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Les Aubes Électroniques : première rencontre des cultures électro-acoustiques

Ce week-end, la ville de Saint-Nazaire accueille son premier festival de musiques électroniques. Les Aubes Électroniques se dérouleront du 23 au 25 février prochain.
Kevin Rongeval et RaphaelleTemplier
Kevin Rongeval et RaphaelleTemplier

Pour la première fois sur le port de Saint-Nazaire, le festival Les Aubes Électroniques propose une immersion de deux nuits complète, les 24 et 25 février, au cœur du mouvement électro. La ville qui n’avait pas de grands événements dans le champ des musiques électroniques, des cultures innovantes et indépendantes, a choisi de soutenir ce projet présenté par deux passionnés : Raphaëlle Templier et Kevin Ringeval. Un bel appui également du côté des Escales avec Patrice Builting a vu le jour dès septembre. Comme le souligne Kevin « L’idée est née d'une rencontre entre Raphaëlle et moi-même dans le cadre des découvertes du Printemps de Bourges. À l’été 2011, je suis venu sur Saint-Nazaire notamment pendant Les Escales et ça a tout de suite été un coup de foudre pour la ville et le lieu du festival ». Voyant que la ville manquait d’événements forts sur la période hivernale, Raphaëlle et Kevin ont eu l’envie d’implanter quelque chose afin de faire vivre le territoire. Dès septembre 2011, ils ont présenté le projet à l’équipe d’Éric Prévost, maire adjoint chargé de l'attractivité et du rayonnement (culture, sports/loisirs, économie de proximité, relations internationales, coopération, tourisme, grands événements), qui a répondu très favorablement.
À la question « pourquoi le choix des musiques électroniques » Kevin et Raphaëlle répondent « Parce qu’on a constaté que le VIP déjà remplissait bien sa mission de promotion des musiques actuelles. Par ailleurs Nantes étant bien doté, on a choisi de se concentrer sur une esthétique électronique puisqu’il y a quand même un bon potentiel de public sur le bassin nazairien ». Des mots qui ne sortent pas de la bouche de novices puisque Kevin Ringeval est le programmateur du festival Patchwork et de la Caserne, ainsi que le conseiller artistique du Printemps de Bourges. Comme l’explique Raphaëlle « Kevin a parcouru un gros chemin sur Paris dans le domaine des musiques électroniques, notre rencontre c'est la complémentarité des deux structures ». Raphaëlle sait de quoi elle parle puisqu’elle dirige la société Sonar Communication et a monté l’association Borderline qui vise à soutenir et accompagner les artistes de la région Pays de Loire.
Un festival sur trois jours avec deux temps forts
Le déroulement du festival se passe en trois temps, trois soirées dont deux nuits « carte blanche ». Jeudi 23 février, une soirée organisée au VIP est dédiée à la diffusion de musique. Les spectateurs pourront redécouvrir à travers la projection du film "23 minutes Warning"  les débuts du collectif Spiral Tribe, un débat suivra la projection, animé par Simon Carter et Sebastian Vaughan ainsi qu'un DJ set afin que le public comprenne ce qui va être proposé à la ville. Comme le souligne Raphaëlle « Il s’agit d’avoir un temps qui permette au public de venir rencontrer les artistes qui vont jouer durant l'évènement ».
Vendredi soir et samedi soir, des nuits complètes sont initiées pour mettre en avant des collectifs reconnus ou émergents. Spiral Tribe, pionnier de la musique électronique au début des années 90, viendra animer la soirée de vendredi soir. Une soirée peut être un peu plus pour un public féru et connaisseur. Le groupe fait une minitournée de quatre dates en France, à savoir que cela faisait presque une quinzaine d’années qu’il ne s’était pas reformé. Comme le souligne Kévin « On a sauté sur l’occasion car c’est intéressant pour l'histoire des musiques électro, c’est d’autant plus intéressant de défendre les musiques électroniques en ce moment avec Spiral Tribe car cela nous permet de revenir dans une époque qui n’est  pas si loin où les choses étaient autorisées dans notre pays. Aujourd’hui, Sarkozy et Mariani ont fait et font tout en sorte pour que les free party soient interdites. Intéressant politiquement car il faut aujourd’hui se battre pour acquérir de nouvelles libertés car on vit dans un pays qui régresse au niveau des lois ». Et d’ajouter « Musicalement, les Spiral Tribe n'ont pas pris une ride. On ne se rend pas suffisamment compte à quel point ils ont nourri toute une génération de musiciens. Ils ont été les initiateurs de quelque chose en France. C’étaient des Anglais expatriés en France ! »
Samedi soir, la carte blanche est donnée à Cabaret Freaks avec : Elisa Do Brasil, Mr Magnetix, ZôL et quelques performeurs, sources de la musique électronique : Dr Mozz, Dintjan Cabaret Club, TIA, Bogan , Pink vador anakine, Mars Eyes. Le samedi se voudra plus ouvert, plus populaire voire plus dansant. Un intérêt particulier est porté à la qualité du son et la scénographie.
 

Les musiques électroniques dans le paysage français

Comme l’explique Kevin, il y a moins de propositions pertinentes musicalement en France, faute de lieux pour accueillir les artistes de musiques électro-acoustiques. « Même dans une capitale comme Paris on s'aperçoit qu'il y a très peu de clubs, et très peu de lieux de diffusion qui accueillent les performers, Dj… Les SMAC* ont à leur tête des gens qui ont une culture rock plus qu'électro ». Il insiste sur le fait qu’il y a un vrai problème de gestion car les budgets du ministère de la Culture ne sont plus assez importants pour faire une place à la musique où à l'art. Concernant les jeunes artistes français, ils partent généralement à l’étranger faire de la musique électronique car d’autres lieux en Europe peuvent les accueillir, des lieux comme la Grande Bretagne, l’Allemagne, La Suède…
Forts de leur expérience, et enthousiastes à l’idée de créer ce nouvel événement, Raphaëlle et Kévin soulignent « On a de la chance d'avoir eu le soutien d'Éric Provost qui s’est tout de suite montré très encourageant. Aujourd’hui, les lieux alternatifs ferment d'année en année, les lois sécuritaires font que cela devient terrible d'être artiste dans ce pays. On veut quelque part empêcher de faire naître une contre-culture c’est pourquoi le gouvernement ne défend plus que le patrimoine. Mais cela fait une génération qui ne se projette pas ! Cet événement on le veut vraiment ouvert. On espère faire assez d’entrées pour avoir la possibilité de pérenniser l’expérience ». En attendant chacun conseille d’écouter d’ici vendredi, la nouvelle production de Zôl et Mektoub pour Raphaëlle et le dernier Django Django pour Kévin. À vos écouteurs…

 

Pratique :
http://www.aubeselectroniques.com


 

Auteur : SD | 21/02/2012 | 0 commentaire
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