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À la découverte de Gabriel Boudot artisan sellier harnacheur

C'est l'un des quatre derniers "sellier-harnacheurs" à exercer cette profession dans les Pays de Loire. À 24 ans, Gabriel Boudot s'est installé à son compte en début d'année 2010. Comme l'oiseau fait son nid, ce jeune d'un naturel discret a fait sa place à travers un métier manuel en voie de disparition.

" Beaucoup de personnes m'appellent bourrelier. Mais c'est un métier qui a pratiquement disparu. À l’origine, les bourreliers étaient ceux qui fabriquaient le corps des colliers d'attelage ; c’est-à-dire la partie qui est rembourrée en paille de jonc. Moi, je suis sellier harnacheur et nous sommes peu nombreux dans la région des Pays de Loire". Loin de renier l'une des origines de son métier, Gabriel Boudot tient toutefois à se montrer précis sur l'intitulé de sa profession, tout comme il est extrêmement pointilleux sur la fabrication des objets qui lui sont commandés. Aujourd'hui installé à son compte rue du Maine à Saint-Nazaire, Gabriel est devenu "sellier harnacheur" un  peu par défaut. Adolescent, il se destinait plutôt à devenir agriculteur dans l'élevage bovin et la production laitière. Il s'oriente vers un BAC STEA (sciences et techniques de l'environnement en agriculture),mais un grave accident de la route va bouleverser son existence.  Il est renversé par un automobiliste sur une petite route de campagne. Gabriel est gravement blessé et reste plus de trois mois dans le coma. 

Avec   ses proches  le jeune homme réapprend à vivre. Pendant trois ans avec un courage extraordinaire , il remonte la pente, doucement mais sûrement. . Une nouvelle vie commence.

Major de promotion

Au fil des mois, la mémoire revient. Gabriel se souvient alors qu'il aimait à réparer le matériel de collègues et notamment les  harnachements pour chevaux. À partir de là, il décide donc de devenir "sellier harnacheur". En vain, il cherche une formation. Il ne trouve qu'un examen à passer. Alors lui vient l'idée de solliciter, le sellier du Haras de la Roche-sur-Yon. À ses côtés, Gabriel apprend tous les rudiments du métier et décide de passer son CAP au bout de 10 mois. Véritablement passionné, il passe avec brio l'examen et en ressort même major de sa promotion… Encouragé par cette réussite, il décide de tout faire pour s'installer à son compte. Mais, il lui faut trouver le  financement. Il enchaîne alors, les petits boulots et CDD chez des selliers . Après quelques expériences, il franchit le pas et s'installe donc rue du Maine à Saint-Nazaire dans un local de 20 m2. Lorsque l'on pénètre dans cet atelier, on est bien loin du cliché que l'on peut avoir des ateliers du bourrelier d'antan. Ici, tout est scrupuleusement ordonné avec une rigueur extrême. Scies à bois, métaux, tenailles, vrilles, vilebrequins, rabots, etc. chaque outil est rangé à sa place. Les demi-dossets (moitié de peau de vache) sont allongés soigneusement sur l'établi. Elles sont issues de bovins français et travaillées en France chez des tanneurs du côté de Lyon.

Des menottes en cuir

Aujourd'hui, Gabriel affiche une mine réjouie. Si les séquelles du passé demeurent, le jeune homme semble s'épanouir dans son métier. Son talent est reconnu et les commandes commencent à affluer. Car à vrai dire, il sait tout faire ou presque. Licols, brides, harnais, selles, etc. n'ont plus de secret pour lui. Chaque pièce est adaptée à la morphologie de l'animal et garantie trois ans. Cela passe par le collier pour chat ou chien, à la selle du cheval et autres objets pour animaux. Il n'y a pas si longtemps, le cirque Bouglione est venu lui passer une commande pour un licol de chameau. Gabriel s'est déplacé pour prendre les mensurations de la bête et une dizaine d'heures plus tard, la livraison était effectuée. Mais les réalisations de notre sellier harnacheur ne s'arrêtent pas spécialement aux  animaux, même si ses principaux clients sont des propriétaires de chevaux. Il lui arrive parfois de réaliser des commandes un peu spéciales, tels ces étuis de chargeur pour la BAC de Saint-Nazaire, ou encore des cagoules de soudeurs, où réparer des ballons de horse-ball, etc.. Et puis, il y a ces commandes qui sortent de l'ordinaire : "Un jour, un monsieur est venu me voir, pour que je lui confectionne un jeu de menottes en cuir pour jeu érotique" dit-il avec un large sourire.

