Saint Nazaire Infos

1 200 personnes ont défilé contre la politique xénophobe et raciste du gouvernement

Les organisateurs attendaient 500 personnes pour cette journée de mobilisation contre la politique sécuritaire du gouvernement. En fait, ils étaient plus de 1 200 selon les organisateurs et 600 selon la police à s'être rassemblés sur l'Esplanade des droits de l'Homme, lieu symbolique en ce jour du 140e anniversaire de la République Française.

À l'appel d'une trentaine d'organisations syndicales, politiques et associatives, plus de 1 200 personnes se sont retrouvées à Saint-Nazaire, pour dénoncer la politique sécuritaire du gouvernement, qu'elles accusent de répression et de xénophobie. Dans l'assistance,  quelques personnalités de gauche à l'image de Marie-Odile Bouillé députée, Chloé Le Bail conseillère régionale, Jean-Jacques Lumeau adjoint au maire, sans oublier Madame Adeline L’Honen  conseillère régionale.

Dans son discours, Françoise Mahé au nom du MRAP et de l'ensemble des organisations a mis en exergue l'avalanche de discours et d'annonces provocatrices qui s'est abattue sur le pays. Et de souligner : "Jusqu'au plus haut niveau de l'État, on entend des propos qui étaient jusqu'à maintenant l'apanage de l'extrême droite. La stigmatisation d'une partie de la population est proprement scandaleuse. Bientôt, il existera deux  types de Français : ceux dits « de souche" et ceux dits « d'origine étrangère ». Nous ne serons plus égaux devant la loi, puisque pour un même délit, ces derniers pourront être déchus de leur nationalité. L'offensive gouvernementale veut diviser en suscitant la méfiance de tous envers tous : les jeunes, les immigrés, les habitants des quartiers populaires, les gens du voyage, les Roms".

L'absence des jeunes

Les deux interventions terminées le cortège de 1 200 personnes a fait le tour du paquebot, avant d'emprunter la rue de la Paix et des Arts. Après avoir traversé le Ruban bleu, les manifestants ont effectué le tour de la place de l'Amérique Latine avant de se rendre à la Sous-Préfecture. Là, une petite délégation représentative des associations et des organisations syndicales a été reçue par le sous-préfet pour présenter ses revendications : le respect des droits et des libertés, le respect des principes d'égalité de tous, sans distinction devant la loi et le respect de la dignité de la personne humaine.

Avec 1 200 personnes, les organisateurs peuvent être satisfaits de la mobilisation. Toutefois, certains observateurs ont fait remarquer à juste titre l'absence de jeunes à ce rassemblement, qui malgré un thème différent s'apparente à une ultime répétition avant la journée du mardi 7 septembre, sur la réforme des retraites. Ce jour-là, les jeunes seront peut-être plus nombreux

Auteur : Y.E. | 04/09/2010 | 4 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 05 septembre 2010 à 13h22 par Nanard, Saint-nazaire
Tous ne défilaient pas pour "fêter" la République. Ainsi que l’explique le texte ci dessous distribué à l’occasion

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Ne soyons pas amnésiques…

La date du 4 septembre pour cette manifestation antiraciste unitaire, a été choisie parce qu’elle coïncide avec le 140e anniversaire de la fondation de la Troisième République qu’il faudrait «fêter», selon les initiateurs de l’appel «citoyen» “Non à la politique du pilori ”.

Curieusement, jusqu’ici aucun des historiens ou intellectuels qui fustigent Nicolas Sarkozy pour sa manipulation ou son ignorance de l’Histoire n’a fait remarquer que la IIIe République a été fondée sur le sang des communards, les persécutions, les condamnations à l’exil, au bagne et à la prison, quand ce n’était pas le poteau d’exécution décidé par les conseils de guerre qui siégèrent pendant les quatre premières années cette République, ou les cours prévôtales qui fusillèrent les hommes et les femmes pris les armes à la main.

Les rédacteurs et les 30 000 signataires de l’appel Non à la politique du pilori ont complètement oublié les 20.000 morts de la Commune de Paris, les 38.000 arrestations, les 50.000 jugements qui se poursuivront jusqu’en 1877, les 4.000 personnes expédiées au bagne… le tout pour quoi ?
Pour célébrer, le 4 septembre 2010, la IIIe République des bourreaux du peuple parisien, prototype de l’ordre sécuritaire et de la terrorisation démocratique !

Le citoyennisme, qui est l’idéologie dominante à gauche, est décidément bien un négationnisme (à peine dissimulé) de l’histoire du mouvement ouvrier et de ses combats, comme de la politique de la République.

Ne soyons pas de ceux qui oublient que la politique actuelle vis-à-vis des Roms en général, comme la menace vis-à-vis de la perte de la nationalité, se situe en fait dans le droit fil de la tradition républicaine. Ceux qui prétendent le contraire et en appellent à cette tradition contre Sarkozy sont des menteurs ou des ignorants. Depuis son origine la République n’a jamais accordé les mêmes droits à tous ses « citoyens », (pensons aux femmes !) et encore moins à ceux qu’elle nomme depuis 1978 les « gens du voyage » pour échapper à l’accusation de racisme.

