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Conseil municipal : la Solidaire du chocolat et Estuaire ne font pas consensus

Urbanisme, culture ou associations, le conseil municipal de Saint-Nazaire est toujours aussi dynamique et incisif. Au programme : une nouvelle zone Leclerc, la concertation pour le Moulin du Pé ou encore Estuaire 2012.

Depuis 2008, la municipalité veut donner un nouveau cadre à ses relations avec les associations. Une conférence nazairienne de la vie associative va être mise en place pour accompagner la dynamique du monde associatif et clarifier les moyens et les ressources mises à disposition par la ville pour mieux définir les besoins des associations. Elle est issue du travail de 25 associations pendant plus d’un an. Toute association nazairienne le désirant peut en faire partie, de même un membre de chaque groupe politique du conseil municipal y sera. Les réunions auront lieu deux fois par an. Le tout sous la houlette d’un observatoire composé de quatre élus de la majorité et de 24 associations nazairiennes volontaires. L’idée défendue par la Ville n’est pas d’imposer la conférence mais de créer le débat. « La place des élus, la place de certaines associations clairement identifiées plus proches de la majorité municipale, dans cette superstructure appelée conférence nazairienne de la vie associative nous posent question. Que signifie l’existence d’un observatoire local du monde associatif nazairien qui, si l'on comprend bien, analyserait le travail des associations ? De quel droit ? En vertu de quels critères ? », commence Éric Edom, conseiller municipal de l'opposition Label Gauche. Jean-Louis Garnier, conseiller municipal de l'opposition UMP, se dit de son côté « tout à fait favorable. C’est un travail fait par tout le monde avec une grande qualité d’écoute. J’espère que ça va créer un précédent ». Le maire, Joël Batteux conclut après le vote (un seul vote contre) que « Monsieur Edom se distingue en votant contre. Il nous fait le reproche de vouloir fliquer les associations. C’est indécent ».

Concertation pour le Moulin du Pé

Elle concerne l’avenir du site de l’hôpital (qui, rappelons-le, se délocalise à l’été 2012). La Ville souhaite une concertation pour ce projet d’envergure (9 hectares) qui consistera en divers ateliers thématiques et d’un panel de citoyens (représentants des conseils de quartiers) qui se réunira trois fois pour discuter avec le concepteur du projet. D’autres moyens seront aussi utilisés pour communiquer : des réunions, des panneaux d’information, … Éric Edom est le premier à réagir : « Est-ce vraiment pour recevoir des informations, d’emblée limitatives et contraignantes qu’ont été créés des conseils de quartier ? Et invités, des représentants à cette réunion dite de concertation ? On dirait le plan d’une cession de formation pour apprentis architectes… Mais sûrement pas une invitation à parler de ce qu’attendent des familles nazairiennes d’un quartier… » Joël Batteux, tente avec humour de simplifier la position du conseiller, « vous trouvez que nous avons manqué de concertation sur l’organisation de la concertation ». Piqué au vif, David Samzun, maire-adjoint en charge de l’urbanisme, réplique « je vous trouve très insultant Monsieur Édom. On rencontre tous les Nazairiens et on ne leur demande pas pour qui ils ont voté. Vous faites un procès d’intention, en considérant que nous n’écoutons rien et vous insultez les élus de quartiers qui prennent du temps pour discuter avec les habitants, vous insultez même votre propre électorat ».

 

PLU : agrandissement de la zone Leclerc

La parcelle 2AUe (en face de celle occupée l’été par le cirque Bouglione) est proposée d’être ouverte partiellement à l’urbanisation pour permettre au Leclerc drive de s’installer. « On a l’impression que l’auteur de la délibération a complètement intégré la démarche commerciale de Leclerc qui devrait se mettre au niveau de ses concurrents », lance Éric Edom. Nathalie Bruneau, conseillère municipale de l'opposition Divers gauche, s’interroge et interroge la majorité : « pourquoi étendre la zone Leclerc ? Pourquoi ne pas optimiser l’existant ? Imaginer 2030 à Saint-Nazaire, c’est recréer du lien près de chez soi, dans des commerces de proximité, et non prendre sa voiture pour faire ses courses en dehors de la ville dans des immenses surfaces anonymes ».

La Solidaire du chocolat

Cette course à destination du Mexique se déroulera du 4 au 11 mars prochain. Son budget global est de 1 552 000 € TTC. La ville propose d’attribuer à l’association La route du chocolat une subvention exceptionnelle de 150 000 € pour respecter la liberté d’initiative et l’autonomie de l’association. La Ville souhaite aussi contrôler la bonne gestion des deniers publics. Éric Edom comptabilise « 330 000 € au total pour les courses nautiques et pour la solidaire du chocolat 20 % d’augmentation de subventions de la Ville en deux ans. Certes, les départs de ces bateaux attirent les foules et constituent un spectacle populaire mais l’activité elle-même l’est-elle ? » Quant à lui, Jean-Louis Garnier se dit « très sensible à la manifestation populaire qui en découle, mais nous le sommes aussi à la situation de crise et nous craignons énormément sa suite (car nous sommes convaincus qu’elle n’est pas terminée). Il nous semble que cette course risque de nous être renvoyée dans la gueule avec violence par certains ». Éric Provost, maire adjoint en charge de l’attractivité, réplique qu’avoir « une course tous les 2/3 ans, ce n’est pas scandaleux ! Il suffit de se promener le long des quais lorsque des bateaux sont là, pour en voir l’intérêt ».

 

Estuaire 2012

400 000 € ont été consacrés à la biennale entre 2007 et 2009 et d’autres œuvres (ainsi que d’autres subventions sont prévues). 220 000 € ont été alloués à la société publique locale Le Voyage à Nantes qui va s’occuper de la biennale 2012. « Donner à Estuaire 8,5 millions € pour sept œuvres, où est l’indécence ? », demande Nathalie Bruneau. Pour Kévin Izorce, conseiller municipal de l'opposition Centre démocrate,  « les rapports de la chambre régionale des comptes sur Estuaire et le lieu unique ne sont pas rassurants. Il n’y a pas de contrôle rigoureux sur les choix de l’association. Le lieu unique est mal géré, la même personne gère mal la biennale Estuaire et va se trouver à la tête d’une structure encore plus grosse. C’est soit de l’amateurisme, soit un suicide collectif avec l’argent des contribuables ». Des propos auxquels Jean-Louis Garnier adhère complètement. « Sur Le Voyage à Nantes et Estuaire, je laisse à Kévin Izorce la responsabilité de ses accusations. Je n’ai pas vu dans le dernier rapport de la Cour des comptes de quoi étayer les accusations graves contre cette personne. Les œuvres d’Estuaire ont donné une dimension au port et au fleuve, elles ont provoqué une crise de conscience. Fier d’avoir prolongé les décisions prises avant 2008 », conclut Éric Provost.

Auteur : AP | 05/11/2011 | 2 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 07 novembre 2011 à 13h28 par moyon, St-nazaire
donner de l'argent pour estuaire 2012 est une insulte pour la majorité des nazairiens qui triment et ont de la peine a boucler leur fin de mois !
c'est une honte , tout ca pour que des rigolos parasites creent des "oeuvres" genre bateau qui fond ou autres aneries contemporaines qui ne font s'extasier que les bobos!
ca me revolte alors que c'est la crise ;honte sur nos elus !
#2 - Le 13 novembre 2011 à 18h47 par PAUL
***********MODERATEUR***************

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