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Mairie de Saint-Nazaire : la victime a parlé devant la presse de relation non consentie

Ce matin se tenait la conférence de presse de #ilsnenousferontpastaire où la victime visiblement choquée, au bord des larmes, a témoigné. Elle était entourée de femmes élues qui la soutienne. Elles se sont exprimées à tour de rôle. Elles demandent au maire de Saint-Nazaire de prendre toutes ses responsabilités par rapport à cette affaire d'une extrême gravité et à la chronologie des évènements.
#ilsnenousferontpastaire
#ilsnenousferontpastaire

Catherine Rougé Conseillère municipale

« Nous voulons tout d’abord remercier toutes celles et ceux qui nous ont fait part de leur soutien depuis une semaine. Des citoyennes et des citoyens d’horizons divers mais aussi des élus locaux et nationaux, des anciens ministres, des parlementaires, des associations, des militants de partis, nous ont encouragés dans une démarche éprouvante, mais au combien nécessaire.

Nous tenons par contre à dénoncer l’hypocrisie absolue des prises de position du RN, et nous refusons son soutien car c'est un parti qui a voté contre tous les textes majeurs sur les droits des femmes, notamment au niveau européen.

Nous sommes face à une procédure en diffamation et nous garderons une nécessaire mesure dans notre expression publique.

Cette situation, nous ne l’avons pas voulue. »

Laurianne Deniaud Adjointe au maire

« Nous sommes aujourd’hui attaquées alors que nous avons depuis un an tenté tout à la fois d’alerter le Maire et surtout de protéger les victimes potentielles.

Malheureusement nous avons été confrontés, comme nous le dénonçons dans une tribune, signée par onze élus de la majorité, à un mécanisme assez banal qui veut que quand des femmes alertent sur des violences potentielles, sur un environnement hostile, oppressant, sexiste, elles ne sont pas prises au sérieux et rejetées.

Vous le savez, en novembre 2017, alors que la parole des femmes commençait tout juste à se libérer, dans la foulée du mouvement #metoo et de l’affaire Weinstein, l’une d’entre nous nous a confiés avoir été victime d’une relation non consentie.

Après de nombreux échanges, devant ses témoignages réitérés et après avoir discuté de nos possibilités d’action, parce que d’autres éléments nous faisaient avoir d’autres inquiétudes, nous avons fait le choix d’alerter notre maire au cours d’un déjeuner qui a eu lieu le 27 avril 2018.

Notre volonté était de permettre au Maire d’agir au sein de l’équipe municipale pour protéger les victimes potentielles et prévenir toutes les formes de violence. Nous voulions le faire dans un cadre permettant au maire d’agir le plus efficacement possible, sans déstabiliser notre action municipale.

Quelques jours plus tard, l’adjoint concerné connaissait nos noms à toutes et celui de la victime potentielle ainsi que tous les faits qui lui étaient reprochés.

Le 4 juillet 2018, lors d’un déjeuner, le maire rencontre pour la première fois depuis notre alerte la victime présumée et recueille devant nous sa parole. Elle parle alors explicitement devant lui d’un rapport non consenti.

Le 8 septembre, nous envoyons un mail au maire à 5 élues afin de réaffirmer notre “ attachement au séminaire de formation autour des questions d’égalité femmes hommes et notamment des violences sexistes et sexuelles” au sein de la majorité municipale “et notre détermination à combattre ces violences et notre volonté de voir un temps conséquent de formation mis en place”.

Le séminaire demandé avec insistance, n’a jamais eu lieu. Nous avons juste eu une réunion de quelques heures sur la “parité” et des notions générale sur l’égalité femme homme.

Le climat de sexisme ambiant à la mairie y a même été évoqué par plusieurs élues, sans qu’aucune suite ne soit apportée.

En effet, lors de notre première rencontre avec le maire, nous l’avions également avisé de notre préoccupation sur le sexisme quotidien : plaisanteries graveleuses, propos totalement déplacés sur des femmes dont des collaboratrices, regards appuyés, considérations sur le physique, pseudo anecdotes sur la sexualité, cadres de décisions uniquements masculins sur certains sujets, tribunes masculines et non mixtes dans des événements publics pour ne parler que des manifestations les plus visibles d’un problème ancré.

