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Affaire STX : l'impuissance au pouvoir

Comme on pouvait s’y attendre, un gouvernement aux abois, désireux de laisser un paysage de « terre brûlée » a décidé de rendre les armes avant même de livrer bataille. Il y a deux jours, sonnait le clairon de la victoire. STX France allait être nationalisée et on allait voir ce qu’on allait voir. Même François Fillon, candidat à l’élection présidentielle, y est allé de son couplet. De son côté, Marine Le Pen avait exprimé il y a plusieurs mois, sa préférence pour une participation majoritaire de l’Etat dans le capital de STX France.

Plusieurs fois abordé lors des réunions du Conseil Régional des Pays de la Loire, la situation de l’entreprise avait l’objet d’un vœu adopté à l’unanimité. Alors qu’un consensus large semblait se dégager, le gouvernement a pourtant choisi la voie du laisser-aller et du repli. Cette position est purement idéologique car il avait parfaitement les moyens de s’opposer au rachat de STX France par Fincantieri. Le prix à payer était vraiment modique (on parle de 80 millions d’€) et, quitte à faire rentre la DCNS au capital, autant prendre la majorité d’emblée.

Peut-être que Fincantieri, n’arrivant pas à ses fins, aurait décidé de renoncer. Et alors ? A ce prix, c’était donné ! Bien sûr, et c’est devenu une habitude, les communicants tentent de transformer cette déroute en victoire. C’est à la fois malhonnête et pathétique. Fincantieri ne sera pas majoritaire et ne prendra que 38%, mais une banque italienne prendra 17% ce qui fait qu’à elles deux elles posséderont 55 % du capital, contre seulement 45 % détenus par l’Etat et la DCNS. Ainsi donc, au nom d’une idéologie libérale consubstantielle à l’Europe et de plus en plus contestée par les peuples, le gouvernement préfère renoncer à reprendre la majorité d’une entreprise pourtant stratégique, à un moment où le besoin de renforcer notre puissance aéronavale devient une priorité.

Mélenchon, Dupont-Aignan et le FN remontés

« Trahison : le chantier naval de Saint-Nazaire STX ne doit pas être vendu. La nationalisation est un devoir immédiat », a tweeté Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise à l’élection présidentielle, en réponse à l’annonce de l’Etat.

« Le quinquennat de François Hollande (…) aura donc été une longue suite de pertes majeures pour l » industrie française », a fustigé le Front national. « Il est temps d’en finir avec ce suicide organisé de l’industrie française, bradée sans scrupule par des politiques qui ont renoncé à défendre les intérêts de la France », a-t-il poursuivi.

Pour Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la France à la présidentielle, « le bradage de STX France constitue un coup fatal porté à l’ensemble de l’industrie navale française ».

Auteur : JG | 07/04/2017 | 7 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 07 avril 2017 à 15h07 par Pierre Lapin, Saint-nazaire
Je ne comprends pas le titre de l'article "L'impuissance au pouvoir".

Le pouvoir politique est-il puissant ? Il faut qu'on m'explique ?? On nous fait croire en cette période électorale, que le politique détient le pouvoir....

Forcément, l'oligarchie en place a besoin de nos votes dans quelques jours pour renouveler sa "légitimité... Alors, l'oligarchie nous explique qu'elle sert à quelque chose, qu'elles est en mesure de modifier le comportement des acteurs économiques, relayée par les médias, c'est normal, elle fait sa pub...

MAIS, depuis des années et des années, NOUS, j'ai bien dit NOUS, c'est à dire les citoyens, NOUS avons délégué notre pouvoir à une oligarchie qui picorent dans les mains des multinationales et des banques...

Cette oligarchie, de droite comme de de gauche, n'a eu de cesse de modeler nos institutions locales, nationales, UE et internationales (OMC, FMI, etc...) pour affaiblir les États et laisser libre court aux intérêts des multinationales et des banques...

Le tout au pretexte de permettre les conditions de la sacro-sainte "croissance" et résorber le chômage... et se servir au passage...

