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Naviguer vers un avenir meilleur

Rencontre avec Alain Berteloot, ancien skipper du conseil général de Loire-Atlantique, fondateur de l’association Sillage, qui évoque une activité phare : le centre éducatif renforcé, qui permet de réinsérer des jeunes mineurs délinquants.

Alain Berteloot crée en 1993 l’association Sillage. « Avant, j’étais skipper pour le conseil général de Loire-Atlantique et j’ai eu l’occasion d’emmener des groupes de jeunes, de détenus, d’ex-toxicos, de SDF… en mer. Je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de structure pour accueillir les mineurs délinquants », commence-t-il. C’est pour cette raison qu’il a décidé de créer la structure. En 1995, Sillage obtient l'agrément structure d'accueil non traditionnelle. Ce qui lui a permis d’avoir des subventions de l’Etat et donc plus de moyens et d’employés.

Mais Alain Berteloot voulait s’impliquer plus auprès des jeunes mineurs délinquants. Le 1er mai 1999, Sillage a été habilité centre éducatif renforcé (CER). Depuis, des jeunes placés en CER embarquent pour trois ou six mois sur l’un des deux bateaux de l’association. « Nous accueillons des groupes de quatre mineurs de 13 à 18 ans dans le cadre de l’ordonnance du 2 février 1945. C’est le juge pour enfants qui décide d’envoyer le mineur en CER. En France, il n’y a qu’une cinquantaine de CER avec seulement huit places, c’est une vraie course », ajoute Alain Berteloot. Depuis le début du projet, il a remarqué des différences de comportement chez les jeunes placés sur le bateau. « Au début, c’était de vrais braqueurs avec un code de l’honneur. Aujourd’hui, les jeunes qui viennent ont une souffrance psychique plus forte. »

Les jeunes s’occupent de tout

 

Deux à trois départs sont organisés dans l’année. Les trajets les plus longs sont de 7 500 miles, allant de Saint-Nazaire jusqu’à la Sardaigne en passant par les côtes anglaises. « A bord, ce sont les jeunes qui s’occupent de tout : manœuvres, nourriture, amarrage… Ils font tout de A à Z, sous l’œil vigilant des encadrants. Vivre avec eux permet de bien les observer, de bosser avec eux et d’évaluer leur comportement », précise Alain Berteloot. Les jeunes sont encadrés 24h/24, 7j/7 par une équipe de deux encadrants qui se relaient tous les 15 jours, quand le bateau fait une halte ; l’occasion pour un intervenant et un psychologue de faire un point avec les encadrants et les jeunes.

Une trentaine de jeunes sont accueillis chaque année sur les deux bateaux de Sillage. Venant essentiellement de la moitié nord de la France, les jeunes profitent de leur séjour à bord pour préparer leur avenir soit avec une rescolarisation, soit avec un parcours choisi par le jeune. Pour Alain Berteloot, les jeunes qui participent ont « 100% de chances de réussir s’ils vont jusqu’au bout. Malheureusement, seulement 70% se saisissent de leurs acquis pour réagir positivement et mener à bien leur projet. »

Auteur : AP | 16/05/2011 | 1 commentaire
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Vos commentaires

#1 - Le 13 novembre 2012 à 10h04 par Rosanna Pecora, Turin
Vous etes formidable, extraordinaire,"l'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller jusqu'au bout de sa pensèe" Leon Blum

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