Rien n’a changé.

Avant nous nous saurions tu. Je sais ce que c’est de ne pas avoir vu, de ne pas avoir su entendre.

Aujourd’hui nous avons parlé. Même attaquée en diffamation je parle parce que je n’ai pas peur, nous n’avons plus peur. »

Gaëlle Bénizé Thual Adjointe au maire

« Nous avons agi uniquement dans le but de faire avancer le problème grave qui nous était posé. Nous avons dépensé une énergie conséquente pour que la parole de la victime potentielle puisse être entendue, écoutée et prise en compte et qu’elle soit réellement accompagnée.

A chaque fois que nous avons demandé ce qui était fait, nous nous sommes heurtés à un mur. A chaque fois on nous a dit que, si il n’y avait pas de plainte il n’y avait pas de sujet.

Tandis que nous multipliions les sollicitations pour obtenir ne serait-ce qu’un séminaire sur les violences faites aux femmes, nous étions les cibles de rumeurs, de déstabilisation, de marginalisation et de dénigrement.

Nous avons été sincères, confiantes et loyales. nous avons à plusieurs reprises tendu la main pour traiter la situation mais le silence en face a été assourdissant.

Jusqu’à cette réunion du 6 mai 2019. À peu près au moment où le maire dit aujourd’hui avoir saisi la procureure, – il y a des contradictions dans la date supposée de cette saisine –, il convoque, comme cela arrive fréquemment, une réunion des adjoints socialistes.

Lors de cette réunion, nous n’avons pas choisi de parler du sujet.

C’est le maire qui l’aborde et qui lance la discussion, parlant de “rumeurs sur une agression sexuelle” sur un “conflit entre deux adjoints”. Ce sont deux adjoints proches de Martin Arnout, qui donneront son nom et celui de la victime présumée et enjoindront les élues femmes présentes à s’exprimer.

Contrairement à ce que l’on a lu dans certaines éditions, Laurianne Deniaud n’a pas “accusé Martin Arnout”. Elle a précisé la gravité et la nature des faits qui lui avait été rapporté et étaient alors évoqués : pas “une rumeur d’agression sexuelle”, mais un rapport non consenti, c’est à dire un viol potentiel.

C’est un mail établi dans les minutes suivant la réunion par le directeur de cabinet du maire qui a servi de prétexte au dépôt de plainte de Martin Arnout.

Laurianne Deniaud, est aujourd’hui poursuivie pour diffamation alors même que depuis une année, nous avions choisi de n’aborder cette situation qu’avec le maire et dans aucun autre cadre, public ou municipal, respectant en cela la volonté de la victime présumée ainsi que notre choix de continuer à travailler pour notre ville.

Pourquoi sommes-nous obligés aujourd’hui de réagir et de nous adresser à vous ?

C’est parce que M. Arnout, a décidé de faire un procès à l’envers faisant des femmes des accusées.

Aucun élément de plus que ceux qui étaient déjà en possession du maire depuis plus d’un an n’est apparu dans cette réunion, qui était visiblement destinée à nous piéger.

Alors que pendant un an nous n’avons pas parlé à la presse ni provoqué d’échanges sur le sujet en mairie, nous avons été ces derniers jours coup sur coup convoqués à une réunion sur le sujet que nous n’avions pas provoquée et confrontés à la médiatisation du sujet, que nous n’avons pas initié

Nous ne nous sommes exprimées publiquement la semaine dernière que par ce que nous savions qu’un article allait sortir dans les heures suivantes .

La procédure en diffamation contre Laurianne Deniaud est le résultat d’une stratégie.

Elle a conduit pendant une année à éviter de regarder la réalité en face. Elle continue aujourd’hui dans une stratégie médiatique destinée à diaboliser, à décrédibiliser, à caricaturer toutes celles qui ont tenté de lancer l’alerte, plutôt que d’assumer les erreurs et les fautes qui ont été commises.

La réaction du maire depuis un an, et son absence de soutien à Laurianne Deniaud, sont largement insatisfaisants et même préoccupants.

Son communiqué glacial d’hier l’est encore davantage. Aucun mot d’empathie pour la victime présumée. Alors que nous avons dans cette salle une victime présumée et une femme attaquée en justice, il explique que tout va bien à Saint Nazaire et que c’est nous qui serions les “tribunaux populaires”.

