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Accord STX/Fincantieri : Les réactions sont nombreuses

Pour Lauriane Deniaud adjointe au maire de Saint-Nazaire « c’est décevant à plusieurs égards » pour les élu-e-s écologistes « Restons prudents » pour Aymeric Seasseau du PCF « Macron met en danger la navale française »

Lauriane Deniaud adjointe au maire de Saint-Nazaire

"Je m’étais réjouie de la nationalisation de STX il y a quelques mois. Comme beaucoup, je pensais que cette voie était nécessaire pour améliorer significativement les garanties apportées dans le cadre d’une reprise des chantiers par Fincantieri.

L’accord entre la France et l’Italie annoncé hier à Lyon est de ce point de vue décevant à plusieurs égards. Derrière le paravent d’un montage sophistiqué et de la “pensée complexe”, il n’existe pas de nouvelle avancée par rapport aux craintes qui pouvaient naître de cette reprise, sur l’emploi local, la pérennité de l’ensemble des métiers, les transferts d’activité et la stratégie de l’entreprise.

Il est instructif à ce titre de lire les déclarations “off” dans la presse italienne des responsables transalpins du dossier et les victoires qu’ils revendiquent : Fincantieri pourra ainsi nommer le président, l’administrateur délégué et la majorité du CA, la révocabilité à 12 ans du système de prêt de 1% du capital ne constitue pas une garantie plus forte par rapport aux clauses de l’accord précédent et du pacte d’actionnaire à 20 ans qui permettait déjà à l’Etat français de racheter la part de Fincantieri.

Il est par ailleurs regrettable que les élus locaux n’aient pas été associés à ces décisions comme cela avait pu être le cas auparavant.

Les grands mots sur le “win-win”, les “géants européens”, “l’équilibre et l’ambition” et les garanties ne peuvent masquer la réalité : les chantiers de Saint-Nazaire ont été utilisés par Emmanuel Macron en juillet pour faire un “coup de com”, le symbole facile et factice d’un volontarisme industriel exigeant, qui se dissipe la rentrée venue.

L’industrie de notre pays mérite mieux que des coups d’éclats sans lendemain. Nos chantiers vont bien, nous ferons tout pour que cela dure. Nous serons en tout état de cause mobilisés pour l’avenir de la construction navale à Saint-Nazaire et pour que les savoir-faire exceptionnels des femmes et des hommes qui font vivre cette belle industrie soient garantis."

Les élu-e-s écologistes : "Restons prudents"

Les élu-e-s écologistes et citoyens de Saint-Nazaire et de la Région sont réservés sur l’accord trouvé entre l’Etat français et l’entreprise italienne Fincantieri sur le partage du capital des Chantiers de l’Atlantique. Même si les élu-e-s sont rassuré-e-s pour la préservation des emplois sur le court-terme, ils s’interrogent sur le devenir de cet accord dans le temps, l’Italie restant majoritaire à 51%. Ils regrettent également que ces négociations n’aient pas permis d’ouvrir le capital à l’actionnariat citoyen et aux collectivités locales, une proposition qu’ils ont fortement portée.


Pour Fabrice BAZIN, Président du groupe des élu-e-s écologistes à Saint-Nazaire : « Sur le court-terme, cet accord offre des garanties satisfaisantes pour le maintien des 7000 emplois et nous sommes rassurés. Avec le partage du capital à 50/50 pour l’Etat français et les Italiens, avec en plus le prêt de 1% par la France et la menace de le retirer en cas de non-respect de l’accord, les deux parties semblent « gagnantes ». Mais dans les faits, cet accord donne les pouvoirs sur les Chantiers à Fincantieri, qui sera à la tête de la direction stratégique et de la direction générale. Que vaudra le 1% face à cela ? Comment cet accord évoluera-t-il dans le temps et est-ce que l’Etat français jouera vraiment le jeu ? »

 Pour Franck NICOLON, Co-président du groupe Ecologiste et Citoyen à la Région : « Cet accord semble poser les bases pour la création d’un groupe européen de construction navale, avec le rapprochement de la France et de l’Italie. Nous y sommes favorables mais rien n’est fait, tout est à construire. »

 Pour Pascale HAMEAU, Vice-présidente de l’agglomération de Saint-Nazaire : « Nous saluons l’ouverture du capital aux salarié-e-s à hauteur de 2% et aux entreprises locales à hauteur de 3,66%, que nous appelons de nos vœux depuis longtemps et qui contribue aussi au maintien de l’emploi et du savoir-faire local. Mais nous regrettons que cette possibilité ne soit pas élargie aux collectivités locales et aux citoyen-ne-s. Les Chantiers sont avant tout une belle aventure humaine, c’est un moteur de leur réussite et cet engagement y aurait fortement contribué.  

