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La femme dans toutes ses diversités à la Bouletterie

À l’occasion de la semaine de la femme, la maison de quartier de la Bouletterie organise des temps d’échanges pour parler de la condition féminine. Ce mardi 6 mars, l’animation portait sur l’image des femmes, notamment comment elles se représentent.

Une petite dizaine de femmes étaient présentes pour cet atelier afin de comprendre quelles images la femme pouvait-elle avoir de sa condition. L’amplitude du sujet explique à lui seul la composition diverse de ce petit groupe de femmes venu à la maison de quartier de la Bouletterie pour cet après-midi. Alors, qu’en est-il ? Des images stéréotypées qui figent la place des hommes et des femmes dans la société ou des réalités diverses et variées qui contribuent à donner du sens à la femme dans toute sa globalité ?

Deux heures de rencontre inter-âges

Les femmes sont mères, les femmes travaillent, les femmes s’engagent, les femmes sont soucieuses de leur image, les femmes sont séduisantes, les femmes « doivent » être séduisantes… Tout faire est difficile, et dans tout ça elles n’ont même pas un peu de temps pour elles ! La maison de quartier de la Bouletterie aura compris que ces deux heures où se sont réunies des femmes de tous les âges sont importantes.

Le jeu était plutôt simple, les deux animatrices ont demandé que chacune d’entre elles choisisse parmi la vingtaine de photos celle qui représentait ce qu’elles étaient. Un tour de table et chacune des femmes présentes a pu s’exprimer et expliquer son choix. Deuxième tour, avec ces mêmes 20 photos, elles choisissaient celle qui leur paraissait le mieux correspondre à leurs envies, à leurs aspirations. Le seul fil conducteur de l’après-midi ? La discussion qui s’installe entre toutes pour voir comment elles pourraient chacune atteindre leur idéal. On en arrive à des positions surprenantes, toutes les plus différentes les unes que les autres.

Au premier tour, quand certaines et certains, car les hommes étaient également conviés, auront choisi des photos représentant plutôt des luttes syndicales, des îles désertes ou encore des armoires de bureau avec des dossiers classés de A à Z, d’autres choisissent la foule de gens à la plage, des paysages montagneux ou encore des terrains de football. Le lien entre tout ça ? Aucun, si ce n’est peut-être celui de l’expérience de vie.

Des représentations multiples

La photo représentant une lutte syndicale par exemple est choisie par Jocelyn car il a toujours vécu dans un environnement revendicatif et qu’il estime qu’il aurait du mal à s’en passer, « que ces mouvements-là ont un sens de la vie sociale comme il en existe peu ». Viviane, elle, aura choisi une photo d’armoire de bureau expliquant qu’elle a toujours besoin de gérer son temps, c’est ce qui lui permet de combattre son angoisse permanente, « c’est rassurant pour moi, c’est une question d’équilibre ». Plus tard elle expliquera que l’angoisse est arrivée au moment où elle est devenue mère, que depuis qu’elle est à la retraite elle n’est plus du tout une femme d’intérieur et qu’elle a besoin d’avoir des activités tout au long de la journée avec un emploi du temps rempli.
Marie-Claude de son côté choisit une photo de plage avec du monde « parce que cela représente beaucoup de monde, un rassemblement de famille et j’aime les rassemblements de famille, cela représente les associations dont je fais partie. Et puis j’ai rencontré mon mari à la plage ». Une manière d’expliquer, à 77 ans, que Marie Claude a besoin de donner, d’être dans l’action d’où son investissement associatif et d’être entourée. Chaque année elle se retrouve avec l’intégralité de sa famille en pique-nique où ils sont une soixantaine. On apprendra également qu’elle a participé il y a quelques années à la Marche des Femmes, un mouvement qui s’est rendu jusqu’à Bruxelles où 35 000 personnes s’étaient réunies, hommes et femmes, pour se faire entendre.

