Saint Nazaire Infos

Manifestation devant la Cité sanitaire

La marche à blanc a été inaugurée par une manifestation.
Les personnels de l’hôpital aussi bien que des cliniques mutualistes ne sont pas satisfaits des conditions de travail.

C’était une manifestation symbolique puisqu’hier, les clefs de la cité sanitaire ont officiellement été remises à l’hôpital et au pôle mutualiste. Une partie des personnels des deux entités (un peu moins de 500 personnes sur les 2 600 employés de l’hôpital et les 500 du pôle mutualiste) ont débrayé entre 14 h 30 et 16 h 30 pour se retrouver en face de la cité sanitaire. La cité commence donc sa marche à blanc qui devrait durer 4 mois, par un baptême de foule. « Devrait » car les syndicats ne sont pas convaincus que les premiers patients pourront y entrer fin juillet puisqu’il y aurait beaucoup de réserves. « Mais pas forcément pour des choses importantes, ça peut-être pour une prise par exemple », positive Patrick Ollivier de la CFDT.

Des conditions de travail décentes

C’est toute la base de leurs demandes. Les effectifs sont en baisse : de nombreux services risquent de fonctionner avec un nombre de personnel insuffisant (deux infirmières pour 30 lits) pour apporter aux patients une prise en charge de qualité. La question des plannings est aussi au cœur des préoccupations : « les temps pleins et les temps partiels vont travailler un week-end sur deux, ce qui va créer un déséquilibre ; ils veulent faire travailler de force des personnes de nuit en journée alors que ce n’est pas utile … », cite Patrick Ollivier. Les salaires de nuit et de week-end sont diminués.
Des problèmes que retrouvent aussi les personnels du pôle mutualiste, comme Chantal et Odile, infirmières anesthésistes, qui remarquent une détérioration des conditions de travail. Le système est inversé : ce sont des nuits (et des week-ends), payés à 10 € (la nuit) que sont obligés de faire les personnels. « C’est très problématique pour les mères de famille », expliquent-elles. Chantal et Odile appréhendent l’entrée dans la cité sanitaire et, surtout, le travail aux côtés des personnels du public. « ça va être difficile : nous travaillerons ensemble mais nous n’aurons ni les mêmes salaires, ni les mêmes jours de carence, ni forcément de 13e mois … »
 

Auteur : AP | 01/03/2012 | 3 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 02 mars 2012 à 08h30 par REFRACTAIRE a encore frappé !!!
non c'est un problème de personnel qui est evoqué, pas des conditions de travail indécentes.

situation pas facile car on a laissé faire les choses pendant des décénies. ajouter à cela un contexte économique particulièrement compliqué. et on voit clairement que les pouvoirs publics ne savent pas comment prendre le problème du manque de personnel.

je rappelle que ces memes pouvoirs publics sont garants du service rendu aux citoyens.
deux exemples :
- réduction du temps de séjour en cas d'hospitalisation
- prise de conscience tardive des prothèses mamaires et de hanches

je pense que les pouvoirs publics gèrent le quotidien mais sont incapables d'anticiper ou d'identifier des problèmes de santé publics

pour revenir aux problèmes de personnels, j'aimerais entendre le discours des responsables. d'ailleurs on entend toujours le discours des syndicats mais pas des responsables sur le site.

bémole. locaux tout neufs et assurance d'avoir un salaire qui tombe a chaque fin de mois, c'est pas mal non plus.
#2 - Le 03 mars 2012 à 21h42 par Georges
bonjour, à lire votre commentaire, je n'ai pas le sentiment que vous connaissiez bien la situation du monde sanitaire aujourd'hui.

les conditions de travail se sont considérablement dégradées depuis le vote de la loi du 4 mars 2002. Cette loi a plonger le monde médicale dans une hyper judiciarisation et donnant tout droit aux patients. Au passage les négociation sur la légalisation de l'Euthanasie sont aujourd'hui orienter sur la pénalisation du refus d'Euthanasie des professionnels de santés. C'est vous dire le climat détestable dans lequel nous sommes.

Les professionnels de santé se font menacé du matin au soir par des personnes en colères, auxquelles la loi excuse tous débordements au prétexte de l'injustice de la maladie. De tous façons devant le tribunal, dans les cas impliquant une relation de soin, c'est à l'accusé de prouver son innocence comme du temps de l'inquisition. C'est une conquête des associations de patients. Bien ou pas, je ne suis pas la pour juger, mais pour faire état de la situation réelle.

De plus vous devez comprendre que la loi du 4 mars a conduit à une jurisprudence qui va dans le sens d'imposer aux corps soignant une obligation de résultat. Ce qui change considérablement la donne. Puisque jusque là il fallait juste tout mettre en œuvre pour sauver la vie. Aujourd'hui si vous n'arrivez à guérir une personne alors que c'est la norme vous êtes condamnable. Cette évolution conduit l'encadrement des hôpitaux à n'avoir qu'un rapport répressif avec les personnels. Et c'est normal, vu les enjeux.

Et enfin l'évolution de la santé qui fait qu'avec les 35H, il manque effectivement du personnel. (la flexibilité qui en découle (loi 35H) accrois la pénibilité). Mais le fait que les patients sont plus lourds. C'est une conséquence de la diminution du temps de séjour. C'est également une des raisons du mécontentement des usagers qui souffrent à domicile sans interlocuteur alors qu'ils sont opérés depuis seulement 4 jours.
#3 - Le 05 mars 2012 à 12h17 par REFRACTAIRE a encore frappé !!!
Georges

Je comprends bien et j'entends bien ce que vous dites. C'est d'ailleurs intéressant d'avoir cette vision.

Toutefois, c'est l'ensemble de la société qui évolue ; par forcément dans le bon sens je suis d'accord, mais elle évolue.
l'"hyper judiciarisation" que vous dénoncez, on la retrouve partout.
Mais cette évolution ne vient elle pas non plus aussi des médecins ? du corps médical dans son ensemble ? des instances ?. Aujourd'hui, un médecin appelle un malade un client et non plus un patient. Ca dénote d'un changement profond des mentalités et dévoile certaines motivations (surtout si on descend dans le sud de la France). Quand on voit certaines dérives du style "vous avez un rendez-vous pour voir le spécialiste dans 6 mois ; si vous voulez plus court, ca sera plus cher et en liquide", il faut aussi comprendre la position des patients. Les erreurs de prescriptions rattrapées par les pharmaciens ou pire les scandales des prothèses décrédibilisent un peu plus la qualité des soins apportées et le manque de confiance s'installe aussi progressivement.

Ne généralisons pas non plus. Un médecin ne se prend pas un procès par semaine comme un patient ne se fait pas avoir chaque semaine. Reconnaissons surtout que la qualité du corps médical en France est avérée et à souligner : une chance pour notre pays.

Mais il est vrai que les choses changent et tout le monde doit s'adapter.

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