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Mistral : Pour les Ukrainiens le vent de la guerre s'est déjà levé

Tandis que le comité Mistral Gagnons réclamait dimanche la livraison des navires de guerre comme le prévoyait le contrat signé par Nicolas Sarkozy, le comité « No Mistral for Putine » demandait à quelques centaines de mètres le contraire.

Livrera, livrera pas ? D'un côté ou de l'autre du Vladivostok la même incertitude. Les uns pensent que « François Hollande à la botte américaine interdira la livraison », tandis que les autres pensent que la France jouera ce qu'ils appellent : « Mistral sanglant » ou « des navires contre de l'argent ».
Pour Bernard Grua (No Mistral for Putine), « il faut continuer de les construire, mais ne pas les laisser partir », il s'inquiète des essais en mer. «On risque une évasion ». Il rappelle que les USA qui ont pris 6,6 milliards d'euros pour l'affaire de la BNP pourraient bien mettre la main à la poche pour dédommager la France pour les acheter et que Belgique et Pays-Bas ensemble seraient intéressés pour un exemplaire.

La parole donnée

Les Ukrainiens présents crient « Poutine Hollande Collabos ». Honorer le contrat ? «Oui bien sûr mais le contrat date de 2011 et tant de choses ont changé depuis ».
Dimitri est furieux contre ceux qui se réclament du Général De Gaulle, « de la grandeur, et du respect de la parole etc.. », à ceux-là il répond, « qu'ils s'interrogent d'abord : le Général aurait-il signé le contrat ? Facile de faire parler les morts ».
Le cessez-le-feu signé vendredi ? « On n'y croit pas, c'est trop tard ».

L'emploi

Nicolaï vient du sud de l'Ukraine avec son fils et est employé aux chantiers, « non pas sur le bateau russe, nous sommes interdits, et de toutes façons on ne voudrait pas ». Lui qui vient de si loin pour faivre vivre les siens confie « si mon pays n'était pas en danger, je serai avec eux, (les Mistral gagnons) je les comprends ». Nicolaï ne criera pas les slogans anti Hollande, « je ne suis ici pas là pour dire du mal de la France ».
Il est inquiet pour sa famille « surtout quand ils ne répondent pas au téléphone, c'est pire depuis le cessez-le-feu, de toute façon on n'est pas armés, ils feront (les pro Russes) ce qu'ils voudront». Mariya est originaire de Kiev, « ma mère à 81 ans, elle pleure tous les jours, elle ne pensait pas revoir cela un jour ». Elle se souvient « d'avant, j'ai connu », « Poutine est un ancien du KGB, regardez là ils nous photographient (derrière les grilles côté Smolny le navire hôtel des marins russes), on a peur pour nos familles, mais il faut que le monde sache, et ici on peut le dire ».

Pologne et Lituanie

Michal est Polonais, il est inquiet, «les Russes manoeuvrent toujours à nos frontières, qui pouvait imaginer il y a quelques années que Poutine deviendrait aussi expansionniste ». Nous ne comprenons pas la France, si elle arme Poutine, nous achèteront nos hélicoptères ailleurs.
Quant au représentant de la Lituanie : « nous craignons d'être la prochaine cible, il faut une semaine à l'OTAN pour venir nous aider, trop tard».

Présence des Russes

Plusieurs manifestants considèrent qu'il faudra passer la Crimée par pertes profits, «hélas  ce n'est pas l'urgence, c'est le couloir ».
Helena l'assure, bien sûr qu'ils sont présents les Russes, « je les ai vus, vivants, je les ai vus morts et dans la glace avant d'être rapatriés ». Elle a été arrêtée pas les rebelles pro-russes, « j'avais un passeport français, ils m'ont laissée partir ». Elle comprend « la situation économique est tellement mauvaise, les gens pensent que c'est mieux en Russie, ensuite pour Poutine il suffit de faire connaître son soutien ».
Elle confirme «bien sûr, il a des commandos tchèchènes pro-Poutine visibles, mais il y a aussi des volontaires, très bien éduqués ettrès entraînés qui se fondent dans la population et agissent en cas de combats ».
Olga est russophone, « j'aime les Russes, mais Poutine est dangereux », elle est photographe, «j'ai des photos, mais si je les publie, je mets ma famille en danger ». Elle confie : « dans l'auto quand ils m'ont arrêtée, s'ils m'avaient demandé si j'aime Poutine, j'aurais dit oui, pour mon petit garçon, dans ces cas-là vous savez, je n'en suis pas fière, mais on aime tout le monde ».
Si on l'interroge sur le drapeau noir et rouge, des ultra-nationalistes présents : «il faut arrêter avec ça, nous en avons, 3%, vous en avez 25 ! ».

Faire savoir

Hélène et Luc la cinquantaine, sont venus de Nantes, sans drapeau, avec un bouquet de fleurs et une pancarte « Mistral à vendre », « c'est la première fois qu'on manifeste dans la rue », « on n'a rien contre les Russes, on comprend que les gens se battent pour leurs emplois. On a connu la Yougoslavie, l'Europe qui n'a rien fait, on a eu honte. On veut juste dire « attention !».

De ce côté-ci du bateau les slogans « Poutine assassin » couvraient une peur réelle : « la guerre risque d'éclater et vous ne la voyez pas».

Étrange impression quand l'hymne Ukrainien est entonné par Wassili chanteur d'opéra venu avec un groupe en bus de Paris.

La centaine de personnes s'est ensuite dispersée. Les cars de gardes mobiles stationnés discrètement un peu plus loin n'auront pas eu à intervenir.

Auteur : LY | 10/09/2014 | 1 commentaire
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Vos commentaires

#1 - Le 11 septembre 2014 à 19h50 par Jean-louis Garnier
Ou étaient la limite de l'empire soviétique à la chute du mur ? ou est maintenant la frontière russe ?
Ou étaient les bases américaines les + proches de la Russie avant la chute du mur ? ou sont-elles maintenant ? c'est les russes que l'on ose traiter de dangereux expansionnistes fauteurs de guerre !?.

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