Mais c’est nous qui sommes aujourd’hui livrées à la vindicte. » 

Catherine Rougé

« Bien sûr, il est fondamental que la justice fasse son travail sereinement. Nous connaissons ses limites, mais nous avons confiance en elle, qu’il s’agisse de la plainte en diffamation ou du fond de l’affaire. Et nous sommes attachées à la présomption d’innocence . Mais la responsabilité devant la justice ne doit pas exonérer la collectivité de ses propres responsabilités vis à vis des agents et des élus.

1 femme sur 5 est confrontée à une situation de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle. 20% des femmes et des hommes déclarent connaître au moins une personne ayant été victime de harcèlement sexuel dans le cadre de son travail. (chiffres défenseur des droits 2014). Dans une collectivité où travaillent un millier de femmes, si aucun cas ne remonte, ce n’est pas parce qu’ils n’existent pas : c’est parce que la chape de plomb est trop lourde. Le nier revient à l’alourdir davantage.

Un employeur a des obligations face à ce type de signalement de nature juridique et disciplinaire. (code du travail, kits édités par le Conseil supérieur de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes).

Nous avons découvert ces derniers jours que le maire a saisi la procureure avec un article 40 plus de 10 mois après que la victime potentielle lui ait confié devant témoins ses souffrances et une relation non consentie.

Comme la loi l’exige pourtant, aucune enquête interne sérieuse, objective et impartiale n’a été réalisée ni à la ville ni à l’agglomération..

A plusieurs reprises je me suis par ailleurs inquiétée du manque de moyens humains et de l’absence de budget dédié à la délégation égalité femme -homme. Je n'ai obtenu à ce jour aucune assurance ni aucune promesse à ce sujet.

Le 1er février 2019, les élus EELV ont demandé la mise en place rapidement d’un protocole pour recueillir la parole des femmes victimes de violences sexistes et sexuelles pour les agents et les élus de la ville et de la CARENE.

Ce protocole n’a toujours pas été mis en place à ce jour.

Je précise que les élu.e.s communistes ont été mis dans la confidence de ces faits beaucoup plus récemment. »

Sarah Trichet Allaire Conseillère municipale

« Nous sommes fiers d’être dans ce groupe qui a entendu et écouté la parole d’une femme.

Nous sommes fiers de ce collectif composé de femmes et d’hommes courageux qui n’acceptent pas qu’une femme puisse être attaquée en diffamation pour avoir soutenu une victime potentielle et lancée avec d’autres l’alerte.

Nous sommes inquiets que cela ne soit pas général au sein de la majorité municipale.

Nous voulons redire les choses avec force: il n’a jamais été question d’une stratégie contre David Samzun mais bien de se poser la question de comment on doit traiter cela dans une collectivité et dans une majorité de gauche et écologiste.

Soutenir la libération de la parole des femmes, ce n’est pas une posture, ce doit être des actes.

Pourquoi cette fixation vis-à-vis de la victime potentielle à déposer plainte, si ce n'est considérer sa parole comme une imposture ? Le fondement du féminisme, c'est d'abord croire les femmes quand elles disent avoir été usées ou abusées sexuellement par des hommes. Croire les victimes après leurs témoignages, leur apporter soutien et accompagnement mais aussi prendre les moyens d'investiguer, ce qui n'a pas été fait.

Nous voulons adresser un message aux femmes de notre ville victimes de violences sexistes et sexuelles, nous voulons leur dire qu’elles peuvent parler, que c’est leur droit, que chaque témoignage nous rend toutes plus fortes. Des associations formidables existent pour les accompagner. Elles nous ont aidées, elles pourront les aider demain.

Compte tenu de ces éléments et du témoignage qui va suivre nous demandons que le maire prenne désormais enfin toutes les responsabilités qui sont les siennes. »

Gaëlle Betlamini-Da Silva Conseillère municipale

« Je suis Gaelle Betlamini Da Silva, je suis celle qui a parlé.

Parler pour survivre, pour trouver aide et soutien.

Avant, c’était silence pour préserver ma famille, mes enfants, mon mari. Ne pas les exposer à davantage de souffrance.