Des rêves variés

Deuxième tour de table, chacune a choisi une seconde photo…
Marie-Claude a choisi deux personnes dans un parc rempli d’arbres. Pourquoi ? Parce qu’elle a rêvé d’être paysagiste et qu’aujourd’hui, à la retraite, grand-mère et arrière-grand-mère, elle cultive son jardin elle-même et répète sans cesse qu’ « il faut prendre du temps ! Surtout les jeunes, les jeunes et en particulier les femmes n’ont plus de temps ». De fil en aiguille la conversation s’aventure sur les nouveaux statuts des grands-mères. Des grands-mères qui ne sont plus des femmes au foyer mais des personnes actives, des personnes qui s’investissent et retrouvent l’envie de vivre dans des activités qu’elles n’auraient pas faites avant.

Nelly choisit une photo de bateau car son rêve est de faire une croisière  en paquebot. Elle précise « Mes enfants ont tous eu et ont des bateaux, et bien je n’ai jamais fait un tour avec eux. En même temps ils vont faire des tours entre jeunes, ils sont à six couples sur le bateau il n’y a plus de place ! ». D’autres auront choisi la photo d’une nonne devant une bibliothèque et trouveront idéal de se poser des questions toute la vie et de ne jamais trouver de réponses. Une remise en cause sans cesse et en même temps une dévotion liée à la foi.

Une des animatrices expliquera qu’elle a choisi une photo de carte géographique car « Je souhaite voyager, j’ai été élevée dans le voyage avec mes parents et aujourd’hui je réfléchis à vivre tout ça avec mon fils. Ce qui est extraordinaire dans les voyages c’est la rencontre et je crois que l’on apprend beaucoup plus à travers l’expérience des autres plutôt que sur les bancs de l’école. C’est l’école de la vie ». Une discussion animée qui a fait se confronter les points de vue quant au fait de partir avec des enfants en bas âge. Viviane par exemple rappellera qu’il ne vaut mieux pas sortir des sentiers battus quand on voyage avec un enfant « Un enfant ne nous appartient pas, on est responsable d’un enfant. Tu es responsable de ta propre personne certes, mais ton enfant a confiance en toi et tu te dois de le protéger. On provoque un peu la malchance en allant voyager dans des pays à risques avec des enfants ». Une autre femme interviendra pour dire à l’inverse que cela démontre une assurance et une confiance en soi que la femme a pu également acquérir aujourd’hui.
Se succèdent des choix de photos tels qu’une photo de maison pour Évelyne, qui vit depuis 20 ans en HLM et souhaiterait pouvoir louer une maison individuelle. Un souhait désillusionné quant au système de locatif social puisque « Cela fait plusieurs années que je demande à Silène mais bizarrement je n’ai toujours pas de réponse. Peut-être je devrais faire du charme au directeur de Silène ». L’incompréhension se fera sentir auprès des femmes sur le système d’attribution des habitations à loyer modéré. Viviane, elle, prend une photo de ville expliquant « Moi je veux finir mes jours en ville avec du bruit qui me rassure, je ne veux plus vivre en campagne et aujourd’hui je vis en centre-ville depuis trois ans. Mon idéal est aujourd’hui d’y rester. J’ai choisi de quitter une maison de 250 m2 avec jardin en campagne pour avoir un appartement trois pièces à Saint-Nazaire. En campagne tu sors il y a du vert partout, moi ça me fout le cafard le vert ! Et puis cela me renvoie à une période de ma vie pas très heureuse ». Une façon de voir les choses totalement différentes de quelques personnes dans la salle aspirant plus à vivre en campagne et à ralentir leur vie trop impactée par le rythme effréné de la société.
La réunion se termine autour de petits gâteaux et chacune des femmes aura pu prendre la parole sur cette notion de condition féminine souvent galvaudée. Elles auront eu le temps de parler des difficultés rencontrées par les femmes dans un monde qui évolue rapidement, trop rapidement. La maison de quartier aura donné le temps cet après-midi pour repenser la femme dans la cité et la Cité.

Auteur : SD | 06/03/2012 | 0 commentaire
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