommage aux soldats africains de la seconde guerre mondiale qui n’ont jamais été reconnus. « Les photos sont vraiment magnifiques », s’enthousiasme Nadine Varoutsikos-Perez. L’exposition est l’œuvre du photographe Olivier Coret et d’Ouadah Molkeire qui a écrit des textes sur les hommes photographiés. Ensemble, ils sont allés à la rencontre de ces anciens combattants au Maroc, en Algérie et en France.
Programmation ici : http://www.lefanal.fr/actu_dm.cfm

Le théâtre : Les Borgnes et Invisibles

Familiers du Fanal, Mustapha Benfodil et Kheireddine Lardjam (http://www.saintnazaire-infos.fr/les-borgnes-coproduction-du-fanal-sur-l-histoire-algerienne-26-31-1091.html et http://www.saintnazaire-infos.fr/les-hommes-derriere-les-borgnes-au-fanal-26-31-1125.html), reviennent pour la pièce Les Borgnes où le colonialisme intérieur brut. Un texte dur, mais avec des pointes d’humour. Initialement prévue pour Quai des Arts, la pièce va être jouée au Jean Bart « car les acteurs ont besoin de proximité avec le public », précise Nadine Varoutsikos-Perez.
Avec Invisibles, Nasser Djemaï, évoque les chibanis, ces immigrés venus travailler en France, certains, dans les années soixante. Aujourd’hui, ils sont retraités et sont écartelés entre retrouver leur famille au pays et rester en France où ils se sont créé une vie et ont cotisé. Portraits  d’une population invisible.
Programmation ici : http://www.lefanal.fr/spectacles_prog.cfm?id_fiche=340&lemois=03

Le cinéma : trois films très différents

Le chemin noir, un documentaire d’Abdallah Badis. « Enfant, il a habité en Lorraine. Il y est retourné, a trouvé l’usine sidérurgique fermée et a décidé de retrouver les vieux chibanis qui y travaillaient », explique Sylvette Magne, secrétaire générale du Fanal et chargée de la programmation du cinéma.

El Gusto est documentaire musical de Safinez Bousbia. La réalisatrice a eu envie de retrouver tous les musiciens Algériens d’El gusto (la musique populaire des années vingt). Séparés il y a cinquante ans, elle a retrouvé et réuni ces musiciens qui depuis enchaînent les tournées.

La Chine est encore loin, documentaire de Malek Bensmail, raconte les débuts de la guerre pour l’indépendance de l’Algérie avec les meurtres d’un couple d’instituteurs français et d’un caïd algérien le 1er novembre 1954. Des témoignages parfois « hallucinants comme ces gens qui ont participé aux meurtres », conclut Sylvette Magne.

Une semaine à ne pas manquer.
Programmation ici : http://www.lefanal.fr/cinema_prog.cfm?id_fiche=473&lemois=03
 

Auteur : AP | 21/03/2012 | 0 commentaire
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