La priorité était de me reconstruire, de réinventer comment vivre après avoir tout perdu, mes repères, mes fondamentaux.

Aujourd’hui, je suis dans l’incapacité de travailler, je suis affaiblie physiquement de toute la violence déchaînée sur moi, sur nous.

C’est tellement injuste après avoir déjà subi tant de violence, qu’en parlant à notre maire en qui nous avions pleinement confiance, nous ayons subi et subissions encore davantage de violence, encore et encore, chaque jour l’escalade, pour me mettre à terre, m’écraser, me faire disparaître.

Ces femmes qui m’ont soutenue et accompagnée dès le début, ont subi la défiance, le rejet, et la violence à leur tour pour avoir accueilli ma parole.

Face aux injonctions à porter plainte, je vous informe que mon avocate Maitre Thoumine du barreau de Nantes, a pris attache auprès de la Procureure et que je me tiens à sa disposition dans le cadre de l’enquête ouverte. Par ailleurs, je me réserve le droit de porter plainte au moment qui me semblera opportun.

Ma vie m’appartient. »

05/06/2019 | 7 commentaires

Vos commentaires

#1 - Le 05 juin 2019 à 17h55 par Zébulon
Accablant pour le maire...
#2 - Le 07 juin 2019 à 09h54 par oui, Pornichet
Je ne vois pas en quoi le maire est concerné car c'est une affaire privée ou alors ces femmmes sont tout autant responsables de ne pas avoir fait le nécessaire puisqu'elles étaient au courant de la situation !
#3 - Le 07 juin 2019 à 20h31 par Jean-Michel DOYON, Saint-nazaire
C'est quoi cette salle dégueulasse? Elles n'ont pas eu accès à mieux? On dirait une conférence de presse clandestine du FLNC ;-)
#4 - Le 09 juin 2019 à 07h48 par Tristefesse, La TrÉballe
Soutien à toute ces femmes
Honte au maire et sont adjoint
Démission !!!!

#3 La salle à l'air dégueulasse en effet, mais ces dames ne respirent pas non plus la joie de vivre

Je pense que leurs sincérités, est évidente sauf bien sur Deniaud qui voit la un marche pied pour ses ambitions politiques démesurée

Rappelons que cette dame ancienne responsable des jeunesse socialistes et collaboratrice de Hollande soutenait de facto le violeur DSK
#5 - Le 12 juin 2019 à 00h16 par Pierre Tranvouez, La Baule
@Tristefesse Honte de quoi? Qui vous dit que la relation n'était pas consentie? Il y a eu violence? Et Madame prenant conscience de l'adultère, devient victime. C'est une réaction naturelle.

On a demandé quoi au maire? de virer l'adjoint, soit disant coupable?
Tout le monde parle, et il n'y a aucune justice.
En tout cas pour un viol, la victime prend le temps de s'épandre autour d'elle mais n'a toujours pris les mesures pour que la Vérité éclate en portant plainte.
#6 - Le 12 juin 2019 à 10h04 par sainte radegonde, Moulinsart
"chef un ptit coup ! on a soif " chanson du grand jojo .
" J ai glissé chef "
#7 - Le 12 juin 2019 à 12h26 par Tristefesse, La TrÉballe
#5
Vous avez partiellement raison
Si j'ai parlé de honte concernant le maire c'est pour une raison très simple, il était au courant depuis plus d'un an, c'étais à lui d'exiger de la plaignante qu'elle porte plainte contre son agresseur "SI" ce viol à bien eu lieu, ou alors si c'est une relation consentie d'exiger de la victime qu'elle se taise à jamais.Ce qui devenait une affaire privé d'adultère entre deux adultes consentant

Si il n'y a pas eu violence, mais acceptation () sous l'effet de l'alcool ou autre substance pendant une soirée festive c'est autre chose (Mais quand une femme dit non, c'est non)

Qu'une première relation non consentie débouche ensuite sur d'autres cette fois ci consentie pose question

Maintenant que le nom de tout les protagonistes a été diffusé dans la presse , la victime ne peut plus prétendre protéger sa famille je ne vois pas en effet pourquoi elle ne porte pas plainte

L'avenir nous le dira,et je ne suis pas juge

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