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L’histoire de la boxe à Saint-Nazaire

Il faudrait bien des lignes pour raconter l'histoire de la boxe à Saint-Nazaire. MediaWeb, à travers les témoignages de ceux qui l'ont vécue, retrace cette formidable aventure du noble art dans la cité portuaire, indissociable de l'histoire de la ville.

Ici, les gens sont durs au mal, car la vie est un défi, ce qui explique pourquoi ce sport avec le Rugby fait partie, du patrimoine local.
Grâce aux témoignages des anciens champions et à Guy Belliot, véritable référence historique qui dispose d'un musée d'archives uniques, nous allons essayer en quelques épisodes de vous raconter la légende de ces hommes qui ont rempli des salles entières et les ont enthousiasmées.
Tout démarre après la deuxième guerre mondiale, le premier boxeur professionnel sera un pêcheur, Maurice Souchard, qui brillera sur les rings dans les années 1948 à 1952.
Mais tout commence véritablement avec celui qui va enflammer les foules.
 

Charles Colin

Charles Colin
Charles Colin

C’est Charles Colin qui va donner ses lettres de noblesse à la boxe nazairienne en étant champion de France des mi-lourds le 6 Décembre 1953.
« Si Charles Colin peut se relever, on peut se relever aussi. »
Cette phrase symbolisait la lutte permanente des ouvriers dont Charlot était l'idole.
Considéré comme le plus gros frappeur français, il va disputer un Championnat d'Europe qu'il perdra le 26 Février 1956 contre l'Allemand Gerhart Hecht.
Sous les Hangars du port, devant près de 8 000 spectateurs, il fut battu par jet de l'éponge de son manager Gaston Charles-Raymond à la 13e reprise.
On peut lire dans le Miroir des Sports de l'époque.
« Hecht, plus expérimenté, réussit à tenir Colin à distance et à accumuler les points. Au 11e round, Hecht eut l'arcade ouverte et l'arbitre Italien Ermano Civelli prit l'avis du médecin.
Il fut reconnu en état de continuer, et ce fut Colin qui fut touché au menton, il prit le compte de 9 à la 12e reprise, se releva, fut sauvé par le gong, mais battu par jet de l'éponge au round suivant. »

Charles s'était encore relevé mais cela n'avait pas suffi.
Il gardera son titre jusqu'en 1959 et peut être considéré comme la première vedette sportive de Saint-Nazaire.
Il vit aujourd'hui au Croisic.
On n'oublie pas non plus le rôle joué par Monsieur Quefféléan dans la formation des boxeurs.
Dans ces années-là, on assistait aux combats dans la salle du Commandant Gaté, les grands championnats ayant lieu dans le Hangar de la Chambre de Commerce, à Penhoët.
Les années 50 furent aussi celles des frères Retail, Edmond et Yvon, Champions de France amateurs tous les deux, un en 1953, l'autre en 1958, Yvon étant battu plus tard par un certain Alphonse Halimi.

Les années Diallo

Marcel Moelo et Jean Jouan animèrent aussi les réunions nazairiennes, mais c'est Souleymane Diallo qui allait devenir le Champion des années 60.
Né en 1937, il arriva dans la cité maritime en 1962 pour redonner tout son lustre à la boxe locale après les années Colin.
Colin était un puncheur, Diallo était plutôt un styliste frappeur, ce qui allait bien plaire au public.
Il fut champion de France des moyens en 1963 en battant Hyppolite Annex par KO au 4e round.
Devant son public enthousiaste, il avait tenu sa promesse dans la ville qui l'avait adopté.
Le Miroir des Sports du 17 Juin 1963 relate :
« Sur le plan physique, Souleymane Diallo est un boxeur de qualité, mais pour devenir une grande vedette internationale, il doit s'installer dans une capitale comme Paris, Londres ou New York.
Or, Diallo vit à Saint-Nazaire, dans une ambiance exceptionnelle où il est gâté, choyé et la presse locale et son public veut le garder dans son port d'attache. »

Il disputera un Championnat d'Europe le 23 Novembre 1964 à Paris contre l'Italien Visintin qui l'emportera par KO au 14e round.

