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Alain Geffroy est le seul propriétaire d'un troupeau d'Aubrac en Loire-Atlantique

De la production laitière à la production bovine, il n' y a qu'un pas. Alain Geffroy l'a franchi en 2008. Aujourd'hui, ce passionné d'élevage est le seul propriétaire ligérien dont la totalité du cheptel est constituée d'Aubrac. Itinéraire d'une semi-reconversion réussie.

La commune de Saint-Nazaire s'étend sur 4 679 ha, dont 1 350 ha de terres agricoles. Une grosse partie de cette surface est exploitée par six ou sept producteurs à vocation laitière ou bovine. Alain Geffroy est l'un de ces exploitants qui vouent une véritable passion à leur métier. Aux alentours de Cuneix, il possède une ferme de 142 ha : 60 ha de marais inondables ou prairies naturelles, 50 ha de prairies temporaires et labourables et 10 ha de mélange céréalier. L'une des particularités de cette exploitation c'est que la totalité des productions est bio. La decision a été prise en 2001, alors qu'Alain Geffroy produisait du lait avec des  Prim'Holstein. Mais le métier de producteur de lait n'est pas une profession de tout repos. Les contraintes sont nombreuses, à commencer par la traite matin et soir 7/7j, une surveillance accrue lors des vêlages, etc.. Autant de problèmes qui ont poussé Alain Geffroy à un changement d'orientation. Et de souligner, non sans humour : « Je suis partisan du moindre effort et c'est pour cela que j'ai décidé de me reconvertir dans la production bovine. Encore fallait-il trouver la race de vaches qui convienne le mieux à la nature de mon exploitation. Le choix n'a pas été difficile et celui de la race Aubrac s'est avéré le plus judicieux dans ma logique ».

Les origines de l'Aubrac

A l'évocation de l'Aubrac, on pense bien évidemment au secteur N-E- de l'Aveyron, une région volcanique appelée Monts d'Aubrac qui s'étend également sur le Cantal et la Lozère. C'est ici même qu' à été développée la race Aubrac par les moines de l'abbaye locale. Il faut remonter à 1894 pour retrouver des traces de cette race sur le premier livre généalogique. Certains vieux écrits remontant au XVIIe siècle permettent de dire que l'origine de l'Aubrac est bien plus ancienne. Il y est notamment souligné que les religieux de l'Ordre des Bénédictins d'Aubrac élevaient cette race. Comme beaucoup de vaches rustiques, l'Aubrac a bien failli disparaître à la fin des années soixante. Fort heureusement, cette race a fait l'objet d'un plan de sauvegarde en 75 visant à préserver sa vocation laitière. Aujourd'hui, on recense près de 110 000 bêtes en France essentiellement dans la région d'origine, mais aussi dans le Tarn

Des qualités gustatives reconnues

Tombé sous le charme de la vache Aubrac, Alain Geffroy est allé chercher son troupeau sur les hauteurs des portes du Soleil, à Morzine-Avoriaz en Haute-Savoie. De sa rencontre avec un propriétaire, il achète 65 mères allaitantes et génisses, ainsi que trois reproducteurs. Ce choix qui ne doit rien au hasard s'explique parfaitement : «  C'est avant tout une vache rustique avec tous les avantages que cela comporte. Cette particularité lui permet de s'adapter quasiment à tous les types de paysages et comme elle valorise bien les fourrages grossiers, son intégration aux marais de Brière s'est faite naturellement. » L'autre facteur déclenchant a été la grande autonomie de cette vache qui assure une rentabilité économique à l'exploitation : « C'est une vache peu exigeante en nourriture, son taux de fécondité avoisine les 98 % et les vêlages sont faciles. Elle est également très maternelle. L'Aubrac est l'exemple idéal de vache "mixte" lait + viande. La qualité de la viande est exceptionnelle. Ses qualités gustatives de tendreté et de persillé sont unanimement reconnues, même par des chefs étoilés comme Michel et Sébastien Bras à Laguiole ». Aujourd'hui, la race Aubrac est plébiscitée à travers le monde. La hausse de semences de reproducteurs à l'exportation témoigne de cette réalité. Même les Américains nous l'envient !

Une production totalement "bio"

La vache Aubrac est une curiosité dans le paysage périurbain de Saint-Nazaire. Sa robe unicolore varie du gris blanc au marron clair avec des teintes de jaune orangé. Le haut de sa queue et de ses pattes sont noirs, ainsi que les poils qui recouvrent les oreilles. D'une morphologie de 500 à 800 kg, avec 1,30m au garrot, il est bien difficile qu'elle passe  inaperçue d'autant plus qu'il s'agit du seul cheptel en Loire-Atlantique et en Bretagne. L'autre aspect et non des moindres de l'exploitation est le label « Bio ». Un type de culture que revendique haut et fort Alain Geffroy : « Contrairement à ce que l'on pense, le bio est une agriculture très pointue. Avec elle, on n'est pas sur la théorie des contraires, mais sur celles des similitudes. Ici, sur l'exploitation, je n'utilise ni herbicides, ni pesticides, ou autres produits. À part l'achat du sel de Guérande de 5 à 600 kg/an l'exploitation se suffit à elle-même. Le sel est le seul élément qui permet que la vache s'autorégule sur sa consommation. Il est très riche en oligo-éléments. ». Grâce à l'ensemble de ces facteurs, Alain Geffroy produit donc une viande d'une qualité exceptionnelle. Et d'ajouter : « Là on est vraiment sur du top, avec une vache qui est nourrie essentiellement avec de l'herbe naturelle, du foin et un mélange céréalier composé de blé (les calories), d'avoine pour le phosphore et la fécondité, le fèverols pour les protéines ». Et la commercialisation dans tout ça ? « L'abattage se fait à Craon, Cholet ou Vannes. Le découpage est effectué à Puceul près de Nozay où, un projet d'abattoir artisanal pour 2013 est actuellement en bonne voie. Ensuite, la viande revient à la Socali qui assure la distribution au même titre que l'ACAPE (association de consommateurs) à la Maison de quartiers de l'Immaculée chaque 1er mardi du mois ». Aujourd'hui, trois ans se sont écoulés depuis l'arrivée des premières vaches Aubrac au sein des marais de Brière, sans qu'Alain Geffroy n'ait eu un seul regret. Bien au contraire : « J'assume pleinement mon choix ». Il y a un peu plus d'un an, notre agriculteur dans un édito dans "Terres et villes" déclarait : «  Mon métier est avant tout un métier de la nature et du vivant. Durant ma vie d'agriculteur, j'ai pris des décisions d'entreprise qui ont rapproché et lié mon système d'exploitation à la biodiversité des milieux. Cette cohésion me permet aujourd'hui d'assurer une production de biens alimentaires de haute qualité. J'ai conscience d'être un acteur de cette biodiversité et je mesure la responsabilité de mes pratiques pour préserver et reconquérir une diversité biologique ». Une déclaration qui suffit à elle-même et qui montre combien Alain Geffroy est heureux d'exercer sa passion.

Auteur : YE | 21/10/2011 | 1 commentaire
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Vos commentaires

#1 - Le 03 octobre 2012 à 18h30 par robert, Soudan
Un grand eleveur mais surtout un grand bonhomme.

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