Si le pouvoir (politique) est impuissant actuellement, c'est que NOUS citoyens, on le veut bien.

Le pouvoir politique sera puissant le jour où les institutions seront réellement démocratiques... Le jour où les décisions prises par nos institutions ne transpireront plus les conflits d'intérêts...

Et pour finir, une reflexion : sur qui pèse réellement ce pouvoir politique ? Si ce n'est sur NOS frêles épaules... A chaque fois, qu'on demande des comptes, des explications à nos élus, on se fait rabrouer... Les élus sont lâches, ils tapent sur des plus faibles qu'eux ne supportant pas se faire dicter leurs comportement par des plus forts...

Réfléchissons avant de voter.
#2 - Le 07 avril 2017 à 15h51 par Chloé, Saint-nazaire
Quelle hypocrisie de la part de Samzun, Vaugrenard, Bouillé... Ah le double langage! quelle perfidie! Prétendre que Fincantieri n'aura pas la majorité alors que les parts de Fincantieri et de l'investisseur de Trieste (ville siège de Fincantieri) dépasseront à eux deux 50% est une belle entourloupe. Quel coup de poignard dans le dos des salariés des Chantiers navals de St-Nazaire.
Autre hypocrisie incroyable: prétendre que ce rachat va permettre une sorte d'Airbus européen de la navale. Pour y arriver il aurait fallu éviter qu'il y ait un majoritaire. Airbus-EADS est le produit d'une coopération entre différents acteurs européens, ce ne sera pas le cas pour les Chantiers navals.
Il faut vraiment prendre les gens pour des imbéciles pour croire qu'ils vont avaler des arguments aussi peu crédibles.
La direction des Chantiers s'est félicité de l'accord. On peut comprendre: elle ne peut faire autrement mais les élus politiques!
Et après les m^mes s'étonnent du dégoût des citoyens pour les politiciens qui sont finalement toujours aux ordres de la finance. Les actions de Fincantieri auraient pris 10% en hausse suite aux rachats des Chantiers.
Au passage la CFDT bien dans son rôle est satisfaite!
C'est l'avenir de la construction navale nazairienne et ses emplois, qui est en jeu. Alors oui, il y a de quoi être en colère et je ne suis pas la seule.
#3 - Le 07 avril 2017 à 18h50 par Cliquet, Guerande
Je ne comprends pas le titre de l'article "L'impuissance au pouvoir"
Monsieur Pierre Lapin, Le pouvoir politique actuel n'a que l'apparence du pouvoir. Dans la réalité,et vous le dites fort bien, le pouvoir appartient aux banques (enfin une douzaine de banques qui ont reussi a nous faire croire qu'elles étaient "too big to fail") et aux multinationales (surtout celles qui ont financé le projet Manhattan entre 1941 et 1945)
C'est justement parce qu'ils ont fait acte d'allégeance à ce système que nos politiques se font élire grâce aux médias controlés par ledit système mais qui, en réalité, ne sont que des "hommes de paille" Ne nous étonnons pas de leurs décisions, qui sont, par nature, contraires à nos intérêts. A nous de voter pour faire cesser cette dictature rampante des multinationales, mondialistes par essence même...
#4 - Le 08 avril 2017 à 15h00 par Chloé, Saint-nzaire
Pierre Lapin a écrit; "les élus sont lâches". Oui ils sont lâches, et hypocrites. L'histoire de l'investisseur de Trieste qui vient en complément de Fincantieri , n'est qu'un cache-sexe de Fincantieri et ils le savent. Le Gouvernement le sait Et plus tard ces gens là seront capables de nous inventer qu'ils ont fait une erreur, ça devient à la mode. Tristes sires.C'est rendu à un point où Hamon continue de chuter.
#5 - Le 09 avril 2017 à 06h27 par bib
je remets mes rengaines :
"le prix était modique" : pour quelle raison il y avait si peu de propositions d'acheteurs, et même une seule proposition avec une proposition concrète ? pour quelle raison il n'y avait pas de proposition d'entreprises françaises ? c'est étonnant, Alstom ne voulait plus s'y coller.
Vous vouliez faire une proposition ? il fallait la faire en temps voulu au Tribunal de Seoul.
Les salariés n'ont pas eu envie de proposer une scop ?
Ah oui, quelqu'un met les sous, mais on sait mieux que lui.

