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La mort des avocats

En signe de protestation les avocats du barreau de Saint-Nazaire se sont couchés par terre dans l’entrée du tribunal pour protester contre la réforme « mortifère » de leur profession.

Les avocats du barreau de Saint-Nazaire ont rejoint le mouvement national et sont en grève des gardes à vue et des audiences depuis le 5 novembre. Le président du conseil national des barreaux a sollicité un rendez-vous avec le premier ministre vendredi prochain. A Saint-Nazaire une demande d’audience a été faite au maire et aux élus députés et sénateurs.

Pour Maître Gaborit nouveau bâtonnier ces projets de réforme sont très « anxiogènes » « le gouvernement veut réformer une profession de fond en comble sans aucune concertation, ce qui pourrait supprimer la justice de proximité. »

Parmi les principaux griefs des avocats le ministre Emmanuel Macron  souhaite réformer « la postulation » à savoir qu’un avocat ne pourra plus aller plaider pour son client dans toute la France. Il sera obligé de prendre un avocat local.

Autre grief, celui d’ouvrir le capital des cabinets d’avocat à des tiers ou des personnes qui ne sont pas avocats. « Cela pose un énorme problème pour le maintien du secret professionnel explique Benoît Gaborit » Ce projet ouvre aussi la porte au statut « d’avocat au sein de l’entreprise actionnaire du cabinet ».

Mais le premier sujet de contestation des avocats est la revalorisation de l’aide juridictionnelle. « Là aussi il y a un manque total de concertation avec Madame Taubira. L’aide juridictionnelle nous accorde 44 €/h  alors que les charges fixes représentent 77 € /h. Alors que la profession est très ouverte à la concurrence, certains avocats refusent d’intervenir avec l’aide juridictionnelle et c’est ainsi le justiciable qui est pénalisé » précise Maître Gaborit.

Les avocats des barreaux de plusieurs grandes villes de l’Ouest se réuniront à Nantes vendredi à 14 h 00 pour remettre une motion au préfet.

Maître Gaborit batonnier
Maître Gaborit batonnier
Auteur : JBR | 17/11/2014 | 2 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 17 novembre 2014 à 18h02 par gt
La Justice française est sinistrée avec ses magistrats et ses avocats procéduriers qui génèrent des coûts considérables au détriment du bon sens.
Cette manif des avocats ne pas pas améliorer leur image. L'aide juridictionnelle est galvaudée, souvent au service des même voyous qui sont le fond de commerce des avocats de province.
#2 - Le 19 novembre 2014 à 14h40 par SAF MONTPELLIER, Montpellier
Si ce projet comporte de timides avancées en faveur du justiciable comme la suppression du tarif obsolète de postulation et l’obligation des conventions d’honoraires, il vise d’abord à faire entrer l’avocat dans la grande compétition internationale du monde des affaires.

Pourtant, l’indépendance de l’avocat, le secret professionnel, la responsabilité professionnelle ou l’exercice de ses missions sur tout le territoire n’ont pas pour objet de protéger une corporation mais bien de garantir aux justiciables et à tous les citoyens une prestation sûre et de qualité, quelle que soit leur situation.

Sous couvert de création d’emploi et de baisse du pouvoir d’achat, le Gouvernement brade la profession d’avocat !

Ce projet est très éloigné de la préoccupation de l’accès au droit et à la justice et ne peut être déconnecté de l’absence de solution en matière de financement de l’aide juridique dont les discussions sont, une fois encore repoussées au budget de l’année suivante. Le rapport CARRE PIERRAT proposait pourtant une taxation des actes juridiques soumis à enregistrement qui, par un simple prélèvement complémentaire de 3,5 %, fournirait à elle-seule une ressource additionnelle d’environ 313 M €, soit le quasi-doublement du budget demandé par la profession.

Les avocats sont pourtant disposés à être créatif sur leur exercice et faire en sorte que leur présence soit utile aux justiciables là où ils ne sont aujourd’hui pas ou peu défendus comme en matière d’expulsion locative ou de droit de la consommation. Ce n’est pas le choix de ce Gouvernement.

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