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Cité sanitaire : Pour FO il faut dénoncer le bail emphytéotique

FO dans un long communiqué confirme la rupture de l'intersyndicale avec la CFDT. Pour ce syndicat la rupture du bail est impérative pour assurer l'avenir financier de la cité sanitaire.

À quatre jours de la rencontre au ministère de la santé et des affaires sociales les trois organisations syndicales FO, CGT et CFDT accompagnées de la députée Mme Bouillé, du sénateur M.Vaugrenard et de nos fédérations respectives, Force Ouvrière a décidé de mettre fin à l’action commune avec la CFDT que nous menions depuis plusieurs mois pour les raisons suivantes :
Force ouvrière revendique encore et toujours la dénonciation du Bail Emphytéotique Hospitalier de la cité sanitaire et l’abandon du contrat PPP (partenariat public privé).


La dénonciation effective du BEH de l’hôpital Sud Francilien (réclamée des 2012 par Monsieur Manuel Valls alors président du Conseil de Surveillance de cet établissement) vient confirmer, s’il en était besoin, la nocivité financière de ce type de financement (qui aurait à son terme couté 1,2 milliards d’euros pour un cout de construction de départ de 344 millions) pour l’hôpital public.
Aujourd’hui même la cours des comptes en convient !
Pour rappel, depuis le « plan hôpital 2007 », puis le « plan hôpital 2012 », poursuivis par les gouvernements successifs, notamment avec le maintien de la loi « hôpital, patient, santé, territoire » (HPST), Force Ouvrière a toujours été opposée au Partenariat Public-Privé (PPP) et au bail emphytéotique qui l’accompagne.

En mars et octobre 2012 déjà, au plan national, la Confédération Force Ouvrière et sa fédération des
services publics et de santé rappelait leur « opposition à tout transfert de mission de service public vers des opérateurs privés », et leur « condamnation du recours aux partenariats Public-Privé, générateurs d’énormes surcouts et facteurs de remise en cause du service public ».

La construction de la cité sanitaire, qui regroupe à la fois du public et du privé (avec un partage d’activités), financée par le biais d’un bail emphytéotique impose à l’établissement un loyer qui plombe durablement ses comptes.
Pour notre organisation, ce mode de financement a fait preuve de sa nocivité, au moment où de toutes part on nous parle sans cesse d’efficience et d’économies, le maintien du BEH serait paradoxal ! Nous rappelons que la CFDT à l’époque avait signé le BEH, il est donc difficile pour eux aujourd’hui de nous rejoindre sur notre revendication.
En tout cas, pour Force Ouvrière, il est clair que la dégradation sans précédent des conditions de travail des agents de la cité sanitaire est en partie liée à ce gouffre financier.

Depuis plus de six mois maintenant, l’hôpital de Saint-Nazaire au vu de ses difficultés financières estconfronté à la mise en place des mesures préconisées dans le cadre du Copermo .
Cela se traduit entre autres mesures par 25 suppressions de postes annoncées par la direction, soit plus de 50 ETP.
Pour rappel, lors de la manifestation du 4 juin 2013, les personnels et les organisations syndicales demandaient une centaine de postes supplémentaires. Ce n’était pas un chiffre en l’air, mais bien l’estimation fondée des besoins pour permettre une prise en charge de qualité des patients.
Aujourd’hui, non seulement nous n’avons pas obtenu ces postes mais en plus, les directives de l’ANAP imposent des objectifs à hauteur de 150 suppressions de postes sur 3 ans avec en parallèle une augmentation de l’activité de plus de 8%.
Début 2014, lors de la présentation des mesures du Copermo par notre directeur, le chiffrage des 50 suppressions de postes représentait une économie de 2millions d’euros.


Aujourd’hui, le déficit pour le premier semestre 2014 s’élève à 6,7 millions d’euros et avec le cumulé à plus de 10millions d’euros.
C’est la démonstration que c’est inefficace ! Les 2 millions d’euros d’économies sur les personnels, ne combleront pas le déficit, par contre la suppression de postes rend illusoire
l’atteinte du chiffre d’évolution de l’activité, et dégrade toujours plus les conditions de travail et de prise en charge de la population.
Les personnels travaillent sans cesse dans les services avec un effectif en de çà des besoins.
Pour exemple, courant mai, de nuit dans le service de médecine gériatrique, une aide-soignante s’est retrouvée seule à travailler avec 30 malades poly-pathologiques sans infirmier.
Dans les services de spécialités chirurgicales où sont mélangés, la chirurgie orthopédique, gynécologique, orl, oph, stomato les soignants sont aussi en grande difficulté. Ils n’ont pas le temps
d’accompagner les patients atteints de cancer comme ils le devraient (angoisse, douleur..).
Les arrêts maladie continuent leur explosion, plus de 89 agents sur 2300 sont en attente de reclassement, le médecin du travail est débordé par les passages inopinés des agents qui craquent en plein service et qui conduisent pour un bon nombre à des inaptitudes et de longs arrêts pour burn-out.
Il n’existe plus un service à l’hôpital où les soignants, les administratifs, les logisticiens, les personnels techniques estiment faire un travail convenable, digne d’une prise en charge globale de qualité.
Il est impossible d’envisager l’augmentation de l’activité avec aussi peu de personnel.
Les patients ressentent ce mal être chez les personnels et pour la plupart ne souhaitent pas revenir se faire soigner à la cité. Ils se plaignent de la charge de travail et du peu de disponibilité des personnels, de nuit comme de jour.
Les patients, faute de personnels administratifs, ne reçoivent pas leur compte rendus dans des délais légaux (8j) mais avec des retards de plus d’un mois, ce qui n’est pas sans poser problème sur les suites opératoires…
Dans la majorité des secrétariats, on dépasse les 400 comptes rendus de retard, cela rend difficile là encore la crédibilité et le sérieux de la cité sanitaire et incite les médecins de ville à envoyer leurs patients sur d’autres structures où la prise en charge globale du patient est au centre de tous les
intérêts.
Il est bien d’autres domaines où notre organisation n’a de cesse de dénoncer auprès de la direction tous ces dysfonctionnements. Rien n’y fait, on nous oppose le déficit à toute revendication.
Pour autant nous continuons à dire que tant de souffrance au travail par manque d’effectif, ne permettra pas de résoudre les problèmes financiers auxquels est confrontée la cité sanitaire.

 

Aussi nous porterons au ministère ce 8 juillet 2014 la revendication suivante :
Dénonciation du BEH
Il ne saurait être question que l’établissement et ses personnels fassent plus longtemps les frais de tels montages. Cette issue serait de nature à ramener un peu de sérénité dans notre établissement quien a bien besoin.

Source communiqué FO

07/07/2014 | 0 commentaire
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