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De la comédie à la peinture : nouveau rôle pour Gérard Fruneau

Gérard Fruneau a passé une première partie de sa vie sous le nom de Nicolas Silberg. Des planches aux toiles, il reprend possession de son nom pour entamer une nouvelle carrière artistique. Et se dote d'un atelier.
Gérard Fruneau dans son nouvel atelier.
Gérard Fruneau dans son nouvel atelier.

Gérard Fruneau prend doucement possession de son nouvel atelier, à deux pas du bassin de Saint-Nazaire. Le peintre a enfin son espace de création. Reste à prendre les choses à bras-le-corps et reprendre la création abandonnée pendant quasiment un an. « Maintenant il faut salir ! » sourit l’homme, qui a fini d’envahir son appartement nazairien, les pieds dans l’eau, de ses gouaches et crayons de cire. Il y a quelques années, il a commencé une nouvelle vie, passant des planches à la toile.

Gérard Fruneau est plus connu sous le nom de Nicolas Silberg et pour ses rôles au théâtre et au cinéma. Sociétaire de la Comédie française, il a notamment interprété Mesrine sur grand écran et Louis de Bussy d'Amboise dans La Dame de Montsoreau, un rôle qui a lancé sa carrière en 1971. « Sept fois une heure de diffusion. 20 millions de téléspectateurs en une soirée », se souvient Gérard Fruneau, qui a embrassé sa carrière de comédien sans autre ambition que celle de « quitter l'univers bourgeois catholique nantais ». « Petits, on était coiffés en brosse, on portait des patins et on n'avait pas le droit de mettre une punaise dans le mur, résume l'homme de 67 ans. A dix ans, je n'avais qu'une envie : me barrer. » Alors quand on lui suggère d'exploiter sa belle gueule et sa belle voix, le Nantais saute sur l'occasion.

« Plus grand plaisir : celui de dire non »

Après le conservatoire de Nantes, Gérard Fruneau « monte à Paris » et prépare l'entrée au conservatoire d'art dramatique pendant six mois. Il enchaîne les petits boulots et gagne tout juste de quoi payer son loyer et des cours privés. En 1967, il entre au conservatoire. « Mon père a commencé à y croire et moi, j'avais enfin accédé à l'enseignement supérieur ! » Trois ans d'études et quelques prix plus tard, Gérard Fruneau entre à la Comédie française. « C'est comme une palette, il faut des couleurs différentes. En fonction des besoins de la troupe, on engage tel ou tel profil. Là, on avait besoin de grands tragédiens. »

Pour le Nantais, qui a passé toutes ses vacances « été comme hiver » dans la maison familiale de Mesquer, commence une vie à parcourir le monde et multiplier les grands rôles : « 90 films et téléfilms et environ 120 pièces », dénombre Gérard Fruneau, qui se remémore jusqu'au nom des rues parisiennes empruntées et se délecte des anecdotes qu'il partage. Il a aimé la vie de comédien « où on rigole, on picole », moins le travail. « Vous ne jouez pas quand vous voulez, vous ne choisissez pas vos rôles, vos partenaires, ni les costumes... » A 57 ans, Nicolas Silberg refuse un rôle. « J'ai écrit à l'administrateur de la Comédie française pour lui dire que je n'en veux plus. Je savais que je sciais la branche sur laquelle j'étais assis mais c'est finalement le rôle qui m'a apporté le plus grand plaisir : celui de dire non. »

La liberté, suprême privilège

Sociétaire honoraire depuis 2003, Gérard Fruneau a retrouvé ces dernières années la liberté qui manquait à Nicolas Silberg. « Je peins quand je veux, comme je veux, ce que je veux... » Et l'homme refuse de mâcher le travail aux spectateurs. « Si vous lisez Le Grand Meaulnes, ça va déclencher chez vous des idées, des couleurs des odeurs alors que le film vous imposera les décors et les acteurs et vous ne verrez plus rien d'autre que ce que l'on vous montre. »

Gérard Fruneau peint depuis 50 ans. Faute de temps pour réaliser des oeuvres, il en a accumulées, profitant parfois d'un entracte pour faire monter les enchères par téléphone. « Si on garde un souvenir de moi au théâtre, ce sera sûrement celui d'un grand malade qui claquait son pognon dans des tableaux ! » s'amuse le passionné. Chez lui, parmi de nombreuses oeuvres, un seul tableau signé Gérard Fruneau et quelques oeuvres du Turc Fikret Moualla, en guise d'épine dorsale à sa collection, « un peintre maudit qui payait ses côtes-du-rhône avec ses gouaches ».

Après un an à créer son atelier, le Nazairien va enfin pouvoir se remettre au travail. Il cherche désormais d'autres pistes pour une nouvelle exposition, en juillet 2012 à Mesquer.

Auteur : CC | 19/05/2011 | 3 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 05 mai 2012 à 11h52 par HUGOT Nicole, Epineuil - 89700
Dommage que Monsieur Fruneau n'expose que dans la région ouest. A-t-il l'intention de faire des expositions dans d'autres régions ?(la bourgogne par exemple puisque j'y habite); Reprendra-t-il son nom de comédien pour refaire des téléfilms ou du théâtre ?
Merci de votre réponse'
Nicole HUGOT
#2 - Le 13 août 2014 à 21h38 par Hermand Adrienne, Bruxelles
J'étais fan de l'acteur Nicolas Silberg, car séduite par la voix, son jeux de comédien et sa beauté.
Il me plait de voir sa nouvelle carrière de peintre et si un jour il décide de faire une exposition ici à Bruxelles, je ne manquerais pas d'aller voir ses toiles!
#3 - Le 18 mars 2016 à 05h06 par martinez, Lyon
Grand fan de Nicolas Silberg depuis mon enfance ; J'ai gardé en mémoire le superbe feuilleton "La dame de Monsoreau" où son jeu d'acteur était remarquable de justesse et de charisme ; ainsi que le film "Corps à coeur" que je viens de me procurer enfin en DVD comme le feuilleton précédent.
J'ai découvert qu'il existait d'autres feuilletons et films avec cet acteur qu'ils me tardent de visionner.
Je regrette son choix d'abonner le milieux du 7ème art car il avait à mon sens un grand talent.
Dommage qu'il n'expose pas dans ma région ; je me serais fait un plaisir d'aller voir ses oeuvres et pourquoi pas m'en procurer une si elles étaient à la portée de mes moyens.

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