Souleymane Diallo et Pedro Sevilla se souviennent

Pedro Sevilla
Pedro Sevilla

Nous sommes allés rencontrer Souleymane Diallo chez lui où il nous a reçus avec sa gentillesse habituelle.
« J'avais fait de la boxe à Dakar, mais c'est quand je suis arrivé à Toulon, (car j'étais marin sur le Jean Bart), à l'âge de 20 ans que j'ai vraiment commencé à boxer ». Se souvient Souleymane.
Puis ce fut le championnat de France amateur, l'équipe de France, les JO de Rome en 1960 où il côtoya Cassius Clay au village olympique.
Messieurs Fogiel et Codal qui voulaient un successeur à Charles Colin firent appel à lui et il devint le grand champion de la ville de Saint Nazaire.
Aujourd'hui, il continue à s'entretenir physiquement, et garde bon pied bon œil dans sa maison de Kerlédé avec son épouse qu'il a connue ici.
Son fils Philippe est président de l'UCPF, le syndicat des présidents de club professionnels, une grande fierté pour lui.
Mais Souleymane a su garder une profonde modestie, une grande sagesse aussi, et il fallait le voir rire de bon cœur avec son ami Robert Lafon en se remémorant les souvenirs de ces formidables années 60.

Dans cette époque, on peut aussi citer Yvon David, Emile Le Gal, Bernard Rivaud, Pierrot Barbet, Jean Fouré et  Roger Zami.
Mais aussi Pedro Sevilla, que nous sommes aussi allés rencontrer chez lui, au Plessis.
Ce champion de Castille était venu très jeune tenter l'aventure de la boxe en France.
La vie était rude et il fallait se battre pour gagner le droit à une existence décente.
Avec son inimitable accent espagnol, Pedro de son vrai prénom Sylvestre, a su lui aussi conquérir le public des soirées du Hangar par son style inimitable, son sens de l'esquive et son courage.
« On disputait un combat par mois, mais ça ne suffisait pas pour vivre, il fallait travailler à côté ». Se souvient-il.
Mais Pedro n'était pas méchant, il avait du mal à achever un adversaire, mais quel beau boxeur !
« Pedro avait de la peine quand il cognait son adversaire.»Sourit sa femme en se remémorant ses combats.
Roger Zami arriva à la fin des années 60, il allait devenir champion d’Europe plus tard avec le célèbre manager Bretonnel à Paris mais eut une fin tragique.
Il anima au début de sa carrière les soirées nazairiennes.

L'analyse de Yvon Quefféléan

Pour clore ce chapitre des années 40, 50 et 60, il convenait de reprendre l'analyse du maître Yvon Quefféléan sur les boxeurs de cette époque.
Maurice Souchard
Une bonne décontraction, boxait avec sa tête, pas très rapide mais très scientifique
Charles Colin
La dynamite, il fallait que son adversaire lui fasse mal pour qu'il se lâche, un battant doté d'un bon bagage technique.
Jean Jouan
Dit le bouledogue, une allonge exceptionnelle, dont il savait se servir pour surprendre son adversaire, adroit et valeureux.
Marcel Moelo
L'escrimeur du poing, un direct du gauche sensationnel, il aurait pu aller très loin s'il avait soigné son entraînement.
Pedro Sevilla
Il est venu ici pour entraîner Diallo, mais a su s'imposer par lui-même, vaillant et endurant.
Roger Zami
Bagarreur à son arrivée, un cœur du tonnerre, a fait des progrès énormes, puis fut champion d'Europe avec Bretonnel.

La suite

L'épisode suivant concernera les années 70 avec Roland Cazeaux (champion d'Europe) et Germain Lemaitre (Champion de France)
Vous pouvez aussi consulter à la médiathèque de Saint-Nazaire le remarquable documentaire sur DVD de Aline Mortamet : Les ouvriers du Ring

Roland Cazeaux
Roland Cazeaux
Auteur : FB | 17/12/2011 | 1 commentaire
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Vos commentaires

#1 - Le 18 mars 2015 à 15h37 par HERVE philippe
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