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Le Centre de Culture Populaire

En 2013, cela fera 50 ans que le Centre de Culture Populaire milite pour l’intégration de la culture dans le monde du travail. Retour sur une histoire qui a marqué la politique culturelle nazairienne.

Le Centre de Culture Populaire est une association loi 1901 à vocation culturelle créée en 1963. Il organise toute l'année des rencontres autour du spectacle vivant, de la lecture, de l’écriture, du cinéma, de l’image...

Histoire de militantisme

Le Centre de Culture Populaire est né de la volonté de syndicalistes et du comité d’entreprise de l’Aérospatiale, aujourd’hui Airbus. « À l’époque le comité d’entreprise était tenu par la CGT, mais rapidement les unions locales et la CFDT se sont intéressées aux actions culturelles » comme le souligne Serge Le Glaunec, administrateur et membre du bureau du CCP. Des propositions de regroupement ont été faites au sein des unions locales pour élargir à d’autres comités d’entreprise. La Fédération de l’Éducation Nationale, aujourd’hui la FSU, les syndicats CGT et CFDT ont répondu  et ont fondé l’association inter-comités d’entreprise, le Centre de Culture Populaire, en 1963. L’association naît dans un contexte où la proposition culturelle est réduite à Saint-Nazaire. « Il faut se souvenir qu’il n’y avait pas d’école de musique, pas d’école de danse. Il y avait une maison des jeunes et d’éducation permanente mais qui n’avait le rôle que d’une maison de quartier améliorée à l’époque ! ». Dès sa première année, le CCP   recrutera un animateur théâtre et fera des propositions en vendant des billets pour des représentations pour les comités d’entreprises ainsi que sur l’ensemble de la ville de Saint-Nazaire.

Un objectif de démocratisation culturelle avant Malraux

Aujourd’hui, les actions du CCP se déclinent directement dans les entreprises, certaines sont réalisées en inter-comités d’entreprise. Le centre monte de nombreux partenariats. Depuis l'origine, l’objectif est de permettre à des salariés d’avoir accès à l’art et faire surgir une culture du monde du travail. Avec Malraux, la démocratisation culturelle se développera et en 1965, le CCP est agréé d’éducation populaire. À ses débuts « Le CCP souhaitait donner la parole aux travailleurs, entendre la culture ouvrière pour qu’elle dialogue avec l’ensemble des représentations culturelles » souligne Serge. C’est toujours le cas aujourd’hui.
En 1975, Le CCP a fait appel à René Vauthier pour la création d’un documentaire « Quand tu disais Valéry » qui retrace l’histoire de l’entreprise Sotrimec, la première délocalisation franco-française. Le film retrace la longue grève des ouvriers de l’usine de fabrication de caravanes Caravelair à Trignac, guidés par les syndicats CGT et CFDT. Le film a marqué la ville de Saint-Nazaire car il fut le premier à donner l’image des luttes sociales.

Chaque année les arbres de Noël vont réunir les salariés devant un spectacle sous chapiteau place Marceau. Un événement dans une ville où l’offre est encore peu variée. Des animateurs seront recrutés. « Presqu’île à vendre », écrite par Georges Drano et Nicole Rannon avec la participation de Charles Perraud et montée par un groupe acteurs amateurs en 1974 est la première création du CCP. Cette pièce dénonçait les projets d’Olivier Guichard qui souhaitait faire une rocade traversant les marais salants pour faire l’actuelle route bleue. Le CCP avait travaillé avec les paludiers qui sont venus dans les ateliers.

Les années 80

Avec la décentralisation culturelle le CCP ne trouve plus sa place. Le financement de l’association est remis en cause par la Ville ainsi que sa capacité à être diffuseur de culture sur le territoire. « Quand on coupe les deux ailes à un canard il ne vole plus » ajoute avec dérision Serge Le Glaunec.
Le CCP  se recentre alors sur l’action dans les comités d’entreprise. C’est la création de la médiathèque des Chantiers de l’Atlantique. Afin d’avoir une offre de qualité, le CCP propose aux comités d’entreprise d’investir dans la vidéo pour créer également une vidéothèque. C’est au même moment que la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) souhaite s’engager dans les comités d’entreprises et soutenir leur travail. Naturellement, le CCP deviendra un pôle d’expérimentation.

Des ressources fragiles

Le budget du CCP est de 370 000 €,  30 000 € sont versés par la Ville de Saint-Nazaire, 53 000 € correspondent aux cotisations des adhérents, le reste est reçu dans le cadre d’appel à projets par la DRAC, la Région et le Département.
« Cela signifie que le jour où l’on a une baisse des subventions, on sera en difficulté pour financer les salaires ». L’association souhaiterait aujourd’hui avancer vers un autre type de reconnaissance qui serait plutôt celui de Centre de Ressources sur les Cultures du monde du travail et lui permettrait de bénéficier d'autres types de dotations.

Les résidences d’artistes, le dialogue

Aujourd’hui, le CCP travaille sur la résidence qui permet cette rencontre entre le créateur et le monde du travail. L’artiste débarque dans un monde inconnu. « Notre objectif est toujours le même, permettre cette rencontre entre le monde du travail et la culture. Les uns et les autres doivent se rendre compte qu’il y a une représentation du monde, une réflexion qui se met en dialogue ». La résidence d’artistes est un travail de représentation. L’artiste vient prendre le regard de cette culture ouvrière pour lui donner de l’épaisseur. En 2012/2013 le thème sera l’image.

Besoin de se reconnaître

Le CCP sait aujourd’hui que la médiathèque des Chantiers de l’Atlantique, bien qu'ouverte à tous les salariés des CE de Saint-Nazaire, est beaucoup moins fréquentée depuis que les directions ont supprimé le restaurant ouvrier.« On abîme le travail aujourd’hui car on ne permet pas à une communauté de se reconnaître et donc de reconnaître ce qu’elle fait. Cela joue contre le travail lui-même et pas simplement contre les salariés. Quand on ne leur permet plus de se réunir pour manger, de prendre le temps, on détruit la culture, on détruit la confiance en soi ».
 « On a besoin du regard de l’autre pour se rendre compte de la pertinence du travail. Chaque travail nécessite une intelligence du travail lui-même ».

Pour les 50 ans en 2013, l’association souhaite rappeler qu’avec le Centre de Culture Populaire, « Des énergies et des gens ont vécu grâce à ça, certains ont découvert une manière de militer et la façon dont est construite la proposition culturelle de Saint-Nazaire est marquée de l’empreinte du Centre de Culture Populaire ».
Pour plus d’informations : http://www.ccp-asso.org

Auteur : SD | 19/03/2012 | 1 commentaire
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Vos commentaires

#1 - Le 21 mars 2012 à 22h29 par YAJ, St Nazaire
Un très bon article avec un historique intéressant.
Espérons que les nazairiens se réapproprient cette associations à l'occasion de son cinquantenaire

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