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Cité sanitaire : confusion des personnels

La planification du déménagement, l’organisation des services et le manque de concertation pour l’entrée dans la cité sanitaire sont pointés du doigt par les syndicats de l’hôpital et des cliniques mutualistes.

En phase de finition, la cité sanitaire continue de faire parler d’elle ; et pas en bien. Toujours mobilisés et motivés, les membres de la CGT de l’hôpital et des cliniques mutualistes. Ils le soulignent, ça fait quinze ans qu’ils sont favorables à la construction d’un nouvel hôpital, l’actuel étant vétuste. Un projet a été enclenché. Dans le même temps, les cliniques mutualistes ont projeté de se regrouper. Les deux projets se sont finalement regroupés. Et ça, ça ne leur plaît pas. Céline Renard, secrétaire de la CGT de l’hôpital, regrette ce qui va en découler : « la confusion des activités, la privation de choix des patients et le mélange de personnels dans un même service mais sans avoir les mêmes conditions de travail ». Le choix d’un bail emphytéotique est aussi dénoncé par les syndicats : il dessert plus qu’il ne sert l’hôpital et va rapporter beaucoup d’argent à Eiffage.

Machine avant, machine arrière

Le sentiment prédominant est que le projet manque sérieusement de réflexion, et ce depuis le début. « Ils donnent sans arrêt des ordres et des contrordres », ajoute Bernard Sculo, secrétaire adjoint de la CGT de l’hôpital. Ce qui passe mal aussi, c’est le manque de concertation avec les personnels et les syndicats ; ils ont le sentiment que les décisions sont prises dans leur dos. Machine avant, machine arrière, flou artistique ; de quoi s’arracher les cheveux. Quelques exemples concrets:
La restauration devait passer dans le domaine public, on a annoncé qu’elle aurait un statut spécial. Ce qui signifie ? Ils n’en savent rien. D’ailleurs, la restauration va être à deux vitesses : pour les patients du public, des barquettes ; pour les patients du privé, des assiettes. Avec environ un million de repas cuisinés par an, la restauration va devenir industrielle.
Dans la cité sanitaire, certains services vont être mis sur répondeur de 7h30 à 10h30 et de 13h30 à 15h30. « Comme les infirmières s’occuperont de plus de lits, une réflexion a été menée pour savoir comment ne pas les déranger… c’est le résultat », explique Céline Renard. Ce qui a été fait sans concerter les associations d’usagers.
Dans les locaux des cliniques mutualistes, tous les plans de travail sont prévus pour personnes à mobilité réduite (PMR), or il n’y en a pas une seule dans les personnels des cliniques… « Nous risquons d’avoir de sérieux problèmes de dos », remarque Catherine Aoustin, déléguée syndicale de la CGT des cliniques mutualistes. Ils vont essayer de réaménager tout ça.
Les plannings posent aussi problème : toutes les affectations ne sont pas encore données pour les personnels de l’hôpital.
 

Situation sociale et financière

Les choses ne sont pas roses pour les personnels des cliniques mutualistes. L’accord sur les RTT a été dénoncé en juin 2011 ; il ne sera caduc que le 30 septembre 2012. « Nous commençons à renégocier depuis une semaine alors qu’on déménage le 22 mai dans la cité ! », ajoute Catherine Aoustin. Des négociations doubles, puisque la direction a aussi dénoncé la convention collective. Les personnels vont donc commencer à travailler dans un cadre allant être bouleversé d’ici peu.
Les locaux de l’hôpital vont être vendus mais comme ils vont devoir être désamiantés (et que ça coûte cher), la vente ne va quasiment rien rapporter. « Nous sommes inquiets sur la viabilité de la cité sanitaire. Le déficit pour 2011 est moins important que prévu (375 825,37 €)  mais en cumulant avec les cinq dernières années, cela fait 5,6 M € », souligne Céline Renard. Le petit calcul des syndicats : le loyer coûte 20 M € dont 70 % vont être payés par l’hôpital. Ce dernier va recevoir 8,6 M €  de l’Agence régionale de la santé (ARS), plus une aide spéciale de 4 M° € pour l’année 2012. Pour Céline Renard, « les recettes doivent augmenter de 3,6 M € et de nouvelles économies doivent être réalisées, sans doute sur le dos des personnels ». Quant à elles, les cliniques mutualistes ont un déficit de 1, 258 M € et doivent augmenter leurs recettes. Un lourd pari. D’autant que les syndicats ont remarqué que les médecins de certains services (comme des urgences ou de neurologie) et les responsables de l’hôpital (et donc du projet) commencent à partir. Mauvais signes.

Quelques dates

Pour l’instant, les services déménagent :
Le 5 juin, c’est la logistique qui déménage.
Le 2 juillet pour l’administration du pôle mutualiste.
Le 10 juillet pour les soins de suite du pôle mutualiste.
Les internes de l’hôpital sont déjà dans leurs logements (où il n’y avait ni eau ni électricité quand ils sont arrivés).
En juillet, les services de gériatrie et de médecine polyvalente de l’hôpital vont déménager.
Le laboratoire de l’hôpital suivra après le 15 août.
Après le 15 août, les services spécialisés de l’hôpital vont commencer à arriver.
L’emménagement des derniers services des deux entités (blocs, réanimation, maternité) se fera ensuite, donc environ à la mi- septembre.

Auteur : AP | 23/05/2012 | 2 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 24 mai 2012 à 08h34 par REFRACTAIRE a encore frappé !!!
la faute à Sarko peut etre ?
ah non merde il est plus la
sur qui va t on taper désormais ?
#2 - Le 07 juin 2012 à 10h22 par GUILLARD France, Saint-nazaire-ouest
Avant de " foncer tête baissée", il aurait fallu en discuter plus tôt, j'ai des doutes sur un mieux en mettant tous ces organismes de soins ensembles.

J'ai toujours pensé qu'il ne fallait pas mettre " tous ses oeufs dans le même panier ???"

Bon courage aux personnels.

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