"L'Etat n'a qu'à investir". L'Etat doit surtout payer les intérêts d'une dette de 2140 milliards d'euros (et je ne parle que des intérêts). Et cette dette n'a rien de virtuelle. Et c'est la dette de tous les Français, que vous soyez ou non imposable, que vous soyez nantis ou proche du burn out.
Je rappelle que l'Etat ne sait pas gérer une entreprise.

Refaites une ou plusieurs tables rondes si cela vous chante. Il y a juste les instants T pour agir concrètement. Pas après.

Quand on n'enseigne pas à un petit enfant comment utiliser un joujou, il arrive qu'il le casse. Alors il pleure mais le joujou reste cassé.
#6 - Le 09 avril 2017 à 14h08 par endoxa, Saint-nazaire
Très bel article, engagé, argumenté.

L'impuissance !

Un pouvoir impuissant. Des élus impuissants. Sans vision. Déconnecté de leurs administrés, de leur territoire, de leur ville.

Le monde de l'entre-soi: la veille, je dis que la nationalisation est la meilleure solution, le lendemain je me gargarise de la solution hypocrite adoptée. Mmes Deniau, pale copie d'une invisible Mme Bouillé, M. Samzun plus préoccupé par les ronds points et les routes qui recopie les bons mots de ses technocrates et le prudent M. Vaugrenard qui, à la lecture de sa déclaration très prudente, sait que c'est perdu et qu'il ne veut pas être jugé par l'Histoire.

Ils ont vendu Saint-Nazaire. Ils ont vendu son âme. Ses chantiers.

Presque certain que la direction a bien défendu ses intérêts dans le futur ensemble Ficantieri contre l'intérêt du site nazairien, dans une négociation où le Ministre, les élus... n'ont aucun projet politique.

Le monde est petit et m'a donné l'occasion d'en savoir plus sur l'un des coactionnaires italiens.

Nul doute que Ficantieri seul, ou Ficantieri et cet actionnnaire ne font qu'un.

Nul doute que MSC saura le moment venu, pour des intérêts bien supérieurs à ceux de l'Etat italien, privilégié, le moment venu la solution purement italienne.

Les chantiers ont été vendus, bradés. C'est la fin annoncé.

Aucun parallèle avec un actionnaire chinois. Là, c'est un européen. C'est un connaisseur de la construction navale. C'est un italien.

Que les habitants s'en souviennent.
#7 - Le 09 avril 2017 à 14h09 par JCB-SM, Saint-nazaire
Lors de la réunion au théâtre J. Bart de St. Marc, organisé par les anciens cadres des Chantiers, j'ai eu la surprise d'apprendre que la construction des paquebots était, du fait de la concurrence, généralement sans bénéfice voir déficitaire.
Dans ces conditions je me pose les questions suivantes :
- qui finance les pertes,
- quel idiot irait investir dans cette galère et perdre son patrimoine,de plus après les interventions des représentants des syndicats qui exigent.
- les 2500 employés + les sous traitants locaux et bien évidement les donneurs de leçons de la "gauche" soit certainement plus de 4000 personnes auraient mieux fait d'emprunter 20000 euros à 1%, soit 200 euros d’intérêts la première année, et rembourser le capital avec les fabuleux dividendes qu'empochent les capitalistes.
Mes contradicteurs utiliseront certainement l'argument consistant à mettre en avant le financement préalable des navires pour obtenir la Cde, mais l'état comme actuellement, avec ses plus de 30% est garant, donc rien de changé.
Conclusion :
- sauf erreur de ma part, aucun armement Français pour des navires de croisière, donc cela ne donne vraiment de l'urticaire que mes impôts servent à financer ça,
- l'argument du maintien de l'emploi à perte est une imposture, tous les exemples montrent que cela entraîne la paupérisation. J'attend des contradicteurs un exemple de réussite.

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