Aymeric Seasseau PCF : Macron met en danger la navale française

"L’écran de fumée de la nationalisation estivale du chantier de Saint-Nazaire vient de se dissiper : le principal outil de production de la filière navale française passe sous pavillon italien. Au-delà de l’étonnant montage juridique permettant à Fincantieri d’être majoritaire dans le capital et dans la gouvernance grâce à un « prêt » de l’État français de 1% du capital sur 12 ans, aucune garantie supplémentaire n’a été apportée.

C’est un très mauvais scénario qui se dessine pour la navale française.

D’une part l’Italie prend la main sur la construction civile avec des capacités de productions concurrentielles et un rapport de force déséquilibré : 20 chantiers dans 7 pays contre 1 en France. D’autre part les négociations entamées pour prolonger l’entente franco-italienne dans le militaire et concurrencer les grands groupes anglo-saxons risque d’organiser la mise en concurrence entre les capacités de production du chantier de Saint-Nazaire et celles de Naval Group (ex DCNS) qui entend faire fructifier son entrée au capital de la nouvelle structure franco-italienne.

D’autres solutions sont possibles notamment une solution nationale ou de coopération européenne mettant la capitalisation au service de l’ambition de diversification rassemblant l’État et toutes les entreprises dont les besoins se font jour (les compagnies de transports, les armateurs, les chargeurs, Total, GDF, Orange…).

Or, le nouveau pacte actionnarial franco-italien enferme le chantier dans la monoproduction de paquebot et renforce le risque du détournement de la vocation civile du chantier de Saint-Nazaire avec le rôle nouveau que veut jouer Naval Group. Depuis plus de 10 ans, le chantier de Saint-Nazaire n’a produit que des paquebots et quelques navires militaires de gros tonnage.

Après Alstom hier, le dossier STX révèle l’obsession financière du nouveau pouvoir et son absence totale d’ambition industrielle. Une filière navale indépendante est pourtant une condition indispensable à la réponse aux besoins humains et à la transition écologique (après le transport ferré, le transport maritime et fluvial est le transport le plus propre).

La navale du XXIéme siècle reste à faire"

Eléonore Revel FN 44 : STX Match perdant pour l’industrie française

"Après une nationalisation de deux mois, le gouvernement lâche finalement STX tout en se réjouissant d’un « accord équilibré » selon l’expression de Bruno le Maire. A quoi a servi cette nationalisation si ce n’est à enfumer les esprits ? Pourquoi ce retour en arrière ? La nationalisation temporaire avait pour objectif de permettre à des investisseurs français de rentrer au capital, car il existe un véritable danger pour nos emplois, il y aura plus de travailleurs détachés et la délocalisation de notre savoir-faire vers la Chine est un risque avéré, au vue des accords entre Fincantieri et la Chine. 

Le gouvernement de monsieur Macron, ne respecte pas ses promesses de conserver la majorité du capital et continue l’immense chantier de désindustrialisation de notre pays. Le gouvernement n’en finit plus de brader nos fleurons industriels. C’est une nouvelle claque pour le souverainisme et pour notre liberté industrielle et militaire, et c’est un nouveau pas vers le mondialisme. En effet, seul le port de St Nazaire est capable de construire le second port avion dont la France a tant besoin, pour rester crédible au niveau de sa défense. Ne pas conserver la majorité au capital de STX est donc suicidaire pour notre pays.

Le Front national de Loire-Atlantique, souhaite que le gouvernement soit transparent sur les accords passés avec Fincantieri et que sois mises au grand jour les clauses de cet accord ; car de cet engagement dépend l’emploi de notre bassin nazairien et la fuite de notre savoir-faire. Cette trahison du gouvernement laisse à penser que les promesses de maintien de l’emploi, seront encore une fois vaines car rarement vérifiées.

Le Front national, premier parti politique à avoir dénoncé les risques d’une vente prématurée en 2013 par la voix de notre conseiller régional Jean-Claude Blanchard, sera vigilant quant à la préservation de nos emplois."

28/09/2017 | 11 commentaires

Vos commentaires

#1 - Le 28 septembre 2017 à 20h23 par endoxa
L'arrêt de mort de la navale en France a été signé, et des Chantiers de l'Atlantique.

Bien sûr les hypocrisies des élu(e)s font tristement pleurer.

Elus non associés selon Madame DENIAUD !? On rêve (soit dit en passant ça fait l'affaire de la députée macroniste fantôme de Saint-Nazaire).