Des coutures à la main

L'ensemble de ces objets est confectionné avec une extraordinaire dextérité. Ils sont fait main, même si quelques coutures sont effectuées avec une machine très performante. "Parfois, les gens hallucinent de voir que l'on puisse encore coudre à la main" confie Gabriel. Après 8 mois d'installation, le jeune homme est bien décidé à poursuivre dans le chemin qu'il s'est tracé. Certes, il ne gagne pas énormément d'argent, mais il parvient à couvrir tous ses investissements, et en ces temps qui courent ce n'est déjà pas si mal. Il faut dire également que Gabriel est très économe. Chaque chute de cuir est récupérée (à 200 euros le m2, ça vaut le coup) et trouve son utilisation à travers, la fabrication d'objets divers tels que bracelets, ou petites bourses à monnaie,  etc.Autant de petites idées cadeaux à l'approche des fêtes de Noël.

12/11/2010 | 5 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 22 décembre 2010 à 20h23 par Patricl LEROY, Xertigny
Bonsoir,
le métier de bourrelier m’intéresse car je suis passionné de généalogie et d'histoire locale. En généalogie, je suis remonté jusqu'en 1600 toutefois sur l'état civil, j'ai retrouvé le métier de bourrelier depuis la révolution; J'aimerai faire une exposition sur le métier de bourrelier.
Je vous souhaite de bonne fêtes de fin d'année. Patrick
#2 - Le 13 mars 2011 à 10h00 par GALINIER, Narbonne
Bonjour,
mon fils Arthur souhaite s'orienter vers le metier de sellier via les compagnons du devoir. Pour cela il doit trouver un maitre d'apprentissage pour suivre sa formation en alternance.
Touché par votre parcours, je prend la liberté de vous demander conseils.
Auriez vous dans vos relations un ou plusieurs contacts suceptibles d'accepter le fait de transmettre ce savoir.
Je vous remercie par avance de preter votre attention à notre requete et vous de croire à l'expression de nos sinceres salutations.
#3 - Le 23 avril 2011 à 18h23 par cadeau, Val De Chalvagne
bonjour
Je cherche trois colliers pour faire de la traction animale.
Je cherche du matériel assez légé pour poney,âne et cheval.
Seriez vous en mesure de fabriquer ceci
Je pourrai vous donner les mesures exactes lors de ma venue à la fin du mois.
Merci de me répondre rapidement j'en ai besoin urgemment, et je préfère faire travailler un jeune qui s'installe

Arielle
#4 - Le 08 octobre 2011 à 16h39 par reault, Fleac
Bonjour moi aussi je cherche un maître
d'apprentissage pouvez vous m 'en
indiquer quel que uns s il vous plait
j 'ai 16 ans . merci
#5 - Le 18 janvier 2013 à 14h11 par mimi, Tostat
bonjour, je regrette de ne pas vous avoir connu plus tôt . Je suis moi-même sellier harnacheur dans les hautes pyrénées. Je suis installée à mon compte depuis 2010 et diplômée depuis 7 ans. Grace a une reconnaissance Travailleur handicapé j'ai pu suivre une formation diplômante à côté de Brive la Gaillarde. Ca aurait pu être une bonne solution pour vous. Pour ma part je suis spécialisée en harnais d'attelage. Vous trouverez d'ici 2 semaine mon site en ligne au nom de Mimi sellerie. Bonne continuation en attendant de se croiser peut être un jour ! Qui sait ? bonne continuation cordialement Mimi

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