Ambiance décontractée et amicale pour la rencontre entre le public nazairien, l’auteur Mustapha Benfodil et le metteur en scène Kheireddine Lardjam. La pièce Les Borgnes de Mustapha Benfodil traite de la question du regard avec une famille dont tous les membres sont borgnes. Le texte n’est pas encore complètement fixé (les premiers jets datent de 2008), mais les grandes lignes sont là : Samir est un bébé enlevé qui a grandi dans le giron d’un homme de pouvoir, un ancien poseur de bombe qui a gravi les échelons de l’armée. « Je travaille beaucoup sur la nuance : Samir va se réclamer de ses deux pères après un cheminement très complexe », commence Mustapha Benfodil. Synopsis complet de la pièce sur http://www.lefanal.fr/spectacles_prog.cfm?id_fiche=340&lemois=03. Kheireddine Lardjam fait beaucoup d’aller/retour entre la France et l’Algérie depuis 2002 pour présenter ses spectacles. Le projet de sa compagnie (El Ajouad) est de faire découvrir les auteurs contemporains algériens. Un pari qui semble réussir puisque les deux hommes étaient au Fanal le 7 novembre et y reviendront pour la représentation de la pièce. « Ce texte, c’est le regard d’un auteur algérien sur l’Algérie d’aujourd’hui », ajoute Kheireddine Lardjam.
Comment faire autrement dans le contexte actuel ? Chose qu’il n’avait jamais faite, Mustapha Benfodil traite dans cette pièce le sujet de la guerre d’Algérie en filigrane de l’histoire de Samir. « Je ne voulais pas écrire sur la guerre d’Algérie, c’est avec la crise de la quarantaine que je m’y suis mis. Parler de Melouza, fait encore l’effet d’une bombe », explique l’auteur. Et ce d’autant plus que l’année prochaine, c’est le cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. La pièce devrait donc susciter la polémique ; ça va être le déballage de toutes les certitudes. « Beaucoup de choses font écho à ce qui se passe dans le monde arabe aujourd’hui, mais le texte a été écrit bien avant. Les gens ne connaissent pas bien les pays arabes. C’est l’arrivée d’une nouvelle génération. Là où je reste très optimiste, c’est que la jeunesse – représentée par Samir – a conscience d’un gros travail pour construire les citoyens. J’espère que d’autres vont revenir – comme Sara, la femme de Samir - et croire en l’avenir du pays. La nouvelle élite est en train de se construire », conclut Mustapha Benfodil.
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