Non Madame DENIAUD, on va la chercher sa place ! On se bat ! On s'agit ! Il ne s'agit pas là de briller sur la photo dans la délégation ou dans les salons de l'Elysée. Ce n'est pas un acquis... Entre la nationalisation qui a rendu tout le monde béat et aujourd'hui, on n'a pas lu, vu grand chose et aucune mobilisation alors que ce scénario était écrit. Les élus sont tout simplement absents (cf mes précédents commentaires).

La déclaration de M. SAMZUN, confuse au possible, est révélateur du vide sidéral et de ses faibles convictions. Bien sûr, plus préoccupé par un positionnement politique incertain (Macron ou PS, avant le vote/dans l'urne et après ?!),l'intérêt des Nazairiens passe au second plan. Non, au dernier plan.

Quand à la transaction, préservant le poste du Directeur Général de STX jusqu'à la fin de son mandat, il traduit tout simplement que les Italiens ont prévu le changement et qu'il s'opérera à terme. Il fallait juste à cette étape, calmer le jeu passionnel, faire oublier STX.

Cet accord est lamentable.

L'industrie française s'est effondrée depuis 30 ans à cause de cette logique financière (à côté du deal STX il y a le deal TelecomItalia Bolloré): Alcatel, Areva, Alstom repris General Electric et maintenant Siemens et les chantiers. Une étude OFCE (disponible en ligne)détaille cette logique.

Les Chantiers de l'Atlantique sont morts. Merci Mesdames et Messieurs les élus. Vous avez abandonné les Nazairiens.
#2 - Le 28 septembre 2017 à 20h36 par endoxa
Extrait du Figaro.

http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2017/09/28/31007-20170928ARTFIG00240-fusion-alstomsiemens-la-france-ne-peut-rester-une-grande-puissance-sans-une-industrie-competitive.php

"N'y avait-il pas déjà longtemps que les Chantiers de l'Atlantique avaient été vendus à un étranger, à un Coréen?"

Oui, c'est Patrick Kron et son directeur financier de l'époque, Philippe Jaffré, qui les avaient vendus à des investisseurs norvégiens, estimant qu'il n'y avait plus d'avenir pour des chantiers navals tournés vers des navires de croisière. Les équipes des Chantiers de l'Atlantique avaient alors réussi à préserver leur savoir-faire, leurs brevets, face aux Norvégiens.

Du coup, ceux-ci ont revendu au coréen STX. Ce fut la chance de Saint-Nazaire, car les Coréens étaient des actionnaires lointains et le marché de la croisière ne les intéressait pas particulièrement. Ils ont laissé les équipes de Saint-Nazaire remonter la pente et permis aux ex-Chantiers de l'Atlantique de redevenir un grand des chantiers navals. Mais Fincantieri ne sera pas un actionnaire dormant comme les Coréens.

On voit bien le danger qui guette Saint-Nazaire. Fincantieri prend le contrôle d'un concurrent pour une bouchée de pain, récupère son savoir-faire, et à terme «deale» tranquillement avec les Chinois.

Fincantieri est soumis à la pression de son principal client, le groupe américain Carnival (il possède notamment Costa), qui règne sur la moitié du marché mondial de la croisière. Carnival a poussé Fincantieri à conclure un accord avec les chantiers navals chinois. Avec un objectif: s'ouvrir le marché chinois des croisières.

On voit bien le danger qui guette Saint-Nazaire. Fincantieri prend le contrôle d'un concurrent pour une bouchée de pain, récupère son savoir-faire et, à terme, une fois le carnet de commandes de Saint-Nazaire épuisé, les Italiens pourront «dealer» tranquillement avec les Chinois.
#3 - Le 29 septembre 2017 à 08h46 par regulus
Les déclarations d'élus, COCUS pour la plupart, excusez l'expression, mais c'est la vérité, montre le système économique en vigueur conduit à un niveau jamais atteint aux fusions absorptions comme c'est aussi le cas pour l'industrie des TGV. La concurrence internationale "libre et non faussée" car c'est bien cela qui a conduit Macron à négocier l'accord voulu par Fincantieri et l'Etat italien, la concurrence inhérente au système économique est devenue mortifère dans la plupart des domaines. La Grèce a vu une partie de ses secteurs vendus aux enchères. La nationalisation des chantiers STX remettait le système économique. Insupportable!!!!!!!!
#4 - Le 29 septembre 2017 à 09h53 par chaussette
Il ne faut pas non plus oublier qu'avant cet accord, STX était majoritairement Coréen. Et qu'il aurait pu devenir Chinois..
#5 - Le 29 septembre 2017 à 12h17 par Pierre Lapin, Saint-nazaire
Dans tout ça, une grande absente bien évidemment, l'Europe. Une force de frappe digne du Liechtenstein...