Ce 4 septembre 2010, si nous descendons dans la rue contre la répression en cours et pour la liberté de circulation, rappelons donc au moins, non seulement que la « xénophobie d’Etat » est un pléonasme faussement naïf (tout Etat tend à être xénophobe) mais aussi le nom des communards et des pétroleuses ! N’oublions pas qui était Adolphe Thiers, le chef des Versaillais, celui qui a lancé 130.000 soldats contre les ouvriers et les artisans parisiens, le 1er Président de cette IIIe République qui a commencé aussi mal qu’elle a fini, et que nos citoyennistes de la gauche sans mémoire voudraient que nous «fêtions» en enterrant une seconde fois les communardEs.

Souvenons-nous que, des conseils de guerre fusillant les communards après la Commune aux pleins pouvoirs votés à Pétain en juillet 1940 par les trois quarts des députés socialistes, des « lois scélérates anti-anarchistes » au « Carnet B » destiné à emprisonner tout opposant à la boucherie de 1914, des massacres coloniaux aux couvre-feux imposés aux Algériens en France qui débouchèrent sur le massacre d’octobre 1961 à Paris, des fichiers de l’immigration les plus sophistiqués de la planète aux lois restreignant (déjà) les droits des immigrés aux carnets anthropométriques pour les « gens du voyage », que de Sétif à Madagascar, la IIIe République comme ses suivantes ont une belle continuité en matière de répression et de massacres coloniaux que les sans-mémoire de la gauche célèbrent en toute bonne (in)conscience ! Toutes ces mesures, et il y en a bien d’autres, furent des mesures légales prises dans le cadre constitutionnel qui « assure l’égalité de tous les citoyens ».

Mais il ne s’agit pas seulement d’Histoire mais aussi de présent. Derrière cette amnésie se cachent à peine un objectif et une stratégie pour préparer 2012 et un «grand» Front républicain destiné à remettre au pouvoir, à la place de l’actuel, ceux qui ont toujours mené les mêmes politiques sur tous les plans y compris celui de l’immigration, du racisme et du sécuritaire. Pour ce faire, on nous refera le coup de la montée du fascisme et du racisme, comme en 2002 lors de l’élection de Chirac, alors que précisément si la droite est toujours aussi arrogante c’est parce que les 80 % que lui ont accordés alors les votants ont eu valeur de quitus pour mener à bien ses offensives au service du patronat et des grands groupes financiers.

Il est particulièrement significatif que quelques jours après ce 4 septembre aura lieu la manifestation sur les retraites (alors que tout est déjà joué sur ce terrain, sans combattre). On sait pourtant que le seul moyen d’enrayer le racisme et le fascisme c’est précisément le développement de grands mouvements sociaux. « Il ne faut pas mélanger les choses », nous dit-on… Eh bien si, justement, il faut les mélanger et les mélanger encore, car tout se tient.

Ne marchons pas dans la combine. Nous ne chasserons pas Sarkozy pour mettre le PS à sa place, pas plus que n’importe qui. Nous ne serons pas amnésiques vis-à-vis des années Mitterrand ou Jospin que l’on voudrait nous faire aujourd’hui oublier tout comme les crimes de la République.

Oublions seulement nos nationalités et construisons un internationalisme contre les patrons, contre le capitalisme, pour le communisme !

… nique la République !

Organisation Communiste Libertaire
#2 - Le 05 septembre 2010 à 18h33 par jc. greco, Santorin
je pense que Nanar a besoin de vacances. Actuellement un grand rassemblement de touristes a lieu dans les cyclades
dyonisos et ARISTOTE
#3 - Le 05 septembre 2010 à 21h59 par Yanis L.
Sans guillemets dans le titre, vous vous rendez compte de ce que vous insinuez ? On peut mettre en doute la politique gouvernementale mais ce genre d'affirmation n'a rien à faire en tête d'un article.
#4 - Le 06 septembre 2010 à 11h29 par Suelto
pour nanar,
Ce sont vos opinions et il est intéressant que vous puissiez les faire connaître et à partager,mais si vous pouvez les faire connaître ici et là c'est aussi parce la République... etc.
Nous étions quelques uns avec vous à ce rassemblement, et sur le sujet, nous pouvons être d'accord pour montrer notre désaccord à la façon de traiter les Roms, sinon au nom du droit que je ne connais pas assez, mais de l'humanité.Aussi pour un point tel que celui-ci, il y avait moyen soutenir des familles, des gens, seulement des êtres humains mal traités par notre pays.Aussi quelques slogans du type "ce n'est pas les Roms qu'il faut chasser c'est la précarité", n'avaient à mon avis, rien à faire là.Dommage.

La République a bien des défauts,la démocratie, aussi sans doute, mais pour avoir voyagé un peu, je reste à penser qu'il y a bien pire.Aussi,comme je vous écoute avec intérêt, je suis agacé par votre dernière phrase.Dommage.

Pour Yanis
Je partage votre remarque sur la forme,
Cependant,sur le fond...voyez les textes qui se présentent au Parlement ces temps-ci.Même la vieille ONU, l'a vu, qui nous tance vertement.
J'aurais préféré un titre tel que "1200 personnes contre les traitements infligés aux Roms".
Alors,guillemets, pas guillemets ?
S'il y a sous entendu, guillemets ou pas, vous l'entendez.Et c'est bien la question : on l'entend souvent, alors pourquoi ?

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