Aberrant. Consternant...

L'Europe assiste, les bras ballants à la confrontation des intérêts nationaux et préfère s'occuper de la normalisation des cuvettes de chiottes... et laisse la voie libre aux intérêts financiers bien servis par les lobbys et le monde des médias (qui leur appartiennent).

Finalement, les États ne protègent pas leurs emplois, ils se refilent des chomeurs... devant une Europe libérale impuissante.
#6 - Le 29 septembre 2017 à 12h45 par Jean-Michel DOYON, Sant-nazer
Quand la Corée était ultra majoritaire personne ne bronchait, aujourd'hui avec l'Italie à 51% ça râle!

Les entreprises françaises prennent bien des participations, et même des majorités dans des entreprises étrangères, dont italiennes!

En dehors de la sécurité, la santé et l'éducation, la France n'a pas vocation à intervenir dans les entreprises, même si localement c'est un gros industriel et qu'une majorité de gens du coin jouent sur l'aspect émotionnel.

Sur les communiqués de EELV, c'est vraiment pitoyable et enfantin cette manie de vouloir mettre du "-E-s" à toutes les sauces.

La langue française est ainsi faite que le masculin l'emporte sur le féminin, c'est comme ça, ce ne sont pas quelques pseudo féministes (que l'on n'entend pas sur la burka et l'asservissement des femmes par exemple), qui vont modifier la grammaire et l'orthographe!

Ils ont oublié de mettre citoyen-nes sur leur logo ;-)
#7 - Le 29 septembre 2017 à 13h37 par Chloé, Saint-nazaire
Chaussette, les chantiers auraient aussi pu rester nationalisés, mais c'est sans doute révolutionnaire!tellement les privatisations sont à la mode. On en reviendra forcément tôt ou tard! le plus tôt sera le mieux!
#8 - Le 29 septembre 2017 à 15h40 par Moyon, Saint-nazaire
#2 : Je ne suis pas très loin de rejoindre cette analyse expliquant rétrospectivement d'une certaine façon que les cessions de parts dans de telles entreprises sont décidées par les hautes sphères des gouvernances politiques.

C'est la raison pour laquelle il est vain de s'en prendre aux élus locaux de tous bords lesquels ne peuvent que donner leur avis ...

J'ajoute enfin que Macron reprend la méthode à laquelle Hollande nous avait habitué: affichages de prises de position fermes suivies de reculs notoires tels Ecotaxe, NDDL et d'autres.
#9 - Le 02 octobre 2017 à 08h48 par Vivelapolitique, Saint Nazaire
Bizarrement ce dossier de stx commence a tourner au vinaigre .


Tous les élus sont déjà au courant depuis longtemps de la finalité du dossier......

Combien de fois Mr Samsun et ses troupes sont montés à paris ?

De toute façon avec Mr Macron et son équipe on devait malheureusement s'y attendre?

Mais maintenant les élus qui ont voté Mr Macron prenez-vos responsabilités !!!!!
#10 - Le 08 octobre 2017 à 10h00 par Chloé, Saint-nazaire
Mme Deniaud se répand en déclarations sur les Chantiers. On aurait aimé la voir en soutien hier samedi à la manifestation contre la fermeture du bureau de poste Ville port. La Mairie de Saint-Nazaire ne défend plus ses services publics. M. Samzun a voté Macron. On n'a pas non plus vu le sénateur Vaugrenard. On n'a évidemment pas vu la droite traditionnelle. je ne juge plus sur les déclarations mais sur les actes. Tout le reste n'est que littérature. Pour revenir aux Chantiers, du temps de Hollande la Mairie a fini par accompagner le premier accord avec Fincantieri. Samzun déclare aujourd'hui qu'il était informé jour après jour.C'est Laurent Castaing qui met le doigt sur un des dangers de la répartition des actions: la perte éventuelle des commandes militaires. Les politiques, l'Etat ont perdu la main sur le devenir de nos industries, des services publics. Il va falloir revenir au programme du Conseil de la Résistance d'après guerre, sinon bonjour le chômage et la précarité.Certains diront que je mélange tout: la Poste, les Chantiers. Je ne crois pas, de plus en plus tout est lié. J'aurais pu évoquer l'hôpital abandonné aux griffes d'Eiffage et des banquiers avec le PPP. J'arrête là!
#11 - Le 10 octobre 2017 à 17h55 par Moyon, Saint-nazaire
# 10
"J'arrête là "
Quel dommage ... on s'instruit .

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